‹ Mémoires du duc de Sully (volume 2)Chapitre 138 sur 245 · LIVRE VINGT-UNIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-UNIÈME

voir pris son parti auprès de sa majesté contre ceux qui avaient cherché à le frustrer de la charge de grand-aumônier qui venait de lui être promise, ainsi que de quelques autres légers services que j'avais rendus à son frère. Il y avait un dernier article qui regardait La Fin. Cet homme, dont il a été tant parlé dans le procès du maréchal de Biron , par l'effet de sa légèreté naturelle , était sorti de France, et avait embrassé la religion protestante. Le roi qui l'observait comme fait tous ceux qui ont une fois donné sujet de se défier d'eux, le fit arrêter en Italie, et constituer prisonnier dans la tour de Nonne. La Fin s'était adressé au cardinal du Perron , qui avait été autrefois son ami , pour se faire accorder la grâce que du moins on le fit passer en France, et que là on lui fît son procès, s'il se trouvait coupable, ou qu'on lui rendît la liberté. C'est cette grâce que du Perron me demandait auprès du roi pour La Fin. '

La lettre la plus digne de remarque qui me vint de delà les monts est celle que le pape voulut bien prendre la peine de m'écrire lui-même. Je donnerai seulement le précis de ce bref, parce qu'il est assez long. Comme il paraissait que c'était au sujet de mon frère que le saint-père me l'écrivait, il commence par les éloges les plus forts de sa conduite, de sa piété, de sa prudence,

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de sa politesse pleine d'égards pour tous les cardinaux et pour lui-même , lorsqu'il ne jouissait encore que de cette dignité. Sa sainteté passe de là au regret qu elle a , que les obstacles que je mettais à ma conversion Fempëchent de s'abandonner aussi ouvertement qu'elle aurait voulu le faire à son amitié pour moi , sa piété et son zèle lui fournissant mille motifs pour me persuader de changer de religion. Elle m'assure que, si sa place ne l'eut pas retenue, elle se sentait disposée à passer en France sans balancer, pour y travailler elle-même. Elle me propose l'exemple des anciens comtes de Flandre, mes ancêtres, et nommément de Saint-Alpin de Béthune, pour lequel on lui avait dit que j'avais une vénération particulière. Elle y joint celui des premiers saints de France et de ses rois les plus illustres , ce qui amène naturellement l'éloge du roi régnant. Celui de Clément VIII s'y trouve lié à l'occasion de tout ce que j'avais rendu de services à ce pape, dont elle me remercie affectueusement, aussi-bien que de tous les bons offices dont les légats et nonces apostoliques de son prédécesseur et les siens m'afc vaient obligation. Ce bref, tout rempli d'exhortations pathétiques, finit par des prières et des vœux fort ardens.

Je répondis, comme je le devais, à une lettre si obligeante. Sans toucher l'article du changement

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