LIVRE SEPTIÈME. l6l
Sancy trouvait à parler jusque sur la mort du bonhomme Alibour, qui lui aurait semblé plus naturelle, si elle ne fut point arrivée avec l'accomplissement de sa prédiction. S'il glosait ainsi sur la naissance du fils , il n'en faisait pas moins sur toute la vie de la mère. Sancy éprouva à ses dépens ce que peut la haine d'une femme , surtout d'une maîtresse du roi. Henri l'aimait et lui voulait du bien : quoiqu'il penchât de lui-même à supprimer la surintendance des finances, il l'aurait encore conservée uniquement pour la lui donner ; mais madame de Liancourt sut bien l'en empêcher.
En la place de surintendant des finances , sa majesté forma un conseil composé de huit conseillers, le chancelier de Chiverny, le duc de Retz , MM. de Bellièvre, dont Matignon tint la place dans la suite ^ de Schomberg, de Maisse, de Fresne, protégé par madame de Liancourt, de La Grangele-Roi et de Sancy, qui se trouva encore fort heureux qu'on lui conservât une simple place dans ce corps. Le roi jugea à propos de donner à ce
d'une manière tragique pour le vieux Alibour, premier médecin du roi, empoisonné, disait-on, par ordre de la maîtresse du roi ; mais tout cela est dit sans preuves. On peut encore lire à ce sujet ce que Sauvai a rapporté sur la foi des bruits publics et des libelles satiriques, touchant les intrigues de galanterie entre la belle Gabrielle et le du^ de Bellegarde.