CHEZ ETIENNE LEDOUX, LIBRAIRE
RUE OOéH^GAirD, v° g.
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mentionnés que par occasion ; mais aussi ils en exposent toute la suite dans le plus grand détail. Les événemens y sont aussi variés que nombreux : guerres étrangères et civiles, intérêts de politique et de religion , coups d'état éclatans, dénoûmens imprévus, efforts de lambitiôn , ruses de la politique , ambassades , négociations , tout cela s'y trouve , et n'en fait encore qu'une partie.
Les mémoires de Sully tirent un autre prijL, peut-être encore plus grand , d'une infinité de récits plus particuliers , qui ne sont pas du ressort d'une histoire. C'est l'avantage propre aux mémoires : ils souffrent la multiplicité des sujets et toute la variété des incidens qu'on y veut faire entrer ; et d'ailleurs ils ne sont point assujettis au joug que la nécessité impose à l'histoire de ne rien omettre de ces choses trop générales dont on sent soi-même tout le dégoût en les écrivant.
Veut-on bien faire connaître un prince dont on va parler , il faut que le tableau de sa vie privée soit sans cesse mis en regard avec celui de sa vie publique. Il faut le montrer au milieu de ses courtisans , avec ses domestiques, dans les momens où il s'observe
PRÉFACE. iij
le moins ; établir son caractère par ses lettres et ses discours. Les passionsse peignent mieux elles-mêmes par une simple parole rapportée d'original que par tout Tart que peut employer l'historien. Or , les mémoires de Sully remplissent si parfaitement cette idée par rapport à celui qui en est le sujet principal , que ce n'est qu'après les avoir lus que l'on connaît véritablement Henri IV. Ce qu'ils nous représentent de ce grand prince , dans Ta bonne comme dans la mauvaise fortune , envisagé comme particulier ou comme roi , comme guerrier ou comme politique ; enfin comme époux , père, ami , etc. , est marqué à des traits si sensibles , qu'on ne peut s'empêcher de s'intéresser aux particularités de sa vie , même les plus indifférentes. Je n'en excepte tout au plus que certains détails militaires , peut-être un peu trop fréquens au commencement de l'ouvrage, et quelques autres , en petit nombre , d'un moindre agrément , quoique d'ailleurs ces détails y soient toujours liés avec les affaires publiques, et diversifiés , comme tout le reste , par le rôle qu'y joue le duc de Sully.
Il en est, pour ainsi dire, le second au-