PERSÉCUTION AU P. LOBINEAU, [1706J
du crédit, pouvoir lui enlever son état, et le faire passer pour un bâtard ou pour un usurpateur. Dans cette confiance, il fut' attaqué sur son nom et ses armes. On espéra qu il n'oseroit se défendre, ou qu'avec des moyens on Finduiroit à céder. On se trompa sur tous ces deux points, et on ne s'abusa pas moins sur un troisième, qui fut de s'être flatté de n'avoir affaire qu'à un homme sans secours. Le nom et le crédit de M. et de M"* de Soubise eurent beau paroître à découvert, ce fut un soulèvement général dans toute la Bretagne. La vérité y excita tout le monde, l'oppression attira l'indignation, tous les alliés de cette branche se démenèrent, et attirèrent à eux tout le reste de la noblesse. Du Poulduc produisit ses titres devant le parlement de Bretagne, et y obtint, le 24 janvier 1669, un arrêt contradictoire, qui le maintint dans la possession de son état du nom, maison et armes de Rohan, depuis lequel cette branche n'y a plus été troublée, et y subsiste encore jouissant et usant de cette possession.
Ces aventures ne découragèrent point des gens qui, non contents du rang qu'ils avoient obtenu, vouloient absolument être princes. Ils avoient tenté une descendance chimérique d'un Gonan Mériàdec, qui n'exista jamais, prétendu roi de Bretagne dans les temps fabuleux. Le nom et les macles * de Rohan ne ressenibloient en rien au nom ni aux armes de Bretagne, et aucun titre qui les en pût approcher; nul moyen de sortir de la dernière race des ducs issus par mâles de la branche de Dreux de la maison de France. Celle de Rohan, si connue, si ancienne, si illustre en Bretagne, n'en étoit jamais sortie avant Louis XI, et on a vu dans ce que j'en ai rapporté qu'elle n'y a jamais eu de distinction ni d'avantages sur les autres grandes maisons du pays, ni par leurs aînés, ni par leurs cadets, que ceux du rang de la vicomte de Rohan aux états, plus que balancé par celui de Laval, ou plutôt de Vitré, c'est-à-dire rang de terre, non de naissance,