‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 113 sur 195 · LIVRE VINGT*SIXljfeM£. 37 I · texte numérisé non relu

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avait rendus dans ce parlement, et il en acocMrda la charge à des Yveteaux ' , parent du mort. Mille^ pistoles pour jouer : Henri n'en prit d'abord que cinq cents; n^is il renvoya ensuite Béringboi chercher les cinq cents autres pour un autre em* pioi. Je lui en portai mille aubres encore pour le jeu, en allant le trouver avec le chancelier, à Fon* taiûebleau , où il s'était purgé à la sortie des fétès de Pâques. U s'agissait d'une dépêche que Préaux apportait de la -part de Jeannin. Ce prince^ faik saat de plus sérieuses réflexions sur les excès où le portait sa passion pour le jeu, songea à s'eik corriger , et il me promit plusieurs fois du moins de se modérer. II continua à faire la même dé-^ p^se pour ses bâtimens. C'était Zamet ^ qu'il en<^ voyait de Fontainebleau pour les visiter , quand il ne pouvait pas y aller lui-méiiie. Je trouve encore une quittance de Marcadé , de quatre mille sept oent quarante-trois livres^ pour onze c^it seize perles , dont Henri fit présent à mademoi'» selle de Vendôme sa fille; de trois mille livrés à

' Nicolas Vauquelin des Yveteaux.

' Ce riche partisan se qualifiait alors baroii de Murât et de Biliy, conseiller du roi en tdns ses contôils^ gom^rneuf de FoQtaiqe^deaYi^ et surintendant de la maison de la reine. 1} niourut à Paris en 16 14, âgé d'environ soixante-cinq ans, laissant un fils maréchal-de-camp, qui fut tué au siège de Montpellier, et un second, évêque de Langres. 11 les avait eus ^ Magdelaine Le Clerc du Tremblai 9 et tes iit légitimer.

^']a. MEMOIRES DE SULLT.

mademoiselle des £ssarts , et de trois cents livres à Saubion , son domestique.

Je fus chargé avec le chanceler de nommer des commissaires pour travailler , avec ceux du duc de Lorraine , à régler les confins du pays Messin, sur lesquels il s'élevait tous les jours quelque nouvelle contestation. J'envoyai à Calais le contrôleur des fortifications , avec une somme d'argent , pour réparer le dommage que la mer venait de faire aux dunes du Risban ; j'en fus informé par le viceamiral de Vie , qui aurait bien souhaité qu'on eût fait une dépense plus considérable pour cette ville , et qui fournissait , dans cet esprit , plusieurs projets, tant pour sa commodité et sa sûreté , que pour ^npêcher les inondations auxquelles cette ville et ses environs sont exposés.

Il ne se fit point de plus utile règlement * que celui qu'on vit paraître contre les banqueroutiers frauduleux. Il porte : que ces banqueroutiers seront punis de mort, comme voleurs et affronteurs publics ; que toutes donations , cessions , ventes et transports faits par eux à leurs enfans , héritiers , amis et faux créanciers , seront nuls , et tels donataires, cessionnaires et acheteurs, punis comme complices des banqueroutiers , pour peu qu'il paraisse aux juges que tout cela s'est fait en fraude des véritables créanciers. Il y est fait défense,

' Mercure français et autres historiens, année 1609.

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aussi SOUS peine de complicité , de donner retraite aux banqueroutiers, à leurs cautions, commis, facteurs ; comme aussi de receler aucun de leurs meubles, papiers et e£fets; enfin de leur prêter la main ^ ou même deleur donner assistance en rien. Permis à tous d'arrêter sans décret ni permission, et de mener en justice les banqueroutiers , malgré tous arrêts et coutumes à ce contraires. Enfin il est défendu aux véritables créanciers des banqueroutiers de faire aucmis accords, contrats et accommodemens avec eux ou leurs entremetteurs , sous peine de perdre leur dette, et même d'être poursuivis criminellement, suivant le cas; la voie de l'action en justice est la seule qu'on leur laisse. C'est à peu près tout ce qu'on peut faire , ce me semble , pour assurer le commerce et la tranquillité publique , également intéressés dans un abus devenu si commun.

A cet édit,. il en fut j<ûnt un autre contre les duels, que je sollicitais depuis long«temps, et avec bien des instances. Le conseil ayant été assemblé extraordinairement à cet effet dans la première galerie de Fontainebleau, sa majesté, pour traiter cette matière plus à fond, demanda qu'on ,y fit rapport de l'origine , des coutumes et des différentes formes usitées du duel. Ses conseillers ne lui donnèrent pas sujet de les féliciter sur leur érudition ; tous demeurèrent dans le silence. Je V. ' j8

fis comme les autres , mais de manière que le roi s'aperçut aisément que je n'avais besoin qoe de son commandeinent pour parler. Il se tourna vars moi , et me dit : « Grand-maître , votre mine me a fait conjecturer que vous en savez plus que vous (c ne faites semblant. Je vous prie, et je vous comce mande en même temps expressément de nous <r dire ce que vous en savez et pensez. » Je refusai encore par bienséance , et , pressé de nouveau , je fis un discours que je ne rapporterai point , parce qu'on n'y verrait rien de plus que ce que j'ai dit précédemment en traitant cette matière. J'eus soin d'envoyer aussitôt l'édit contre les duels ' dans mon gouvernement , et de l'y faire observer avec beaucoup d'exactitude.

Mêlons -à ces détails d'afiGsâres de gouvernement le récit de quelques intrigues de cour. Lorsque , sur les avis dont j'ai parlé , de factions dans quelques provinces , le roi songea à y envoyer quelqu'un de sa part , il me proposa la personne de N..... Cet homme n'aura ni la joie ni le chagrin de se voir nommer ici. Je ne goûtai ce choix en aucune manière, sachant que sa haine person-

' Cet édit, qui oblige ceux qui ont été offensés dans leur honneur à s'adresser aux maréchaux de France ou à leurs lieutenans pour en obtenir la réparation, porte des peines très-sévères, infamie, dégradation de noblesse, et même peine de mort. P. Matthieu, tome a , liv. 4.

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