LIVRE QUATRIÈME
Le même bonheur accompagna M. le duc de Montpensier dans toutes les entreprises qu'il fit en Normandie'. Il ne fallait pas moins que tous ces succès pour consoler le roi de la nouvelle qu'il reçut , que le duc de Guise * , qu'il devait
* Dans la Basse-Normandie, Falaise, Bayeux, Argentan, Lisieux, etc., tenaient pour la Ligue; Caen, Alençon^ Sèez, Écouché, etc., pour le roi. L'action la'liius considérable fut celle qui se passa, dés la fin d'avril iSSg, dans la campagne d'Argentan, du côté de Pierretite, Villers et Commeaux, où le duc de Montpensier tailla en pièces les ligueurs de ces cantons, qu'on appelait les Gautlersy au nombre de cinq à six mille. Ils avaient à leur léte le comte de Brissac, Pierrecourt, Louchan, le baron d'Échauffour, le b^ron de Tubeuf et autres. Il en demeura trois mille sur la place ; on en fit mille prisonniers, le reste se sauva dans Argentan. Commeaux, qui aujourd'hui est à peine un village, donna beaucoup de peine pour le forcer. Dans la suite , le duc de Montpensier extermina enfin ce parti, et réduisit plusieurs des villes rebelles. Il fut bien secondé par le comte dcThorigny, d'Emery, de Loncaunay, de Beuvron, de Viques, de Bacqueville, TArchaut et autres. Voyez ces expéditions dans le tome 3 des Mémoires de la Ligue, /
• Charles de Lorraine, fils de Henri, duc de Guise, tué à Blois, et de Catherine de Clèves : il étail né en i57i : '< L'évaa sion de M. de Guise ruina la Ligne » , dit Henri IV, au rapport de Le Grain. Le valet de chambre du duc , ayant trouvé le moyen d'amuser Rouvrai et ses gardes à jouer ou à boire , le descendit en plein midi de la plus haute fenêtre du château avec une corde , dont il se servit ensuite pour descendre luimême : il passa dans un petit bateau de l'autre côté de la rivière, où deux chevaux l'attendaient, etc. Matthieu y tome 2 > page 81 ; Cayet, tome a , liv. 3 , page 465 , etc.
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regarder comme son principal ennemi^ s'était . évadé du château de Tours, où il était retaau prisonnier depuis lô massacre de Blois. Il revint à son premier dessein de tout tenter pour s'emparer de Rouen. Assuré des secours et de la bonne volonté de presque toutes les villes de Normandie , il quitta Mantes^ dont il faisait depuis quelque temps le lieu de fnon séjour , et une petite capitale où résidait sa cour et son conseil, et fit défiler dès troupes vers cette ville. Pendant qu'on achevait les préparatifs pour ce siège important, Henri fit im voyage secret à Compiègne, dont l'amour était le véritable motif, quoiqu'il voulût persuader qu'il n'en avait point d'autre que d'envoyer en Allemagne faire une levée de reî très. . Lé vicomte de Turenne se chargea de ce soin, par reconnaissance de ce que le roi avait fait réussir et honoré de sa présence son mariage avec mademoiselle de Sedan * , fille et unique héritière du feu duc de Bouil-
* Charles de La Mark , fils de Robert de La Mark , prince souverain de Sedan, et de Frariçoise de Bourbon Montjpensier, devenue héritière de cette principauté par la mort de son frère Guillaume- Robert de La Mark , duc de Bouillon , arrivée à Genève en i588; il défendit par son testament que sa «œur épousât nn catholique. Cette disposition, Vamitié dn rm pour le vicomte de Turenne , l'envie d'oter raademoiselie d« Bouillon aux ducs de Lorraine, de Montpensicr et de Ncvcars , qui la demandaient pour leurs fils , la politiqiie qui conseitlail de donner un voisin ambitieux au duc de Lorraine , p0ut>ét(«f