‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiésChapitre 39 sur 311 · OUBLIS · texte numérisé non relu

OUBLIS

de Rohan, l'autre sur la maison de Bouillon, la première de 1703, Fautre aussi de la même année. Il faut donc, avant d'aller plus loin, réparer cette faute dès que je m'en aperçois.

On se souviendra de ce qui a été expliqué, p. 149 et suivantes*, sur la maison de Rohan, et les divers degrés d'art et de fortune qui l'ont portée au rang dont elle jouit maintenant. Il faut parler de la première érection du vicomte de Rohan en duché-pairie, en faveur du célèbre duc de Rohan, gendre de l'jllustre premier duc de Sully, du mariage de sa fille unique avise H. Chabot, et de la seconde érection de Rohan en faveur de cet H. Chabot, enfin du procès intenté par la maison de Rohan au duc de Rohan fils unique de ce mariage, pour faire quitter à ses puînés le nom et les armes de Rohan, qui est l'oubli qu'il s'agit de réparer.

Le premier et célèbre duc de Rohan étoit mort en 1636. Sa veuve le survécut jusqu'en 1660, parfaitement huguenots l'un et l'autre jusqu'à leur mort. Henri IV érigea le vicomte de Rohan en duché-pairie, en faveur de cet H. de Rohan, en 1603, enregistré la même année aux parlements de Paris et de Bretagne. L'érection porta cette clause, que la ligne masculine venant à manquer, la qualité de dîic et pair demeureroit éteinte *. Elle eut son effet par la mort de ce même duc de Rohan, qui ne laissa qu'une fille unique, née en 1617, qui étoit peut-être alors la plus grande héritière qui fût dans le royaume. Cette raison, et celle de la religion dont elle étoit, fit toute la difficulté de son mariage du vivant de son père, et fort longtemps depuis. Le duc de Rohan, et depuis lui la duchesse sa veuve, ne la vouloient donner qu'à un huguenot comme eux. Tantôt il ne se trouvoit point de parti sortable pour elle dans cette religion, tantôt ceux qui auroient été écoutés avoient l'exclusion du Roi, ensuite de Igi Reine régente,

Page 1