il, par erreur, au manuscrit
Saint-Simon y. 7
TEurope pour souverain ni même pour prince, et n'a prétendu aucun rang ni aucune distinction comme tels en pas une. Voyons maintenant ce qu'en a su faire le maréchal de Bouillon la Tour et sa postérité.
Les étranges moyens par lesquels ils sont parvenus au rang et aux biens dont ils jouissent, et aux grands établissements de toutes les sortes qu'ils ont su se procurer, remplissent nombre de volumes qui sont entre les mains de tout le monde. Je me renferme ici à ce qui est de mon sujet, faits qu'ils ont pris et prendront grand soin d'étouffer autant qu'il leur sera possible. Il n'y en a que deux du maréchal de Bouillon en France. Gendr% du fondateur des Provinces-Unies, comhie à la tête du parti huguenot en France, beau-frère de l'électeur palatin, oncle de ses enfants, par conséquent de Tinfdî'tuné roi de Bohême et de l'électrice de Brandebourg, tranchant par voies de fait de souverain de Sedan et de Bouillon, par l'argent, la faveur et toute la protection d'Henri IV, bientôt après par ceux de ses ennemis contre ce monarque et contre son fils, parmi des entreprises et des abolitions continuelles, il voulut essayer de se procurer un rang qui répondît à tant de grandes choses. Il n'en eut jamais aucun en France; il n'y eut que les distinctions communes à tous les maréchaux de France. Il se trouva à l'assemblée des notables à Rouen, où Henri IV étoit présent et en fit l'ouverture. Le maréchal de Bouillon s'avisa de s'aller mettre dans le banc des ducs, qui l'en firent sortir; sa ressource fut de s'aller placer à la tôte de celui des maréchaux de France, dont il se trouva l'ancien, mais il sentit toute la mortification d'une tentative si peu heureuse.
L'autre fait arriva au baptême de Louis XIIÏ, qu'Henri IV fit faire très-solennellement. Il nomma le maréchal de Bouillon, quoique huguenot, pour porter un des honneurs*, car il n'y a point de difficulté avec les huguenots pour le bap-
i. On appelait hotineurs les principales pièces servant à une cérémonie, comme la couronne, le sceptre, l'épée pour un sacre, le cierge, le chrémeau, Taiguiëre pour un baptême.
lême lorsqu'il ne s'agit pas d'être parrains. Le maréchal, qui se vit au rang de maréchal de France pour l'honneur qui lui étoit destiné à porter, se rabattit à supplier Henri ÏV de lui permettre de n'en porter aucun, ce qu'il obtint fort aisément. 11 se contenta de ces deux tentatives , et n'osa pas se commettre à en entreprendre davantage dans les intervalles qu'il passa à la cour. 11 prit toujours dans ses titres la qualité de prince souverain de Sedan, de duc souverain de Bouillon, et ne signa jamais ni actes ni lettres que simplement H. de la Tour. Pour sa femme, elle passa toute sa vie à Sedan, où il mourut en mars 1623, et elle en septembre 1642, aussi ambitieuse et guère moins habile que son mari.
Leurs enfants furent les deux célèbres frères, le duc de Bouillon et le vicomte de Turenne, la duchesse de la Trémoille, la comtesse de Roucy la Rochefoucauld, mère du comte de Roye mort retiré en Angleterre, la marquise de Duras, mère des maréchaux de Duras et de Lorges et du comte de Feversham, M"* de la Moussaye Goyon, comme les Matignons, dont la branche s'est éteinte, et dont les filles furent M"" de Montgommery et du Bordage et M"* de Bouillon, morte en 1662 sans alliance.
