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mécontent que la guerre, ayant à finir entre TEspagne et la Flandre , finît au moins de cette sorte.
Je ne dois pas omettre une obligation que j'eus en cette occasion , plus à ce prince encore qu'au conseil des Provinces-Unies; elle regarde mes neveux d'Épinoi. Sa majesté, qui avait souffert que je l'entretinsse souvent de l'injustice que faisaient à ces enfans le comte et la comtesse de Ligne , et qui , dès le temps qu'ils me fiirent amenés en France , leur avait fait sentir des effets de sa bonté , dont je crois avoir déjà parlé dans quelque endroit de ces mémoires , voulut bien faire quelque chose de plus pour eux. Jeannin eut ordre d'entretenir l'archiduc Albert sur cette affaire , de le disposer à écouter favorablement les demandes de mes neveux, et de le porter à leur rendre toute la justice qui leur était due. Lui, ou bien Caumartin, remit même aux mains de ce prince un mémoire instructif que j'avais fait des droits de la maison d'Épinoi à la succession de la maison de Melun. La réponse que l'archiduc fit au roi, en 1601 , qui est l'année où ceci se passait , me donna lieu de tout espérer. En effet , ce prince , voyant l'intérêt que sa majesté prenait à ce démêlé , y entra si avant , que , par un accommodement provisionnel , dont il fut l'auteur, mon
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neveu d'Épinoi ^ , resté seul héritier par la moFt de son frère, obtint dès ce temps-là la restitution d'une grande partie des biens qui avaient été confisqués sur son père. Cette transaction, que l'intervention du roi et de l'archiduc rendait une pièce assez importante, fut dans la suite la meilleure dont la princesse de Ligne ^ se servit pour prouver que tout le reste des biens de cette succession , dont elle ne s'était point dépouillée , lui avait été accordé.
Je m'avisai d'un expédient pour mettre fin à toute cette chicane; ce fut d'obtenir du conseil des États qu'ils insérassent dans leur traité de trêve un article par lequel cette question fût décidée de la manière la plus favorable pour le jeune d'Épinoi ; ce que j^obtins sans peine dès les premières instances que j'en fis faire sous main. Cet article porte que , sur le refus que la dame princesse de Ligne a fait au conseil des Provinces- Unies de restituer les biens de la maison d'Épinoi, dont elle jouissait injustement, il sera nommé
' Guillaume de Melun, prince d'Épinoi, etc. Il avait en plusieurs autres frères morts en b^s^àge ou ss^i^s postérité. Il ,en a été parlé ci-devant.
* Marie deMehm, dame deRoubais, d*Antoing, etc., femme de Lamoral, premier prince de Ligne, gouverneur d'Artois, lîbevalier de la toison-d'or.
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deux arbitres de la part de sa majesté très-chrétienne , et autant de celle des archiducs , qui s'assembleront à Vervins, à \^ Saint- Jean prochaine , pour juger déânitivement cette question ; que , si les voix sont partagées , ils conviendront d'u» surarbitre; et que, s'ils ne peuvent s'accorder sur cç choix, le roi très-chrétien sera ce sur^arbitre, à la sentence duquel la princesse de Ligne et les autres héritiers respectifs seront obligés de se soumettre , et les archiducs , dont ces biens relèvent, d'en permettre l'exécution; cependant que les biens de la maison de Yassenard, et tous au« très appartenant au prince d'Épinoi, dans l'étei^due des Provinces-Unies, lui seront rendus par provision.
La princesse de Ligne mit tout eu oeuvre pour éluder la décision. Cette dernière clause lui ôtaut toute espérance , elle allégua encore la transaction dont il vient d'être parlé. Elle se défendit sur ce que la partie des biens qu'on lui demandait , qui était dans la province de Hollande, avait été chargée de taxes considérables; sur quoi elle deman-dait des compensations. Lorsqu'elle se sentit pressée, elle parut s'adoucir, et se retrancha à demander qu'on terminât la chose par toute autre voie que par uu jugement de riguqur. Elle en fit proposer plusiwrs , surtout lorsqu'elle s'aperçut que sou neveu était d'humeur à acheter la paix
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par le sacrifice de quelques-uns de ses droits. L'archiduc parut entrer avec elle dans tous les moyens qu^on imagina pour me £sdre désister ; car c'était moi qu'on regardait dans cette occasion comme la véritable partie adverse. Il fut proposé de Êdre épouser à mon neveu la seconde des filles de madame de Ligne , qui était encore à établir. Cet expédient était assez bien imaginé , si la mère avait été une femme raisonnable; mais elle ne voulait pas même donner à sa fille une dot égale à celle qu'elle avait donnée en mariage à son aînée. Je lui fis faire, par Préaux, l'option de céder vingt-cinq mille livres de rente à d'Épinoi pour la dot de sa fille, ou de se voir obligée de lui restituer tout son bien. Il j avait à perdre , et même assez considérablement, pour mon neveu, dans cette ofiFîre, qu'elle ne laissa pas de refiiser avec hauteur. Le reste de l'année se passa à faire et à rejeter des propositions qui ne conduisaient à rien.
Il fut encore besoin que sa majesté s'en mêlât, comme elle eut la bonté de faire, en écrivant, le 19 octobre, à rarchiduc, pour se plaindre des procédés de la princesse de ligne , et du peu de soin qu on montrait de mettre à exécution l'article du traité qui regardait le prince d'Épinoi. Le roi fait remarquer à l'archiduc , sur l'article de la transaction dont madame de Ligne faisait son fort,