‹ Mémoires du duc de Sully (volume 2)Chapitre 137 sur 245 · LIVRE VINGT-UNIÈME. 3o · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-UNIÈME. 3o

qu'au chancelier et à Sillery, un discours en forme de relation de tout ce qui venait de se passer au " conclave. ïP1, , ' i • ii

Paul V ne démentit point les espérances qu'on avait conçues de son pontificat. Le conseil romain parut se conduire à tous égards par les mêmes ' vues que sous Clément VIII. On ne prescrivit à 1 Barberin, qui fut envoyé nonce en France, rien au-delà de ce qu'avait fait le cardinal Bufalo, et il lui fut ordonné par le cardinal Aldobrandin, et par sa sainteté elle-même, de ne s'adresser qu'à moi dans tout ce qu'il aurait à faire ou à solliciter, e ne sais ce que peut avoir dit à mon avantage le cardinal Bufalo. Ce ne peut être que lui qui soit l'auteur de ce conseil, de m'employer toujours seul, préférablement à tant de personnes qui portaient jusqu'à la- servilité le dévouement au saint- siège. Mon frère me mandait que je ne pourrais trop reconnaître les obligations que j'avais à cette éminence, ni trop bien répondre à son amitié pour moi.

Cette lettre de Béthune est du 11 novembre; car il était encore à Rome en ce temps-là, quoiqu'il eût compté s'en revenir en France immédiatement après l'installation du pape. De nouveaux ordres l'avaient retenu, et il ne partit que quelques jours après cette lettre. Il se fit assez regretter de sa sainteté, pour être obligé de la supiv. 20

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plier de ne pas écrire au roi , comme elle voulait le faire, afin qu'on le laissât encore auprès d'elle. Il s'était défait de cet air réservé, timide, et peutêtre un peu trop froid, qu'il avait montré en commençant sa négociation. Dès qu'une fois il se fut accoutumé à celui de la cour de Rome, il se convertit en une sagesse pleine d'assurance, qui lui fit retirer tout le succès qu'il pouvait espérer dans les affaires qu'il eut à manier. Le pape continua à lui faire rendre tous les plus grands honneurs ; il voulut que toutes les villes de sa dépendance par lesquelles il passa le reçussent et le traitassent avec les distinctions les plus marquées. J'avance tout ceci d'autant plus hardiment, quoique sur la foi du cardinal du Perron, mon ami, qui se crut obligé de m'écrire cette lettre sur le départ de mon frère, que ce cardinal en écrit dans les mêmes termes au roi, et lui représente qu'il ne saurait mieux faire que de donner une place à Béthune dans le conseil des affaires étrangères , en ce qui regarde l'Italie, parce que personne n'en a une plus particulière connaissance f.

Du Perron me remerciait, dans cette lettre, d'a-

' Le cardinal d'Ossat lui-même, quoique peu content, selon toutes les apparences, de la conduite de Sully à son égard, parle très-avantageusement de cet ambassadeur, dans sa lettre au roi, du 10 décembre 1601, dans celle à Villeroi, du 2 décembre 1602, et autres.

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