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ig4 MEBIOIRE5 D£ SULLY.
Le roi , voyant qu'il ne lui restait de ressources que dans lui-même , s'avance vers les fuyards » sans se donner le temps de prendre son casque ; s'expose à la rencontre des escadrons victorieux , qui composaient plus de huit cents hommes; appelle ses principaux officiers par leur nom, et, en se portant partout sans aucun ménagement pour sa personne , il fait tant , qu'il arrête une partie des fuyards. Il les divise en deux corps, et , se mettant à la tête de cent cinquante chevaux , il revient à la charge d'un côté , pendant que La Trimouille ' en fail autant de l'autre par son ordre , avec pareil nombre. Sans cette intrépidité , il ne serait peut-être pas échappé un seul de ces trois cents hommes, ainsi engagés au-delà d'une rivière , devant un corps de cavalerie victorieux. Le roi "*, donnant l'exemple à ses soldats, se mêle ensuite la tête nue au milieu de ces six escadrons , les ouvre et les fait plier. Biron , pro-
' Claude de La Trimouille, duc de Thouars.
' Le roi disait que dans les autres occasions où il s'était trouvé, il avait combattu pour la victoire, mais qu'en celle-ci il avait combattu pour la vie. Péréfixe, Matthieu, Cayet, Le Grain et d'Aubigné, rapportent les actions de cette journée de la même manière; de Thou, et le vol. 8929 des manuscrits royaux, avec quelque différence. D'Aubigné dit que le roi ne se montra parfaitement content que des seuls ducs de La Trimouille et d'£lbeuf, qui se .joignirent ensemble de bonne grâce , « pour abattre » dit-il , la rosée devant sa majesté. >»