Les deux fils rie furent ni moins ambitieux, ni moins habiles, ni moins remuants que leur père. Leur vie, dont les Histoires de leur temps sont remplies, ne furent de même qu'un cercle d'entreprises et d'abolitions, et leur union, leur concert, leur mutuel appui, incomparable. Ce qui devoit coûter la tête à M. de Bouillon lui procura ce qu'il n'eût pas eu en récompense s'il eût sauvé l'État. Le cardinal Mazarin voulut s'attacher deux frères de ce mérite; il eut peur de celui du cadet, qu'il ne tenoit pas, et de ses alliances étrangères, s'il livroit l'aîné au supplice. Il le changea aux plus grands honneurs et aux plus solides biens, et se les acquit par de si prodigieux bienfaits qu'il sacrifia à l'appui qu'il en espéroit contre les puissants ennemis qui, sous l'aveu de Gaston etjde Monsieur le Prince, le vouloient chasser pour toujours du royaume. Il
fit donc faire un échange de Sedan et de Bouillon, dont M. de Bouillon se réserva Tutile et ne céda que la souveraineté, qui n'exista jamais que de fait et depuis si peu, et qu'il n'étoit plus en situation de soutenir, au lieu de laquelle il eut le comté d'Évreux avec les bois et les dépendances, qui valoient plus de trois cent mille livres de rente, et les duchés d'Albret et de Château-Thierry, avec la dignité de duc et pair et le rang nouveau des princes étrangers en France. Il eut ainsi les apanages de deux fils de France, et celui qu'avoit Henri IV avant d'être roi de France. Quelque ordinaire que fût la terre qui porte le nom de comté d'Auvergne, et quelque distincte, et totalement, qu'elle fût de la province d'Auvergne, dans laquelle elle est située, M. de Bouillon la voulut avoir, et le cardinal Mazarin eut la complaisance de la retirer des mains où elle étoit pour la comprendre dans l'échange. Il fut fait en mars 1651, lors des plus grands troubles, et M. de Bouillon mourut à Pontoise à la suite de la cour, où il pouvoit tout sur la Reine et sur le cardinal Mazarin, 9 août 1652, étant dans le conseil le plus intime, et sur le point d'être déclaré surintendant des finances; il n'avoit pas encore cinquante ans; son père en avoit vécu soixante-huit. Sa femme, belle, vertueuse, courageuse, ambitieuse et fort habile, fille du comte de Berghes, gouverneur de Frise, ne le survécut que de cinq ans. C'est ce duc de Bouillon qui a commencé à être prince en Italie avant que l'être devenu en France par son échange. Il y commanda les troupes du Pape, dont il obtint à Rome le traitement de soaverain, et eut un tabouret devant lui. Il sut bien faire valoir depuis cette grande distinction ailleurs, où elle lui aplanit beaucoup de choses ; mais toutefois le parlement de Paris, épouvanté de l'immensité de l'échange, et qui d'ailleurs ne connok de princes que ceux du sang, ne put se résoudre d'en faire l'enregistrement, qui n'est pas encore consommé aujourd'hui; mais en attendant, MM. de Bouillon ont toujours joui depuis des biens et des honneurs.
M. de Turenne, dont les actions, la réputation et les menées avoient tant contribué à porter sa maison jusqu'où elle étoit à la mort de son frère aîné, singulièrement modeste sur ses grandes qualités, jusqu'à l'affectation, suprêmement glorieux, délicat et attentif sur sa prétendue qualité de prince, et la cachant toutefois sous une simplicité d'habits, de meubles et d'équipages, dont l'ombre faisoit sortir davantage le tableau, n'oublia rien' dans la suite de sa vie pour confirmer de plus en plus cette nouvelle principauté et augmenter les établissements de sa famille. Son frère avoit laissé cinq fils et quatre filles; c'étoit bien des princes et des princesses pour l'être si nouvellement. M. de Turenne, dont les services et la capacité militaire et politique avoient porté la considération et le crédit au comble, les sut bien pourvoir pour la plupart. 11 acheva le mariage, projeté dès le vivant du cardinal Mazarin, d'une des Mancini, ses nièces, avec le duc de Bouillon, son neveu, qu'il appuya ainsi du duc de Vendôme, de la comtesse de Soissons, de chez qui le Roi ne bougeoit lors, et qui étoit le centre de la cour, de l'alliance si proche du prince de Gonti, et aux pays étrangers du duc de Modène et du connétable Colonne, avec de grands biens.
