‹ Mémoires du duc de Sully (volume 2)Chapitre 230 sur 245 · LIVRE VINGT-TROISIÈME. 5oi · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-TROISIÈME. 5oi

comment le roi et la reine d'Angleterre et tout ce royaume pourraient être facilement convertis; comment on pourrait vaincre le Turc et convertir les infidèles; quelle partie des anges est tombée; quelle est l'adoration de Dieu au chérubin , et comment il peut s'y rapporter; comment je puis réparer les fautes que j'ai faites en écrivant , imprimant mes livres , «t même en prêchant; ce qui le presse le plus, lui et les autres démons dans les exorcismes; ce qui est cause que Genève a été si souvent conservée; ce qu'il sait delà santé du roi; ce qui peut unir ce prince avec les grands de son royaume; comment on peut aider le sieur de Ver* dun , et ce qui le fait agir ; sur les villes d'otage , sur Lesdiguières et sa conversion , sur l'honneur de mes reliques , sur les lettres écrites à madame deClarençal, et sur cette dame principalement ;

ce qui empêche les collèges d'Amiens et de Tours;

sur la durée de l'hérésie.

De retour du voyage de Sedan , le roi s'arrêta quelques jours à Paris , et sur la fin d'avril il s'en alla à Fontainebleau , d'où il m'écrivit et me fit écrire par Villeroi qu'il allait commencer, par ordonnance des médecins , une diète de plus de dix jours , ce qui lui fit remettre d'autant de temps la cérémonie de la fête de la Pentecôte, et mander à son conseil qu'il ne vînt le trouver qu'au bout de quize jours. II me permit d'aller passer

à Sully le temps de sa diète, pourvu que je le visse en passant. Ce remède , avec celui de la sueur , causa un grand changement en mieux à sa santé.

Les plus importantes affaires qu'eut sa majesté à Fontainebleau regardèrent la religion. Le clergé de France, assemblé à Paris , revint à de nouvelles instances pour la publication du concile de Trente1. La tranquillité publique étant* intéressée dans cette proposition, et dans quelques autres de même nature qu'on résolut dans cette assemblée de faire au roi , sa majesté les combattit par ses raisons et par son autorité , et traita avec la même égalité les protestans, qui semblaient, à lenvi du clergé , vouloir abuser de leurs droits. Quelques provinces

• La remontrance que le clergé fit faire à sa majesté par Jérôme de Villars, archevêque de Vienne, se lit dans le Mercure français, année 1606 , avec la réponse que lui fit Henri IV. « Vous m'avez parlé , dit-il , du concile ; j'en désire la publi- « cation ; mais , comme vous avez dit , les considérations du « monde combattent souvent celles du ciel ; néanmoins je don- « nerai toujours et mou sang et ma vie, pour ce qui sera du « bien de l'Église et du service, de Dieu. Pour ce qui est des « simonies et des confidences, que ceux qui en sont coupables « commencent par se guérir eux-mêmes, et excitez les autres « par vos bons exemples à le faire. Quant aux élections , vous « voyez comme je procède ; je suis glorieux de voir ceux que « j'ai établis bien différons de ceux du passé, etc. * Ce prince accorda pourtant, sur le cahier de leurs plaintes, deux édits portant plusieurs réglemcns ecclésiastiques, qui furent vérifiés, l'un en 1608, et l'autre en 1609. Voyez aussi de Thon, liv. i34.

Page 1