PERSONNES ASSISES ET DEBOUT AUX CONSEILS
Chamillart en fut également comblé et désolé ; mais cela ne lui rendit pas les forces. Il manqua des conseils, et surtout il se dispensa de ceux de dépêches lorsquMl pouvoit éviter d'y rapporter; ou s'il y avoit dés affaires, le Roi lui donnoit' d'abord la parole, qui d'ailleurs va par ancienneté entre les secrétaires d'État, et dès qu'il avoit fait, il s'en alloit. La raison étoit qu'il ne pou voit demeurer debout, et qu'au conseil des dépêches, tous les secrétaires d'État, même ministres, demeurent toujours debout tant qu'il dure. Il n'y a que les princes qui en sont, c'està-dire Monseigneur, W le duc de Bourgogne, Monsieur lorsqu'il vivoit, le chancelier; et s'il y a des ducs, comme M. de Beauviilier, qui en étoit, assis. Aux autres conseils, tous ceux qui en sont s'assoient, excepté s'il y entre, comme il arrive quelquefois, des maîtres des requêtes qui viennent rapporter quelque procès au conseil de finances, où ils ne s'assoient jamais, et y entrent en ces occasions avec les conseillers d'État du bureau où le même maître des requêtes avoit auparavant rapporté la même affaire. Alors les conseillers d'État de ce bureau opinent immédiatement après lui, assis, et coupent par ancienneté de conseillers d'État les ministres, les secrétaires d'État et le contrôleur général, et les uns et les autres y cèdent en tout aux ducs et aux officiers de la couronne, lorsqu'il s'en trouve au conseil, comme M. de Beauviilier, qui étoit de tous, et les deux maréchaux de Villeroy avant et après lui.
La nécessité des affaires avoit fait embrasser toutes sortes de moyens pour avoir de l'argent. Les traitants en profitèrent pour attenter à tout, et les parlements n'étoient plus en état, depuis longtemps, d'oser môme faire des remontrances. On établit donc un impôt sur les baptêmes et sur les mariages, sans aucun respect pour la religion et pour les sacrements, et sans aucune considérMion pour ce qui est le plus indispensable et le plus fréquent dans la société civile. Cet édit fut extrêmement onéreux et odieux. Les suites, et promptes, produisirent une étrange