‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiésChapitre 62 sur 311 · MORT DE SAINTE-HERMINE · texte numérisé non relu

MORT DE SAINTE-HERMINE

et il en reçut une réponse de conjouissance et de remerciement.

Sainte-Hermine, frère de la comtesse de Mailly, dame d'atour de M"* la duchesse de Bourgogne, mourut à Versailles, et fut regretté. Il étoit bon officier, maréchal de camp et inspecteur. Cela donna lieu à séparer la cavalerie des dragons pour les inspections, comme le maréchal de Tessé et le duc de Ouiche Tavoient toujours souhaité tandis qu'ils étoient colonels généraux des dragons. Coigny, en cela, fut plus heureux qu'eux.

M"* de Montgon, dame du palais de M"' la duchesse de Bourgogne, mourut en Auvergne, où elle étoit allée faire un tour dans la famille et les biens de son mari. Elle étoit fille de M"* d'Heudicourt, desquelles j'ai assez parlé, lorsqu'on fit la maison de M"* la duchesse de Bourgogne, pour n'avoir rien à y ajouter, sinon qu'elle étoit flatteuse, insinuante, amusante^ méchante et moqueuse, et qu'elle divertissoit fort le Roi, M"* de Maintenon et M"* la duchesse de Bourgogne, qui en furent fâchés. Elle ne laissoit pas d'avoir des amis, qui la regrettèrent. Sa place fut désirée de tout ce qui s'en crut à portée. Les Noailles • enfin l'emportèrent pour leur fille. M"' de la Vallière, qui avoit seule plus d'esprit, de tête et d'intrigue que tous les Noailles ensemble ; aimable quand elle vouloit, mais pleine d'humeur et naturellement brutale, beaucoup plus que son père, qui ne- l'étoit pas peu.

Ils firent, en ce même mois de janvier, un sixième mariage, qui eut de grandes suites pour les deux familles, de leur sixième fille avec Gondrin, fils aîné de d'An tin, qui lui donna Bellegarde pour dix mille livres de rente, et M"* de Montespan cent mille francs en pierreries; les Noailles donnèrent cent mille écus en diverses choses et dix ans de nourriture. La conduite de la duchesse de Noailles les embarrassoit fort : ils la tenoient extrêmement recluse; sa tête tenoit fort de celle de son père; sa place étoit une occasion continuelle de chagrins entre la laisser aller quelquefois, et l'en empêcher beaucoup plus souvent ;

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