LIVRE CIirQUlèMX
ron, que le cardinal de Bourbon envoya vers- moi pour apaiser une dernière dispute qui s'était élevée au sujet des termes dans lesquels la formule de profession de foi du roi devait être conçue. Les prêtres et les docteujrs catiioliques la chargeai^it comme à l'envi de toutes les minuties dont ils étaient pleins , et ils en allaient £aire , au lieu d'une pièce grave, un écrit ridicule. Les minières protestans et le roi ' lui-même ne goûtaient pas que cette formule fut faircie de bagatelles si puériles^ et il était né là-dessus une contestation qui faillit tout rompre.
J'allai incontinent avec du Perron chez le cardinal de Bourbon , avec lequel il fut convenu qu'il ne fallait rien omettre dans cet acte des points de foi controversés entre les deux églises, mais aussi qu'on devait supprimer tout le reste comme inutile. Les parties y consentirent , et la formule * fiit dressée de manière que le roi y reconnaissait tous les dogmes romains sur l'Écriture sainte , l'Église , le nombre et les cérémonies des sacremens , le sa-
' «c Ne parlons point de requiem, dit Henri IVy je ne suis « pas encore mort. »
* Voyez-«n l'original dans les anciens mémoires. Duplessis- Mornay, et Mézeraii d'après lui, reprochent au roi et aux. catholiques , apparemment sans aucun fondement , que cette première profession, qu'on supprima, fui pourtant celle qu'on envoya au pape , « comme si le roi l'eût faite , écrite , signée de « sa main , contrefaite par de Loménie : » ce sont set termes » iiv. I9 page 198; liv. a, pag. 207.
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orifice de la messe , la transsubstantiation , la doctrine de la justification , l'invocation des saints, le culte des reliques et des images, le purgatoire, les indulgences, enfin la primauté et le pouvoir du pape ' ; après quoi la satisfaction fut générale ^.
* Un second acte aussi fort, par lequel Henri IV reconnut l'autorité du pape , est la déclaration qu'il fit après sa conversion, que ce n'est que par nécessité et faute de temps qu'il a reçu l'absolution des prélats de France avant celle du saintpèrei Cette déclaration est rapportée dalis le tome 3 des Mémoires d'état de Villeroiy page6i.
* Ce fiit entre les mains de Renaud, ou Bernard de Beaune de Samblançai, archevêque de Bourges , que le roi fit son abjuration. Le cardinal de Bourbon , qui n'était pas prêtre, et neuf autres évéques assistaient ce prélat. Henri lY s'étant présenté pour entrer dans l'église de Saint-Denis, l'archevêque lui dit : « Qui êtes- vous? Henri répondit : Je suis le roi. « Que demandez- vous ? Je demande d'être reçu au giron de « l'église catholique, apostolique et romaine. Le voulez-vous? '< ajouta le prélat. Oui, je le veux, et le désire, reprit le roi, <( qui, s'étant aussitôt mis à genoux, dit : Je proteste et jure « devant la face de Dieu tout-puissant de vivre et de mourir tt en la religion catholique, apostolique et romaine, de la pro* t téger et défendre envers tous, au péril de mon sang et de ma « vie, renonçant à toutes les hérésies contraires à icelle église « catholique , apostolique et romaine ». Ensuite il mit cette même formule écrite entre les mains de rarche\'êque, qui lui présenta son anneau à baiser , lui donna à haute voix l'absolution, et entendit sa confession pendant le te Deum, etc. Voyez toute la suite de ce cérémonial dans les historiens. Cayet, liv. 5, page 222 et suiv. Matthieu, etc.
FIN DU LIVRE CnTQUlÈME ET DU TOME PREMIER.