‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 169 sur 195 · LIVRE VIITGT-SfiPtlÈHfi. 4ll · texte numérisé non relu

LIVRE VIITGT-SfiPtlÈHfi. 4ll

« travailler pour eux et pour vous; nous avons besoin de re^ « mèdes, et non de larmesi » Mercure français. Ibid,

« A cinq heures du soir, il n'y avait qu'au Louvre qu'on « sÂt certainement la mort du roi : dans le quartier même de tt la Ferronnerie , où il avait été tné, on croyait qu'il avait été « blessé seulement. Ce bruit parvint aux Augustins avant la «fin de l'audience; le bruit, le murmure qui augmentaient a chaque instant, par les gens qui se rendaient dans la cour, « qui est devant la salle de la grand'chambre , parvint bientôt « jusqu'aux oreilles de M. de Blancmesnil, deuxième président « de la grand'chambre, et actuellement tenant l'audience en « icelle. A ce bruit il se leva, comme pour recueillir les avb « sur la cause qui se plaidait; mab au lieu de parler de la cause, t il remontre à la chambre l'importance de ce bruit , qui ne < pouvait être, sans qu'il fût arrivé quelque funeste accident | « les dispose à lel^er le siège et rompre l'audience; ce qui fut « exécuté... On envoya quérir sur-le-champ MM. les gens du R roi. I>ès qu'ils furent arrivés , ils furent députés pour aller au « Louvre, pour apprendre l'état des affaires et la volonté du « roi... D'un autre cdté, les princes, ducs et grands seigneurs « qui étaient à Paris, s'étaient rendus en hâte au Louvre pour « servir le roi. Le sieur de Vitry eut ordre d'assembler tous « les enfans du roi en une chambre, et surtout le roi à présent « régnant, et que personne n'eût à approcher d'eux. Les ducs « de Guise et d'Epemon furent chargés de faire monter à « cheval le plus de noblesse qu'il se pourrait, et aller par toute « la ville dire que le roi n'était point mort, mais seulement «blessé. Le Jay, lieutenant civil , et Sanguin, prévôt des « marchands , eurent ordre de faire feitner les portes de la « ville, de s'emparer des clefs, de prendre tous leurs officiers, « d'empêcher toutes émotions et attroupemens.*. Les gardes « qui étaient dans les, faubourgs eurent ordre de se venir « placer sur le Pont-Neuf, dans la rue Dauphine et aux envi- « roos des Augustins, afin d'investir le parlement, et le con- « traindre, s'il fallait, de déclarer la reine i*égente... Les gens

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< àa roi» revenus du Louvre, trouvèrent aux Augustins M. le «premier président, qui s y était fait porter en une chaise; « amjael^ et aux chambres assemblées, ayant confirmé la mort n de sa majesté, ils comniencéreht à délibérer sur la réquisi- «r tion faîte par les gens du roi. Lors sont entrés dans la « grandchambre M. de Guise et M. d'£pemon , envoyés par « la reine pour voir ce qui se passerait , etc. » JJ Étoile, Péréfixe. Ibéd.

« Vers les neuf heures du soir du même jour , un grand te nombre de seigneurs allaient par la ville, et disaient en pas- <( sant : Voici le roi qui vient; il se porte bien , Dieu merci. « Comme il était nuit, le peuple, croyant que le roi était en n cette compagnie, se mit à crier à force : vive le roi! Ce cri « s'étant communiqué d'un quartier à l'autre , toute la ville « retentit de vive le roi. Il n'y avait que les quartiers da «'Louvre et des Augustins où l'on sût la vérité. » Ibid.

« Le soir on pansa le corps du roi, et lava avec la même « cérémonie que s'il eût été en vie. M. du Maine lui donna sa « chemise; M. Le Grand servit, et l'oii me commanda de servir, « et représenter la place de M. de Bouillon. » Mémoires de Bassqmpierre. Ibid.

« Le samedi i5 du mois de mai, le corps du roi fut ouvert «c en présence de vingt-^ix médecins ou chirurgiens, qui liii « trouvèrent toutes les parties si bien' conditionnées, qu'il au- « rait pu vivre encore trente ans j selon le cours de la nature... «c Son cœur était petit, mais gros et serré, et merveilleuse- « ment sain. » L'Étoile. Ibid.

« C'était le plus épais estomac, au rapport des médecins et «'chirurgiens, que l'on ait vu. Il avait le poumon gauche un « peu attaché aux côtes. » Bassompierre. Ibid.

« Ses entrailles furent envoyées dès l'heure même à Saint- « Denis, sans aucune cérémonie. Les PP. jésuites demandèrent «c le coeur, et le portèrent à leur églisede la.Flèche. Le corps, « embaumé dans un cercueil , -couvert d'une bierrc de bois, « avec un drap d'or par-dessus, fut mis dans la chambre du

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