Le duc de Joyeuse, père du dernier duc de Guise, qui eut l'honneur d'épouser M"* d'Alençon, étoit mort en 1654, ne laissant que ce fils âgé de quatre ans, et les charges de grand chambellan et de colonel général de la cavalerie vacantes. G'étoit alors le fort de l'autorité de M. de Turenne à la cour. Il la venoit de sauver à Bléneau des mains de Monsieur le Prince, accouru secrètement de Guyenne, et qui enlevoit subitement le Roi, la Reine et le cardinal Mazarin sans la diligence et la profonde science militaire de M. de Turenne. 11 chassa d'autour de Paris, et enfin de Paris même. Monsieur le Prince, par le combat du faubourg Saint-Antoine, qui fut réduit à se retirer en Flandres, et dont le parti tomba tout à fait dans le royaume. La gloire de M. de Turenne s'accrut de nouveau
en 1653, par la prise de Rethel et de Mouzon. Enfin, en 1654, il força les lignes d'Arras, où Monsieur le Prince étoil en personne, qui eut grand'peine à se retirer, et qui laissa toute l'artiUerie, les munitions et les bagages qu'il avoit menés à ce siège. En ce point de gloire, et de nécessité qu'on se crut avoir de lui, il voulut la dépouille du duc de Joyeuse, et le cardinal Mazarin la lui donna. Il prit pour soi la charge de colonel général de la cavalerie, et pour le duc de Bouillon celle de grand chambellan, qui n'avoit alors que treize ans.
On peut juger si M. de Turenne sut faire en entier sa charge dans la cavalerie, et s'y rendre le maître. Pour son neveu, outre la grandeur de l'appui de l'office de la couronne qu'il lui procura, qui, par la place qu'elle donne partout, jusque dans les lits de justice auprès du Roi, le tiroit d'embarras partout avec son idée de prince souverain, dont il prenoil toujours la qualité, quoique cédée au Roi par l'échange, une charge si intime et qui approche le Roi de si près, en tous lieux et à toutes les heures les plus particulières, étoit d'un grand usage à un homme de l'âge de M. de Bouillon et qui n'avoit que trois ans moins que le Roi, et nous verrons bientôt qu'elle a sauvé MM. de Bouillon du naufrage.
M. de Turenne, si magnifiquement récompensé, continua ses exploits. Il prit le Quesnoy, Landrecies, Gondé, Saint-Guillain en 1655; l'année 1656 parut encore plus savante, quoique avec moins de briUant. En 1657, le Roi assiégeant Dunkerque, et Monsieur le Prince et don Juan d'Autriche ayant amené toutes leurs forces pour délivrer cette importante place, M. de Turenne les défit à la bataille des Dunes, dont la prise de Dunkerque et d'autres suites encore, furent le prix. Il fallut une nouvelle récompense à de nouveaux services, et si importants. L'épée de connétable étoit bien le but du modeste héros, mais la timidité du cardinal Mazarin ne put se résoudre à la mettre entre des mains si puissantes et si habiles. Le souvenir de ce qu'avoient pu les derniers connétables de Montmorency
et leurs prédécesseurs, le souvenfr même de M. de Lesdiguières faîsoit encore peur à la cour. Elle en sortit par renouveler en faveur de M. de Turenne la charge de maréchal général des camps et armées de France, imaginée et créée pour M. de Lesdiguières lorsque le duc de Luynes, abusant de la jeunesse de Louis Xïïï, qui n*avoit lors que dix-sept ans et n'avoit encore pu voir le jour, par réducatiôn qu'on lui avoit donnée, que par le trou d'une bouteille, se fit connétable. Ce fut à Montpellier, le 7 avril 1660, que M. de Turenne reçut cette charge de la main du Roi, qui y étoit avec la Reine sa mère, le cardinal et toute sa cour, allant à Bordeaux pour son mariage.
