USURPATIONS «E RA1«G
achetée en Picardie de la succession du duc de Ghaulnes, qu'il avoit fort ajustée, et à qui il avoit fait donner le noim de Guiscard. Il y fut plusieurs mois solitaire, et obtint enfin «ine andieince du Roi, pour laquelle il arriva de chez lui. Elle fut couiite «et sèche^ et tout aussitôt il retourina d'où il étoit venu, où il 'deaneiira encoure fort longtemps.
Le Hoi avoit fait revesnir Pmységiur d'Espagne, où il s'aocommodoit médiocrement du droit -et éa sec d'un général qu'il avoit vu longtemps M faire presque sa cour en Flandres, tandis [«qu'] il faisoit tout dans l'amnée sous M. >de Luxembourg. Le Roi l'entretint 'longtemps, et le renvioya en Flandres.
M. de Vendôme, en partant de Paris pour Yalendennes, avoit écrit à l'éleoteoir de BaWère qu'il attendrolt là ses ordres pour l'aller trouver où .il lui manderoil Le Roi étoit convenu Avec lui de la manière dont il vivroit avec M. de Vendtoie, «duquel la (naissance M étoit f>las chère que les rangs de son royaume.
Les généraux en chef des armées idflu Roi, lorsqu'ils étoient :mai*.édhauK de France et ^qu'ils <av oient vu des électeurs ou ieur avoient .écrit, ne leur avoienit ja^iais dit ni écrit que Monsieur, Ils avoient eu la main «bcz eux et un siège «égal, iteuir avolejnt 'donné VAitesse Électorale et reçu YElœceHence, Villars û'en sut pas tant, et vécut avec l'électeuir de Bavdèpe cooBme s'il m'eût |>as été marécàail de France. Oe la cour on ne songea jpas à l'en avertir. Marsin, après <lui, en usa de même; Ttiîlart aosssi, pour le peu (de temps qu'il y fut. Le mal veittoit de piLus lom; Boiufflers, en Flandres, .avoit tout gâté le premier : nonseulement H étoit mïiréchal de France et général d'année, mais il «étoLt duc ; ]j.amais avant lui aucum duc n'avoit vécu avec 'les -électeurs qu'en égalité entière -: la main, sièges égaux, service égal à taible, la main chez eux, et partout les mêmes honneurs; le Monseigneur à dire et à écrire jamais imaginé, Altesse Électorale rarement, Excellence de même.
[1706] DE l'électeur »£ BAVIÈRE. 11
Ces faits ne sont pas douteux; on en voit des restes dans les Voyages de Montconis, qui conduisit le duc de Chevreuse, .fils.duduc de Lnyjies, en quelques-uns. 11 remarque cette égalité parfaite à Heidelberg, ^-à la v^érité rélecteur .palatin se tint au lit, se .prétextant n^ade, ap|>aremment pour éviter la main, mais il donna à dîner dans son lit au duc -de Chevreu&e, .traité et se^vi 'Oomme Télecteur, les mêmes honneurs .militaires et .civils qu'à Télecteur à son Arrivée .et danç «tout le (traitement de son séjour^ et le (prince électoral Ind faisant les honneurs |)artout à la place de son père. Ces Voyages., où «cela est ibien «exprimé, sont entre les mains de tout le monde. 11 remarque aussi que le petu des autres électeors dans les Ëtats desquels ils passèrent j firent «rendre au duc de Chevreuse toutes sortes d'honneurs, jnais s'absentèrent, en sorte qu'avec des prétextes let des excuses, ils évitèrent de le voir z il n'y avoit que la main qui les tint, et ne faisoient ,point de difficulté sur le reste.
Celle de la main ètoit nouvelle ; j'en expliquerai lairaisen dans un momenl. Le duc de Rohan Chabot, qui fut depuis cendre de M. ide Vardes, aUa ivoy.ager i/dri j£4ine. Sur le point de partir, M. de Lyonne, ministre et secrétaii^e d'JËtat des .afiEiair.es étrangères, lui envoya un compliment d'excuse, et le prier de passer chez lui. M. de Rohan y fut. Jtf . deLyionne lui dit que le Roi ne le vouloit p^s laisser partir sans une instruction sur sa conduite à Tégard 4es princes chez lesquels il .passeront, et qull s'étonnoit ^ue lui, ou les personnes qui Je «OLnduisoâent, n'y eussent pas soxigé eux-^mêmes. .M llavoit faite, et la loi remit signée de luL £lle portoit ordre du Roi de ne voir aucun «électeur qu'avec la main, et l'égalité entière pour toutes sortes d'hooneurs chez eux, à plus forte raison tous les autres princes, excepté le seul dac 4e Savoie, -duquel il préiendroit toutes les mêmes choses que des électeurs, excepté la main. C'étoit ume déférence iiouveUe, que le ^i voulut bien accorder aux alliances si proches, et à la prétention de tète couronnée, dont s^es .amibassadeurs obttinrent ane