‹ Mémoires du duc de Sully (volume 2)Chapitre 239 sur 245 · LIVRE VUfGT-TROISIBME. 5ig · texte numérisé non relu

LIVRE VUfGT-TROISIBME. 5ig

tendait que cet ouvrage fût acbevé avant la Saint- Jean. Le conseil donna depuis , je ne sais pas comment, un arrêt qui rendait cet ordre inutUe, en prenant les deniers destinés à ces fontaines, pour être employés à payer le pavé de la ville, contre la disposition du conseil même, qui, dans le bail à l'adjudicataire du pavé, avait ordonné que la somme nécessaire à cet entretien serait levée sur les bourgeois de Paris , selon le toisé du pavé qu'ils prit chacun devant leurs maisons. Sa majçsté voulu); savoir la cause du retardement de -ce? ouvrages et de cette erreur du conseil.

Cè prince m'avait parié plusieurs fois de lui donner des états généraux où fût renfermé , en détail, tout ce qui concernait mes trois principaux emplois de surintendant des finances, de grand-maître de l'artillerie, et de surintendant des bâti mens et des fortifications.* Je pris le témps qu'il était au Louvre pour -les lui porter , un jour que je le crus peu occupe ; mais , quoique je fusse parti de cher moi asse? matin , je trouvai, en arrivant au Louvre, tque sa raâjesflé était déjà sortie. Je renvoyai tous mes papiers à l'Arsenal, me contentent d'en, garder un sommaire très-abrégé, ^jue je pourrais lui faire voir lorsqu'elle serait reotrée , étjillaj retendre chez madame de Guise, qui me pressait depuis, long-temps d'aller dîner Avec elle. . *

5lO MÉMOIRES DE SULLY.

C était pour une partie de chasse que Henri s'était levé ce jour-là si matin, et il voulait dîner des perdreaux qu'il prendrait à. l'oiseau. Il disait qu'il ne les trouvait jamais si bons ni si tendres que quand on les prenait de cette sorte , et surtout quand il pouvait les arracher lui-même à l'oiseau. Le chaud. commençant à se faire sentir, ce prince revint tout-à-fait content de sa chasse, et dans une disposition d'esprit que sa bonne santé et rheureuxjétat de ses affaires égayaient encore. H monta dans" la grande salle, en tenant ses perdreaux, et il cria à Cocquet, qui attendait son arrivée en càusant avecParfait au bout de la salle : « Cocquet, a Cocquet, vous ne devez pas nous plaindre un « dîner à Roquelaure, Termes, Frontenac , Arenv « bure et moi, car nous apportons de quoi nous « traiter ; mais allez promptement faire mettre la « broche, et, leur réservant leur part, faites qu'ii a y en ait huit pour ma femme et pour moi. Bon- « neyal, que voilà, lui portera les siens de m* « part, et lui dira que je vais boire à sa santé; « mais je veux qu'on .garde pou* moi de ceux qui « sont un peu pinces de l'oiseau, car il y en a trois « bien «gros que je leur ai ôtés, et adxquels ils n'a- « paient encore guèTre touché. » *• #

. Comme Henri faisait lepartagè arriva La (Ame, tenant son gros bâton, étaVèc lui Parfait , qui portait un fort grand bassin dosé , couver t dune ser*

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