‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 3)Chapitre 182 sur 239 · LIVRE NEUVIÈME. SqS · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME. SqS

tentiaires firent en cela une faute q\ii rengagea sa majesté , incontinent après la paix , dans une guerre qu'on aurait pu éviter. Je supprime au reste toutes les formalités d'usage entre les plénipotentiaires 5 et je laisse à d'autres à louer ces marches fines et détournées que la politique veut qu'on croie le chef-d'œuvre de l'esprit humain. , Le roi signa le traité dans Paris en présence du duc d'Arscot ' et de l'amiral d'Aragon. Le carr dinal-archiduc fit la même chose à Bruxelles au nom du roi d'Espagne et du sien , devant le mar réchal de Biron , à qui le roi venait de donner , pour le rendre digne de cette cérémonie, le rang de duc et pair : dignité qui acheva de lui tourner la tête. MM, de Bellièvre et de Sillery y assistèrent aussi. Le duc de Savoie reçut solennellement la paix à Chambéry, en présence de Gadaigne Bothéon ^ , gouverneur de Lyon , député de sa majesté à cet effet

' Charles de Croy, duc d'Arscot, prince de Chimay; don Francisco de Mendoza et Cardona, amiral d'Aragon. Henri IV prêta le serment pour l'observation du traité de paix, le dimanche, 21 juin, le cardinal de Florence, légat, ofHciant de la manière la plus solennelle. La relation s'en trouve aussi , ibid,, tome 2, page 1%^ ; manuscrits de la bibliothèque du Roi , volume 9361 ; Mémoires de la Ligue, tome 6 ; Mémùhres de Nevers , tome 2 ; Matthieu , tome a ; Cayet et autres.

' Il est qualifié dans l'acte du serment prêté pas le duc de Savoie le 2 août , « illustre seigneur Guillaume de Gadaigne, « seigneur de BoUiéon, chevalier des ordres de très-haut et

C'est ainsi que , malgré une ligue aussi puissante que celle du pape , de l'empereur , du roi d'Espagne , du duc de Savoie , de tous les ecclésiastiques de la chrétienté , le roi vint à bout de ses desseins ' , et les couronna par une paix glorieuse, fl- récompensa en roi ceux qui y avaiait travaillé; et y afin que pette action n'aliénât pas de lui la république de Hollande, il fit partir pour Amsterdam Paul Ghoart de Buzenval , qu'il chargea de maintaiir la bonne intelligence avec les états-généraux , et de payer la pension que sa majesté leur faisait. On ne pouvait se lasser de donner à ce prince les louanges que méritait son habileté y âuisâi-bien que sa diligence à se transporter, sur le moindre.besoin , dans tous les endroits <le son royaume.

« très-excellent prince Henri IV , roi très-chrétien de France « et de Navarre 9 conseiller d'état, capitaine de cinquante hom- « mes d*annes de ses ordonnances , et son lieutenant-général « au gouvernement du Lyonnais, Forez et Beaujolais, ambas- « sadeur commis et député, etc. » Mémoires et négociations, etc., tome 2 , page 365.

' Les lettres que ce prince écrivait à ses deux ministres à Vervins, pendant tout le temps que dura cette négociation , en font foi. Elles sont rapportées dans les Mémoires et négodaHonSj etc., ibid. Il dit : « que d'un coup de plume, il venait « de faire plus d'exploits qu'il û'en. eût pu Caire pendant une « longue guerre , avec les meilleures épées de son royaume. » On disait aussi sur extraite que les Espagnols avaient vaincu par les armes et les Français par la négociation.

FIN BU LIVRE NEUTliME.

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