‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 4)Chapitre 29 sur 231 · LIVRE PREMJflHrT^ÇÇi · texte numérisé non relu

LIVRE PREMJflHrT^ÇÇi

pour m'arracher de force pai^ômipPPi îlne trouveraient. Ils firent savoir mon^ilB^^iw^ à mon père , duquel je reçus une lettre liiÉPÉ^|Éràrs après- Il m'y témoignait combien il avait éjltt àfeirmé à mon sujet; que son avis était pourtant que je demeurasse dans Paris , puisqu'il n'était plus libre au prinqe que je servais d'en sortir ; mais que , pour ne pas m'exposer à un danger évident, je devais me résoudre à faire ce qu'avaipladt le prince luimême, c'est-à-dire à aller à la mé^. ,,

Le roi de Navarre n'avait poinfeèh" effet trouvé d'autre moyen de sauver sa vie. Il fut réveillé avec le prince de Condé, deux heures avant le jour, par une multitude d'archers de la garde, qui entrèrent effrontément dans la chambre du Louvre où ils ' Couchaient, et leur ordonnèrent avec insolence de ji^babiller et de venir trouver le roi. On leur défisndit de prendre leurs épées, et en sortant ils virent massacrer impitoyablement devant eux une partie de leurs gentilshommes '. Charles les attendait, et les reçut avec un visage et des yeux où la

' Jacques de Ségur, baron de Pardaîllan, Gascon ; Armand de Clermont, baron de Piles, Périgordin, etc. Gaston de Lévis , sieur de Leyran , se réfugia sous le lit de la reine de Navarre^ qui lui sauva la vie. On envoya à Ghâtillon pour se saisir de François de Châtilion, fiis 4^ l'amiral, et de Guy de Levai , fils de Dandelot ; mais ils s'étaient sauves , et avaient passé à Genève. Armand de Gontaut de Biron échappa en se fortifiant dans l'Arsenal.

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fureur éftît {Peinte. Il leur commanda , avec les juremens etlès blasphèmes qui lui étaient familiers, de quîttcp la religion qu'ils n'avaient prise, disait-il, que pour servir de prétexte à leur rébellion. L'état où l'on réduisait ces princes ' n'ayant pu les empêcher de témoigner la peine qu'ils auraient à obéir, la colère du roi devint excessive. Il leur dit d'im ton altéré et plein d'emportement « qu'il ne « prétendait plus être contredit dans ses volontés « par ses sujets; qu'ils eussent à apprendre aux c( autres par leur exemple à le révérer comme étant « l'image de Dieu, et à n'être plus les ennemis des « images de sa mère. »

Il finit par leur déclarer que, si de ce pas ils n'allaient à la messe, il allait les faire traiter comme criminels de lèse-majesté divine et humaine. Le ton dont ces paroles furent prononcées ne permettant pas à ces princes de douter qu'elles ne fussent sincères , ils plièrent sous la violence , et firent ce qu'on exigeait d'eux. On obligea encore

' « Comme il (Henri) allait trouver le roi , Catherine donna « ordre qu'on le fît passer par-dessous les voûtes , entre des « gardes qui étaient en haie et en posture de le massacrer ; il « tressaillit de peur, et recula deux ou trois pas en arrière ; « toutefois , Nançai-la-Châtre, capitaine des gardes-du-corps , « le rassura, lui jurant qu'il n'aurait point de mal. Il fallut « donc, quoiqu'il ne se fiât pas trop à ses paroles, qu'il passât « au travers des carabines et des hallebarbes. » Féréf, Hist, de Henri le Grand, liv. i .

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