‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 4)Chapitre 170 sur 231 · LIVRE QUATRIÈME. 35 I · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. 35 I

seiUers aussi respectables par leur vertu que par leur âge, et auraient sans doute été plus loin , si le duc 5 qui craignait peut-être pour lui-même un caprice de ces séditieux ' , ne les eût punis de la peine du talion; mais comme il avait quelques mesures à garder en faisant cet acte de justice, il ne joignit pas le prince de Parme aussi promptement qu'il l'avait cru.

Le roi jugea , en apprenant cette disposition , qu'il ne devait pas. tarder à se mettre en marche. Il laissa le soin de continuer le siège au maréchal de Biron , qu'il n'affaiblit que de sept Ou huit mille

Ru y conseillers au parlement. « Catastrophe indigne d'un si « docte et si excellent homme, dit Mézerai, en parlant du préce sident Brisson , mais ordinaire à ceux qui pensent nager en* « tfe deux partis. » C'est que le parlement ayant été transféré par le roi à Tours , Brisson fut le seul des six présidens qui resta à Paris. La Ligue lui fit même exercer les fonctions de premier président; et c'est lui qui aida à dégrader le roi Henri III , suivant la remarque du duc de Nevers, qui regarde sa mort comme une punition de son ingratitude ; Henri III lui ayant donné en pur don sa charge de président. Au reste , c'était un des grands hommes qui aient été dans la robe. Le duc de Mayenne vengea sa mort en faisant pendre dans une salle basse du Louvre quatre des Seize, Louchard, Ameline , Aimonet et Anroux. Voyez les historiens.

' L'un des Seize, nommé Normand, dit un jour dans la chambre du duc de Mayenne : « Ceux qui l'ont fait pourront « bien le défaire.» Hamilton, curé de Saint-Côme, furieux ligueur , vint lui-même prendre le conseiller Tardif dans sa maison, ayant avec lui des prêtres qui servaient d'arçbers,

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chevaux , consistant en trois à quatre mille cav^ iiers français , autant de reitres et mille arquebusiers à cheral , à la tète desquels il partit de Darnetah et prit son chemin vers la Somme. Il passa le premier jour par Boissière et Neuf-Chàtel; le second, par Blan^, Londinières, Longue^ille, Senerpont et Gamache; le trcHsième, il s'avança vers Folleville avec un simple détachement , laissant derrière lui le gros de sa cavalerie à conduire au duc de Nevers.

Nous rencontrâmes un parti considérable, que conduisaient SiIM. de Rosne ' , de Balagny , de Vitry, le baron de La Châtre, Saint-Pol, La Mothe et autres, qui s'étaient avancés sans doute à même intention que nous, pour reconnaître la situation et les forces de l'ennemi. Le roi commanda, pour aller les attaquer, le baron de Biron, MM. de Lavardin * , de Givry , de Saint-Geran , de Mari-

' Christian ou cfarécieii de Savigny , baron de Rosne ; Jean de Montloc de Balagny ; Louis de l'Hôpital , sieur de Yitry ; Claude de La Châtre ; Antoine de Saint-Pol ; Yalentin de Pardieu, sieur de La Mothe, gouverneur de Valenciennes. Ce dernier était Français, du pays de Beauvoisis ; mais il servit toute sa vie dans les années espagnoles , et fut tué en 1 594 , au siège de Dourlans, à la tète de rartillerie espagnole, fort regretté des Espagnols. Le roi d'Espagne venait de le créer comte d'Ekelbeke. Voyez sa mort et son éloge. De Thom, liv. 1 12.

* Anoe d'Anglure , baron de Givry. Cet officier avait la réputation d*étre également versé dans la guerre et dans les

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