LIVRE PREMIER. III
rais effacé ma faute par un simple aveu ; j'y en joignis une seconde plus grande. Piqué de la menace du prince , je lui répondis étourdiment que je n'étais ni son sujet ni son vassal. Je le menaçai à mon tour de quitter son service; et ce prince n'ayant répondu à mon insolence que par un juste mépris, j'allais en ce moment me séparer, et peut-être pour toujours , de la personne de ce bon prince, si les princesses n'eussent entrepris de faire ma paix auprès du roi, qui écouta l'amitié qu'il avait pour moi , et se contenta de me faire sentir la grandeur de ma faute en me recevant pendant quelque temps avec beaucoup de froideur. Enfin, lorsqu'il fut convaincu que le regret que je lui témoignais était sincère, il reprit pour moi ses premiers sentimens. Ce trait de bonté me faisant connaître combien ce prince si doux méritait d'être servi , je m'attachai plus fortement à lui; et je résolus de cet instant de n'avoir jamais d'autre maître : mais je m'en vis éloigné pour quelque temps par une promesse assez imprudente qu« j'avais faite au duc d'Alençon.