Alors M. de Turenne, supérieur aux maréchaux de France, qu'il commandoit tous, cessant de l'être luimême, mais n'étant pas connétable, et ne pouvant en porter les marques, ne voulut plus de celles de maréchal de France, dont il quitta les bâtons à ses armes, et le titre de maréchal, qu'il avoit toujours portés depuis plus de dix-sept ans qu'il l'étoit, pour reprendre celui de vicomte de Turenne qu'il avoit porté avant d'être maréchal de France. Il signa tout court Turenne ou H. de la Tour, dans tous les temps de sa vie ; ainsi il n'y changea rien. Dans les suites on prit le change, et MM. de Bouillon y ont donné cours tant qu'ils ont pu. On se persuada qu'il avoit toujours méprisé l'office de maréchal de France, qu'il n'en avoit point pris ni le nom ni les marques à ses armes, comme étant au-dessous du rang et de la qualité de prince. Il n'y avoit pourtant qu'à se souvenir du maréchal de Bouillon son père, souverain d'effet et de fait, sinon de droit, et des deux maréchaux de la Marck et de Floranges, père et fils, tous deux seigneurs de Sedan et de Bouillon; mais le gros du monde ne va pas si loin, et pour peu qu'on ait lu quelques pages, on est étonné de idées qu'on voit prendre pied.
M. de Turenne obtint pour le vicomte de Turenne, qui avoit déjà de grands droits, de nouveaux privilèges, qu'il
fit augmenter par degrés. Sous prétexte de Tinimitié ouverte qui étoit entre lui et M. de Louvois, déjà fort puissant par lui-même, outre l'appui du chancelier son père, il délivra ce vicomte de tout logement et de tout passage de gens de guerre, et par la connivence de M. Golbert, son ami, de tout le pouvoir des maltôtiers, même des intendants. En un mot, ces droits devinrent des droits régaliens*, que sa mémoire a toujours maintenus, mais si à charge au dedans du royaume et si voisins de la souveraineté, que le conseil de Louis XV, profitant du désordre des affaires de M. de Bouillon et de son mécontentement des principaux de sa vicomte'. Font achetée quatre millions de lui, et ont cru ' avec raison qu'il faisoit une mauvaise affaire et le Roi une fort bonne
Parlant de M. de Louvois, voici une anecdote dont M. de Turenne sut profiter. Les secrétaires d'État avoient toujours écrit aux ducs Monseigneur^ et c'est aux soins et à l'autorité de ceux de cette époque qu'est due l'adresse de l'avoir fait réformer dans les lettres imprimées. Le pur hasard a laissé en existence trois lettres, des 2 novembre 1663, 13 septemdre 1665, 5 février 1666, de M. Golbert, alors ministre et contrôleur général des finances, qui avoit le même cérémonial que les secrétaires d'État, et qui 1^ fut en 1669, à mon père à Blaye, qui lui écrit Monseigneur dessus, dedans et au bas, en marquant son nom. M. de Louvois, monté au comble de crédit et d'orgueil, fit entendre au Roi que ce style ne pouvoit convenir à ceux qui, par leurs charges, donnoient ses ordres et écrivoient en son nom : il le changea donc, mais il n'osa toucher à la maison de Lorraine, toute brillante du grand mariage de M, de Guise, de la mémoire toute récente du comte d'Harcourt, de la faveur de Monsieur le Grand son fils, ni
1. Des droits qui étaient semblables à ceux des rois, le droit de faire la guerre, de rendre la justice, de battre monnaie, et de percevoir les impôts.
2. Dans le même alinéa, Saint-Simon fait vicomte deux fois du masculin et une fois du féminin.
3. Uont achetée^ ont cru, au pluriel, c*est ainsi que Saint-Simon a écrit.
s'exposer aux cris de M"* de Guise, si haute et si considérée, moins encore à ceux de Monsieur, possédé par le chevalier de Lorraine. Ce fut un des fruits des quatorze érections de duchés-pairies de 1663, et des quatre autres de 1665, et du peu de concert et de force des ducs anciens et nouveaux.
