‹ Mémoires du duc de Saint-Simon publiésChapitre 8 sur 311 · VILLARS PREND LÎLE DU MARQUISAT · texte numérisé non relu

VILLARS PREND LÎLE DU MARQUISAT

en même temps, embarrassé d'un changement si marqué après l'exemple des autres, il se persuada que le temps où rélecteur venoit de perdre ses États par sa fidélité dans son alliance n'étoit pas celui de mortifier son usurpation sur son rang. Il sacrifia celui des ducs, et des généraux de ses armées maréchaux de France, à cette idée de générosité, et Ville roy eut ordre de ne rien prétendre et de ne rien innover. Pour Vendôme, M. du Maine y prit d'autant plus garde qu'il le votiloit à toutes mains distinguer de tout ce qui n'étoit pas prince du sang. Le Roi fit donc convenir l'électeur que Vendôme ne lui diroit et ne lui écriroit que Monsieur, et que partout leurs sièges seroient égaux, que Vendôme prendroit toujours l'ordre de lui; tout le reste fut abandonné, en sorte que Vendôme même eut beaucoup moins que n'avoient les ducs avec les électeurs avant l'usurpation de l'électeur de Bavière, et la sottise et l'ignorance de ceux sur lesquels il la fit. 11 ne donna point d'altesse à Vendôme, lequel aussi ne voulut point ô! Excellence, et donna toujours V Altesse Electorale. Nous verrons dans peu jusqu'à quel point cet abandon du rang des ducs avec les électeurs porta sur la dignité du Roi même et de sa couronne.

On fit venir en Flandres un gros détachement de l'armée du maréchal de Villars, qui le trouva fort mauvais, fit raser les lignes de la Lauter et raccommoder celles de la Mutter. 11 se plaignit de la foiblesse où on le laissoit, et qu'il arrivoit tous les jours de nouvelles troupes au prince Louis de Baden. Il ne laissa pas de s'emparer de l'ile dite du Marquisat, au delà du fort Louis, et d'y établir un pont qui communique du fort à l'île. StrefiF, maréchal de camp fort estimé, fit et lui proposa ce projet. Il y fut tué sur un bateau, où il voulut être malgré le maréchal, parce que cette attaque se faisoit avec trop peu de troupes pour un maréchal de camp: ce fut grand dommage. On y perdit près de deux cents hommes, etles ennemis beaucoup plus,

Caraman avoit été mis dans Menin pour le défçndre, avec douze bataillons de vieilles troupes, deux nouveaux,

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