CARAHAN ASSIÉGÉ DANS MENIN
et un régiment &e dragons, la plupart à pied. Spaar, maréchal de camp, mort depuis sénateur die Suède, et fort bon officier général, y étoit sous llii, et pour briigadier Beuzeval, capitaine suisse, qui a depuis négocié avec réputation en Pologne et dans lie Nord longtemps, y épousa une parente de la Reine, et est mort longtemps depuis lieutenant général et colbnel du- régiment des gardes suisses ; homme à d'eux mains, d*'èsprit, de manège et de tête. Beully, qui avoit été dans lia» gendarmerie, et qui aAToit acheté ce gouvernement de la fàmillb de Pracontal, y étoit avec eux, et sous eux, tout gouverneur qu'il étoit ; malgré ce dégoût, il y demeura, et y fit fort bien. Ils tinrent trois semaines de tranchée ouverte, obtinrent une très-honorable capitulation, sortirent lie 25 août, et furent conduits à Douay. M. de Vendôme voulut rassembler son armée, mais il ne tard'a* pas à lia remetttre comme avoit ftiit le maréchal die ViUleroy. Il se tint cependîant à Lille, puis à S^int-Âmand', sous prétexte de prendre des eaux. Il sut que Marlborough avoit projeté un grand fourrage auprès de Toumay. Vendôme en» avertit le chevalier- du- R^sel, qui étoit [à] Toumay., Eh effet, le 16 août, huit mille hommes bordèrent un ruisseau* qui tombe dans TEscaut, et s'appelle Chin, qu'il fit passer à dbuze cents chevaux. • Du Rosel sortit aussitôt, avec neuf escadi'ons de carabiniers et quatrc'-vingts dragons, passa à lia tête dài ruiisseau, hors du feu de cette infanterie, battit lès douze cents chevaux, qui' étoient en diverses* troupes, en tua dteux cents, en» pri't deux «ent cinquante, emmena à Toumay quatre cents chevaux d'e ce fourrage, et parmi* les prisonniers Cadiogan, favori de Marlborough et lors brigadier de cavalerie, qui, pour- favoriser la* retraite de ce général, qui se trouvoit s'être trop avancé, fit ferme tant qu'il put, avec cinquante dfagons, à la tête d'un pont. M. de Ventiôme renvoya aussitdt Gadogan au duc de' Miariborough galamment sur sa parole. L'action du- Rosel fut vive et bien entendue, mais ce fut aussi à quoi se bornèrent les exploits du nouveau général, qui, loin de réparer ou de soutenir
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les affaires de Flandres^ j vit de ses pliaces promener les eniaemis de toias côÉéSy et prendre ce qui fut à leur convenance. Us finireErt pea* le siège d'Ath, qu'ils priirent le 3 octobre, et les cinq bataillons qui étoient dedans pri»sonniers de guenre^ après trois semaines de tranchée ouverte, et dix joars après les armées se séparèrent en Fkndres,. et la campagne finit..
Le Roi comptoit sur le voyage de Fontainebleau. M"* la duchesse de Bourgogne étoit grossey et y devoit aller en bateau. Ce voyage déplaisoit fort aux médecins^ et bien autant à ChaniiiUart, fotrt court et fort pressé de dépenses indispensables,, qui regrettoit arec raison: celk de ce voyage, qui étoM toujours grande. M"* de Maintenon, pressée de ces deux côtés, résolut d*amuser le Roi, de retarder le voyage,, enfin, à l'extrémité, de le rompre. Sur les fins, la plupart des gens instruits comprirent qu'il étoit rompu. Le Roi ne s'en doutoit pas lé moins du monde. Il avoit été reculé à deux reprisesv II devoit partir de Meudon; il alla voir de ce lieu l'église nouvelle des Invalides, qui fut fort admirée, où le cardinal de Noailles officia devant lui, et donna ensuite à dîner à M«' le duc de Bourgogne, qui alla faire ses prières à Notre-Dame et à Sainte-Geneviève, et voir ensuite la Sorbonne, où il fut reçu par l'archevêque de Reims,, proviseur. Le lendemain de cette visite de l'église des Invalides^ Clément,, soutenu de Fagon, déclara au Roi que M"* la duchesse de Bourgogne ne pouvoit aller à Fontainebleau sans se mettre en plus évident hasard. Cela fâcha fort le Roi ; il disputa i les autres étoienit biien instruits, il n'y gagna rien. Avec dépit il décida qir'au lieu d'aller le lendemain à Fontainebleau, il retourneroit à VersaiJlies, que Monseigneur et JST"* la princesse de Conti iroLenit à Fontainebleau,, que lui-même y ferovt vm voyage die trois semaines,, et patrut. ehiagrin queîqnes jours. On le laissa se repaître de ce voyage de trois semaines, on le recula, et enfin on le rompit comme on avoii fait le grand, mais sous prétexte que ce n'étoit pas la peine pouf* si peu. Il n'y eut donc que Monseigneur
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qui vit Fontainebleau cette année , et sa petite cour, où M. le duc de Berry le fut voir, et chasser. Us n'osèrent y demeurer longtemps, et s'en revinrent auprès du Roi.
Kercado, maréchal de camp, fut tué devant Turin. Polastron, fils du lieutenant général dont j'ai parlé de la mort naguère, qui étoit colonel de la couronne. Talon, fils et père des deux présidents à mortier, et Rose, tous deux colonels, y moururent. Ce dernier étoit petit-fils de Rose secrétaire du cabinet, dont j'ai parlé en son lieu, et laissa plus d'un million à sa sœur, femme de Portail, mort longtemps depuis premier président. Pluveaux, maître de la garde-robe de M. le duc d'Orléans, y mourut aussi, de maladie, peu de jours après, et quantité de subalternes et d'anciens et bons officiers qui menoient les corps. Le prince de Maubec, fils du prince d'Harcourt, qui depuis un an avoit un régiment de cavalerie, mourut aussi à Guastalle; il n'étoit point marié. ^