‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 4)Chapitre 143 sur 231 · LIVRE TROISIÈME. agi · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. agi

Sigogne, de Chanteloup, et d'Aufreville. Ils riftipprirent que le duc de Mayenne avait perdu la bataille, et qu'en ce moment le roi était à la poursuite des vaincus, ce qui les obligeait à se rendre, de peur de tomber en de pires mains , leurs chevaux étant hors d'état de les tirer du danger ; et Sigogne me présenta en même temps, en signe de reddition , la cornette blanche. Les trois autres de cette troupe, qui étaient le duc de Nemours, le chevalier d'Aumale etTrémont, ne parlèrent point de se rendre. Je voulus les convaincre par de bonnes raisons qu'ils devaient le faire, mais je ne les persuadai pas. Après m'avoir recommandé leurs quatre camarades, voyant avancer vers eux un gros de victorieux, ils donnèrent des deux, et me firent voir que leurs chevaux étaient encore assez vigoureux pour lés dérober à leurs ennemis.

Je m'avançai avec mes prisonniers vers un bataillon de Suisses*^ et rencontrant un des grands pages du roi , je lé chargeai de la cornette , (fêà était un fardeau trop lourd pour moi. Je vis alors plusclairement les marques de notre victoire : la . campagne pleine de îFuyârds ligueurs et espagnols, y^^ ^t l'armée victorieuse du roi ' poursuivant et dis- "^

Babillé ce jour-là comme le roi, enveloppé par les ennemis , recevoir plusieurs blessures dont il mourut. Matthieu, ibid,

' Le roi fit crier : « Sauvez les Français, et main-basse sur « l'étranger.»» [Péréf., ihi(L^ 2* pirirtie.) ■ Henri, dit Fauteur dç

agîi MÉMOIRES DE SULLY.

sipitnt des restes de plus grands corps qui se dispersaient et se rassemblaient. Les Suisses des deu^ic armées, s'étant trouvés en présence les uns des autres , se morguaient les piques baissées , sans donner un seul coup ni faire aucun mouvement

La vue de la cornette blanche semée de fleurs de lis noires, connue de tout le monde pour être celle des Guises , qui la portaient telle en mémoire et par horreur du massacre de la Saint-Barthélemi , était un objet qui attirait tout le monde , comme à une proie également riche et honorable. Les casaques de mes prisonniers, qui étaient de velours noir, couvertes de eroix d'argent, brillaient de loin dans la campagne. Les premiers qui accoururent pour s'en saisir furent MM. de Chambrai, de l'Archant, du Rolet, de Crèvecœur,

« la Henriade , fut redevable de la victoire à la supériorité de « ses connaissances et de sa valeur \\$Bà&. il avoua que Mayenne jj^vait rempli tous les devoirs d'un grand général. Il n'a péché, » dit-il, que dans la cause qu'il soutenait.» Le duc de Mayenne aurait été pris, s'il n'avait pas eu la Précaution, en fuyant, de 'A' faire rompre le pont d'Ivry : mafs U init jà. la boucherie par là j.''*^T- les reîtres et les lansquenets , dont il denienrû' douze cents sur la place, pareil nombre d'infanterie française, et mille cava'liers : quelques-uns font monter la perte beaucoup plus haut» Il n'y demeura des royalistes que cinq cents hommes , et environ vingt gentilshommes. Cette bataille se donna entre Dreux et Nonancourt, aux villages de Saint- André et de Foucrainville. ^:#

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