LIVRE QUATRIEME
3l2 MÉMOIRES BE SnXT.
au3L environs de Meaux, se posta entre cette ville et Paris, et fit avancer sa cavalerie légère jusqu'à daye, où les deux camps se trouvèrent si près Tun de l'autre, qu'il y eut une infinité d'escarmouches des plus vives. Sur les représentations du maréchal de Biron , le roi pré£éra à ce poste celui de Chelles, et s'en approcha, contre son propre avis, parce qu'on jugea ce poste plus avantageux, et en même temps plus propre à £çrmer au général ennemi le chemin de Paris, sur lequel on avait encore quelques vues , et où l'on continuait à entretenir des inteUigences que le prince de Parme aurait fait manquer, s'il y fut entré , et qui manquèrent bien sans cela. Le roi vint donc occuper une hauteur, qui, ne présentant par un de ses côtés qu'un vallon profond et un marais , ôtait tout moyen d'agir par cet endroit. Aussi le prince de Parme ne l'eut pas plus tôt aperçu, qu'il vint de son côté camper sur la hauteur à l'opposite. Son dessein et son intérêt n'étant pas de hasarder une bataille , mais de nous tenir en échec, ce camp lui était merveilleusement propre. Il y était à couvert de toute insulte et hors de la portée du canon. Le roi reconnut la faute où trop de complaisance l'avait engagé , lors-
de Parme , pour lui livrer le combat, de peur que ses soldats, que la seule espérance du sac de Paris arrêtait auprès de lui , ne l'abandonnassent. Liv. 99.