Macle^ en style de blason, sorte de losange percé à jour
[1706] ET ilUTILATION DE SON HISTOIRE DE BRETAGNE. 83
quoique gendres et beaux-frères des ducs de Bretagne, et grandement établis en grands biens, en premiers emplois et en hautes alliances.
Un bénédictin nommé Lobineau fit en ces temps-ci une Histoire de Bretagne. Monsieur de Strasbourg y voulut faire insérer ce qu'il lui convenoit. Le moine résista, et souffrit une persécution violente et même publique, sans qu'il fût possible de le vaincre ; mais enfin, las des tourments et menacé de pis encore, il vint à capitulation : ce fut de retrancher tout ce qui pouvoit déplaire et nuire aux prétentions. Ces retranchemenj;s furent infinis : il les disputa pourtant pied à pied avec courage ; mais à la fin il fallut céder, et insérer faussement du Mériadec, malgré tout ce qu'il put dire et faire pour s'en défendre. Il s'en plaignit à qui le voulut entendre; il fut bien aise, pour sa réputation, que là violence ouverte de ces mutilations et de ces faussetés ajoutées par force ne fût pas ignorée. 11 en encourut pour toujours la disgrâce des Rohans, qui surent lui en faire sentir la pesanteur jusque dans le fond de son cloître, et qui ne s'en sont jamais lassés. L'abbé de Caumartin, mort évêque de Blois, à qui le moine disoit tout, me l'a conté dans le temps, outre que la chose de- • vint publique. Avec ces mutilations, l'ouvrage parut fort défiguré, sans quoi il n'eût jamais vu le jour. Ceux qui s'y connoissent trouvèrent que c'étoit un grand dommage, parce qu'ils l'estimèrent excellent et fort exact d'ailleurs. Venons maintenant à l'autre oubli, qui regarde MM. de Bouillon.