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par les paroles de Henri IV , de Sully et de ses secrétaires eux-mêmes. On peut , si on le juge à propos, consulter les endroits que j'indique \ Je me contenterai d ajouter une conjecture que je soumets aux lumières des lecteurs.
Les mémoires de Sully se sont formés , premièrement des remarques que ' Rosny commença dès sa plus grande jeunesse à Élire sur les événemens de son temps , soit généraux, soit particuliers au prince son maître et à lui-même : ensuite de ce qu'il y joignit^, à la prière de ce même prince, qui sut distinguer de bonne heure le prix d'un homme de ce carçictère. Rosny ne prétendit pas sans doute en faire un ouvrage bien suivi, encore moins un corps d'histoire , mais seulement un recueil de pièces sur plusieurs des événemens de son temps , qu'il augmenta de ses propres réflexions sur le gouvernement^. Le mot de Journal^ qui y est employé quelque part, ne doit donc
' Épît. des I et 3 T. — a Tom. pag. 407, 409, 410, 434, 435, 440, 44Ô. — 3Tom. pag. 82, 83 — 294, 385, etc. • Tom. 2 , pag. 44d.
' Tom. 2, pag. 44B. — Tom. 3, pag. 83, 385.
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pas être pris à la rigueur. Des mémoires par pièces ainsi détachées n'étaient pas Une chose absolument nouvelle en ce temps-là. Il se peut bien faire aussi que Rosny eût. alors pour objet de se préparer des matériaux pour des mémoires plus complets, qu'il aima mieux dans la suite faire paraître sous le nom de ses secrétaires que sous le sien.
Ces registres si bien reliés ' , dont il est encore fait mention, auraient été i^emis à quatre de ses secrétaires , deux desquels composèrent d'abord les deux premiers tomes , tels que nous les avons, aujourd'hui. Les deux autres secrétaires, qui sont ceux que Sully prit à son service au temps de sa retraite , travaillèrent en même temps au premier des deux tomes suivans , qui comprend un espace de cinq années, depuis i6o5 jusqua la mort de Henri IV; et croyant leur travail imparfait, s'ils n'y en ajoutaient un second , comme avaient fait leurs confrères , ils se mirent à refeuilleter to^us les papiers du duc de Sully, et vinrent à bout de leur entreprise *. Mais j'avertis qu'il ne faut pas
' Épît. Lirain. du 3 T. Tome a, page 4io. * Épît Limin. Ibid,
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tout-à-fait les en croire sur lé lieu de l'impression des mémoires de Sully; ils nont cherché à cet égard qu'à faire prendre le change au public, par l'intérêt qu'ils avaient que cet ouvrage ne parut pas imprimé dans le royaume* Guy-Patin , le père Le Long , l'abbé Lenglet, et beaucoup d'autres sont persuadés que les deux premiers tomes forent imprimés au château de Sully même , et pour les deux derniers , c'est aussi un fait connu ^ qu'ils n'ont paru que lorsqu'ils forent imprimés à Paris, en 1662, par les soins de l'abbé Le Laboureur.
^ Il est parlé, dang les Mémoires de Mademoiselle, de certaines lettres et autres originaux en fort grand nombre , que le comte de Béthune gardait précieusement, et qu'il montrait comme une rareté aux curieux qui allaient le voir. On pourrait croire que c'était du moins en partie les minutes des écrits du duc de Sully ; mais de ce qu'il ne s'est trouvé aucune de ces pièces dans le recueil immense de manuscrits dont le comte de Béthune fit présent au feu roi , en 1 664 1 il faut conclure que toutes ces minutes périrent , ayant été regardées comme inutiles, après la compo-
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sition des mémoires de Sully. Cependant je tiens aux compilateurs si peu de compte de leur travail , que je souhaiterais de bon cœur n'avoir eu , comme eux , que ces seuls originaux. Ce qu'ils y ont mis du leur n'y ajoute rien d'essentiel , et ne sert qu'à cacher le véritable ouvrage de Sully , qui , en beaucoup d'endroits , ne saurait plus être distingue , ni séparé du leur , parce qu'ils n'ont pas voulu se borner à ranger ces pièces originales suivant l'ordre des temps, qui est tout ce qu'ils pouvaient faire de mieux.
Je ije sais même s'il n'y aurait pas lieu de les soupçonner d'avoir supprimé des morceaux assez importans. Du moins peut on sans témérité les accuser de nous avoir fait perdre le Traité de la guerre , le Maréchal de camp y les Instructions de milice et de police y et quelques autres ouvrages du duc de Sully i, qui ont certainement existé. On
les cherche inutilement dans le cabinet de
M. le duc de Sully d'aujourd'hui ' , malgré les soins que ce seigneur, connu par son goût pour les belles-lettres , et en particulier pour
• Loiiis-Picrre-Ma\imilicn de Béthune.