‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 3)Chapitre 31 sur 239 · IL · texte numérisé non relu

IL

Villeroi ne fut pas des premiers : la nécessité seule fixa son irrésolution , ou l'obligea à forcer son inclination. Il ne tenait par lui et par son fils que quelques places assez peu importantes , avec lesquelles il sut se faire acheter fort chèrement , par le moyen de Duplessis , son ami , et de Sancy, dont la fille venait d'épouser son fils '. Après avoir obtenu à force d'importunité deux trêves pour lui personnellement , l'une de deux mois , et l'autre de trois , qu'il fit ratifier par le duc de Mayenne ; ^rès avoir long-temps affecté de se tenir neutre, et fait jouer mille ressorts pour ne se départir qu'à l'extrémité des ses anciens amis ; enfin il fit son accommodement ^ presque après tous les

' Jacqueline de Harlay Sancy.

' De Thou est encore ici formellement opposé à nos mémoires : il dit, liv. io8 , qu'il y avait déjà long-temps que l'accommodement de yiileroi avec sa majesté était fait , et que, s'il ne parut pas d'abord, c'est que Henri le voulut ainsi pour le bien de ses affaires , afin que Villeroi pût encore se servir du pouvoir qu'il avait sur Tesprit du duc du Mayenne pour le ramener dans le parti du roi. Matthieu, aux endroits cités ci-devant, est du même sentiment; et Cayet, qui le soutient aussi ailleurs , n'y donne aucune atteinte par la lettre de Villeroi au duc de Mayenne, du a janvier de cette année ; quoiqu'en rapportant cette lettre, il semble en faire une espèce de reproche à ce ministre. Dans cette lettre , qui fut interceptée par les royalistes, Villeroi, dont l'objet est de prévenir le duc de Mayenne sur son traité avec Henri, qui va être rendu public, et de faire un dernier effort auprès de lui pour l'engager à l'imiter, conseille à Mayenne de songer sérieusement à la

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