‹ Mémoires du duc de Sully (volume 2)Chapitre 73 sur 245 · IV · texte numérisé non relu

IV

\6l MÉMOIRES DE SULLY.

une grande perte pour le commerce à maintenir la défense, et de la honte à la lever. Henri ne pouvait se résoudre à prendre ce dernier parti, qui lui paraissait marquer de la timidité avec l'Espagne, cette couronne n'ayant pas daigné faire la moindre démarche de son côté auprès de sa majesté très-chrétienne; et tout ce qu'on pouvait espérer de lui , c'est qu'en laissant subsister la défense , on fermerait les yeux sur les infractions qu'y feraient les marchands* quitte à la réitérer , , s'ils en abusaient trop ouvertement, et avec préjudice de l'autorité royale. Pour moi , la plaie qu'en souffrait le commerce était presque tout ce que je voyais , et par cet endroit , l'Anglais et l'Espagnol m'étaient égaux. Je représentai à sa majesté que , si elle n'avait égard qu'au dommage qui en résultait pour nous , il ne fallait pas moins user de sévérité avec l'un qu'avec l'autre. .

Le roi d'Angleterre ne refusait pas sa médiation dans ce différend; il offrit même de se rendre caution des promesses qui seraient faites sur ce sujet entre les deux couronnes; mais il prétendait procéder en qualité d'arbitre , et le roi , choqué de cette vanité , ne voulait lui accorder que celle d'ami commun. Le pape commença aussi à y prendre beaucoup de part , parce qu'il en craignit sérieusement une rupture encore plus dangereuse entre la France et l'Espagne. Il écrivit au

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