M. de Turenne, averti à temps de cette entreprise, fut trouver le Roi, et cria si haut et avec tant d'autorité contre un complot fait par son ennemi pour Thumilier, et de rexception de la maison de Lorraine, à l'égalité du rang et des honneurs de laquelle il avoit été élevé, qu'il obtint que sa maison conserveroit le Monseigneur des secrétaires d'État, ce que celle de Rohan n'eut pas, quoique en pareil rang que MM. de Bouillon; et quelque crédit qu'ait eu M"* de Soubise, jamais dans la suite elle ne Ta pu emporter.
Pour achever l'anecdote des secrétaires d'État, M. de Louvois n'en demeura pas en si beau chemin : le même prétexte de flatterie, quelque grossière qu'elle fût, lui fit obtenir dû Roi que tout ce qui ne seroit ni duc, ni prince, ni officier de la couronne, lui écriroit Monseigneur^ ce qui de lui passa aux autres secrétaires d'État; et le rare fut qu'il ne le prétendit que des gens de qualité, et point du clergé ni de la robe. Beaucoup de gens distingués le refusèrent, et furent perdus : M. de Louvois les poursuivit partout, et le Roi y ajouta toutes les marques de disgrâce. Ces exemples, qui n'en manquèrent aucun, soumirent enfin tout le monde, et il n'y eut plus personne qui ne portât ce joug, auquel les secrétaires d'État ajoutèrent encore l'inégalité des souscriptions pour tout ce qui n'étoit pas titré. Cela a duré jusqu'à l'éclipsé des secrétaires d'État à la mort de Louis XIV.
M. de Turenne maria le comte d'Auvergne, son neveu, à la fille unique et seule héritière du prince de Hohenzollern, marquis de Berg-op-Zoom par sa femme. Cette grande terre en Hollande, avec beaucoup d'autres biens, avec une alliance étrangère entée sur celle de la mère et de la
grand'mère, parut au vicomte un établissement pour son neveu cadet, qui pouvoit en son temps avoir de grands avantages. Il ne tarda pas à lui faire accorder ses survivances de la charge de colonel général de la cavalerie et de son gouvernement de Limousin. On a vu p. 155* avec queUe adresse lui et son troisième neveu mirent le Roi en situation de leur offrir pour lui sa nomination au cardinalat, et de s'en croire quitte à bon marché en la lui donnant, et la charge de grand aumiinier deux ans après : c'est-à-dire qu'il fut cardinal à vingt-cinq ans, et grand aumônier à vingt-sept. Tels furent les établissements que M. de Turenne procura à sa maison, à ses trois neveux et à soi-même. Mais parmi tant de splendeur, il reçut quelques déplaisirs : ses deux derniers neveux, enflés d'une situation si brillante, furent tous deux tués en duel; et il eut la douleur que mariant leur sœur à M. d'Elbœuf, jamais Messieurs de Lorraine ne voulurent passer à la future ni aux siens les qualités de prince et de princesse; le mariage en fut rompu, puis renoué, mais avec la même opiniâtreté de la part des Lorrains. A la fin M. de Turenne céda et conclut le mariage, avec la douleur du bruit que cela fit dans le monde. 11 trouva depuis le moyen de marier son autre nièce, sœur de celle-ci, à un frère de l'électeur de Bavière, l'un et l'autre morts sans enfants. Je ne sais si la maison de Bavière eut la même délicatesse que la maison de Lorraine, ni si celle-ci l'a soutenue au contrat de mariage de M. de Bouillon, père de celui-ci, avec sa troisième femme, fille du comte d'Harcourt, dit depuis le comte de Guise.
M. de Turenne acheva sa vie avec la même gloire et la même autorité auprès du Roi, et la termina comme chacun sait. La majesté de ses obsèques et de sa sépulture n'eut aucun rapport à sa naissance ni à tout ce qu'il avoit acquis d'extérieur; ce fut la récompense de ses vertus militaires, et de la mort «qui les couronna par un coup de