LIVRE VINGT-TROISIÈME. 5l
de l'abolition du roi, ne pourraient plus être contraints à payer leur taxe; mais en ce cas ils devenaient sujets à être poursuivis criminellement, s'ils se trouvaient convaincus d'avoir malversé. La seconde taxe de même. Les élus qui -aimeraient mieux renoncer aux privilèges de leur charge en étaient déchargés ; mais ils devenaient sujets à restituer tout ce qu'ils pouvaient s'être fait dônqër sous ce titre au préjudice des édits et ordonnancé du roi et des états. * •
Les commissaires envoyés à Rouen trouvaient qu'il était juste de décharger la province de Normandie d'onze mille et tant d'écus sur son imposition ; ils m'en firent écrire par les trésoriers de France, et furent pFès d'envoyer des députés au roi pour lui faire approuver* ce retranchement. Je leur répondis qu'il n'était pas besoin qu'ils fissent cette démarche, que, j'y disposerais sa majesté, déjà assez portée d'elle-même à leur donner de bien plus grandes marques de sa bienveillance , si l'état de 6es affaires et les largesses qu'il fallait faire aux courtisans insatiables le lui avaieht permis. Je leur promis que je m'unirais à eux pour faire décharger la province d'une somme bien plus considérable que celle-ci, dont les pauvres ne pouvaient tirer qu'un très-petit avantage. Je sentais la justice de la promesse que je leur faisais , lorsque je voyais une somme de deux cent qua-
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rante-six mille trois cent quatre-vingt-une livres , jointe à la taille de cette province , quoiqu'elle n'eût aucun rapport avec cet objet.
Voici en quoi consistait cette somme : trentetrois mille- livres pour les ponts, et chaussées de toute la province, tant à Rouen qu'àCaen ; trentesept mille cinq cents livres pour la suppression de Fédirdes toiles dans ces^deux généralités ; vingtdeux mille cinq cents livres pour l'entretien du pont de. Rouen , réparties dans ces deux généralité*, quoique! se lève différentes sommes sous ce titre, sur Pa/is et les autres villes; quinze mille livres pour les ponts de Mantes et de Saint-Cloud; trente mille litres pour le canal de là Seine et de la Loire, et huit mille trois cent quatre- vingt-une livres pour le grand prévôt de la province. Encore une fois, je trouve 'toutes ces différentes parties étrangères à la taille. Pourquoi intéresser dans ces réparations publiques des gens qu'elles ne regardent en- rien? Depuis quelques années , on avait augmenté considérablement les sommes qui en apparence y sont destinées , mais qui en* effet restent dans la bourse d'Un petit<nombre de particuliers, sans qu'il en revienne rien au roi..
Je rendis l'économe d'Angouleme responsable de deniers qu'il disait n'avoir plus entré les mains, parce que, quand même la chose eût été vraie , il n'avait pu s'en dessaisir sans lettres patentes du