‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 195 sur 195 · LIVRE VINGT-HDITIÈMi · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-HDITIÈMi

fit^ que, quand je m'y serais l^ssé tromper, je crois qu'on ne paurrait m'accuser d'avoir été trop simple. Jamais Conchini et sa £emme n'avaient été plus avanA dans son esprit qu'ils ne l'élaient; alors : die commençait à ne pkus rien voir ni rien £aiire que par eux ; cependant elle affecta de par raîfcre aussi mécontente «de leurs procédés qu'ette me Touiuft persuader iqu'eile était satisËiâte de ma conduidie .: c'est qjoe je la jetais dans tm fimbaavas qui était <de trop dans «m temps. où le sacre du mi lui donnait l»en assee d'occupation , et qu'elle vmiJûk prendre tout le reste de l'année pour s^ prépâner au dbangement qiue la déamission de m»s charges devait apporter dans les afiEaiires. ie m'acconuitodai à sa volonté sans m'écarter delamienne ; c'est^ndire qu'en contînuanA mes première» iÎMvc* feums^ je résolus «de fiEÛre si bien la goenre it Ilœii , que je pusse toujours mettre entre mes eimismis et moi un e^paoe^assez considérable penvr leor ôter le plaisir de me joindre *et «de me dépouiller eu»«- Baemeà.

On iprit à la fia am panti sur l'afïaire de Clèves» Il (n'y avait plus à retarder , pour peuqu'on voillut paraître encore s'y intéresser. L'armée des princes li^s^ jointe à celle des «tats desPro'vîncas-'UQies , étaitiallée mettre le fsiége devant luiiers, ^ t ie prin ce d'Orangie , qui 'en avait ie commandei|ient , s'y était pris de maniène que cette pfoce ne pouvait

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guère lui échapper. Notre secours lui était même absolument inutile, parce que la maison d\4u triche n avait ùàt aucune démarche ^ ni mis aucunes troupes sur pied pour les opposer à ses ennemis, et qu'après cet exploit , la guerre, telle qu'on s'é* tait proposé de la faire , se trouvait finie. Mais le nouveau conseil de la reine , composé des mêmes personnes que j'ai déjà nommées, crut faire un chef-d'œuvre de politique en accordant alors plus qu'on ne lui avait demandé si long-temps \sans pouvoir rien obtenir. Il connaissait bien en quel état était la place assiégée. Il voulut se faire honneur de sa prise , qui devait fort peu tarder après l'arrivée de nos troupes, et il imagina encore qu'on ne pouvait donner un meilleur coup d'aiguillon au roi d'Espagne pour lui faire souhaiter et solliciter cette alUance avec nous , pour laquelle on trouvait qu'il ne s'empressait pas assez, et dont on avait encore quelque honte de faire seul tous les frais. On résolut donc de faire avancer incessamment vers Juliers huit mille hommes de pied , douze cents chevaux et huit pièces de canon , et de donner cette armée à conduire au maréchal de I^ Châtre.

o Lorsque cette résolution fut rendue publique ,

et portée pour la forme au conseil-général , je ne pus m'empêcher d'en dire mon sentiment. Je demandai à quelle fin se faisaient ce voyage et cette

tivHï: viirfcT^HtJiTiÈME. ' 497 dépense contre des enaernis qui ne se défen* daient point , et pour des alliés qui n'en avaient plus besoin. Je déclarai ce que je petisais de ce retour après coup , qui ne me paraissait pas fort honorable pour nous. Je fis voir les difficultés et les longu^irs de la marche qii'ôp se proposait de faire faire à nos trônpes. En effet , pcmr faire ce trajet sans avoir rien à craindre des ennemis que notre armée pouvait rencontrer dans son passage , il fallait qu'elle fît un grai^ détour, et qu'elle traversât des pays rudes , montagneux et stériles. Conchini , qui avait attiré à son avis M. le comte de Soissons et le duc de Bouillon , et qui s'applaudissait de ses motifs secrets , me laissa dire ^ comme on £ait d'un homme qu'on n'a pas daigné instruire , et le départ des troupes fut résolu ; seuler ment , pour m'empêcher d'être plus importun , pour m'intéresser même personnellement dans cet armement, on accorda à mon gendre, qui sollicitait depiits assez long-temps un ^xiploi distingué dans l'armée d'Allemagne , la charge de maréchal de camp général : ce qui devait d'autant plus le satis£iire , que cette qualité lui attribuait de plein droit le commandenient en chef, s'il arrivait faute du . général. Il n'était pas même impossible que , sans cela , La Châtre ne s'en dégoûtât de lui-même , et ne remit le commandement. On l'avait vu plus d'une fois prêt à le faire. La difficulté du chemin

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le rebutait , aussi-bien que les périls qu'il pouvait y rencontrer. Il m'avoua même, et avec moi à quelques autres personnes du conseil , que les jésuites lui mettaient un fort grapd scrupule dans l'Âme de ce qu'il se joignait aux hér^ques , contre de bons catholiques. Je lui redonnai un peu de courage en lui enseignant un chemin plus commode que celui qu'il voulait prendre, et il se disposa à partir.

Les préparatifs de cet armement, qui tombaient à ma charge , furent faits de manière que l'armée fut composée des meilleures troupes que nous eussions, alors sur pied ; l'artillerie complète et bien servie, et le fonds de la dépense si abondant, que le trésorier en rapporta encore cent mille ^us : aussi le prince Maurice confessa que de longr temps il n'avait vu une troupe si leste et si bien exercée; il parut seulement surpris que le général, qui devait, suivant les apparences, être un de nos meilleurs hommes de guerre-, n'eût qu'une connaissance tout-à-fait commune de ce qui se pratique dans les sièges et des autres parties dé la guerre.

C'est tout ce que, je dirai de cette expédition. Les historiens ' expliqueront plus en détail com-

' Voyez le détail de la prise de Juliers et de toute cette expédition dans le Mercure français et les autres historiens , année 1610. .

Xta. prise dé JuKers obligea l'empereur à se déporter du se-

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ment notre armée passa en Allemagne , et comment elle en revint. La crainte d'être trop sincère, et l'inutilité du personnage que je commence k jouer , m'engagent à avancer plus rapidement vers la fin de ces mémoires.

questre qu'il avait voulu faire des états contestés entre les «lains de l'archidùc Léopold d'Autriche ; et les ducs de Brandebourg et de Neabourg partagèrent toute la succession entre eux deux, sans aucune difficulté. L'électeur de Brandebourg eut Clèves, la Marck et Ravensperg ; et le duc Neubourg, Juliers et Bergh. Philippe-Louis, fils de ce duc de Neubourg, eut deux fils, dont l'un continua la branche de Neubourg^ et le puîné fit celle des comtes du Sulsback, qui doit aujourd'hui réunir les deux parts , parce que la branche de Neubourg finit dans l'électeur Palatin d'aujourd'hui : et voilà ce qui , après cent trente ans depuis la mort du duc Guillaume de Juliers , fait renaître les mêmes difficultés sur cette succession éventuelle, le roi de Prusse, de la maison de Brandebourg, poi^vaut rapporter pour raison de son opposition à cette réunion que les branches étaient séparées , lorsqu'à été passé le traité de 1669, qui semble ne stipuler que pour les descendans des contractans ; et l'empereur *, de son côté, trouvant son intérêt à soutenir le prince de Sulsback; parce que, si ee jeune prince venait à mourir sans enfans mâles, il alléguerait, poui* se mettre en possession de Bergh et Juliers, son ancienne raison de fiefs masculins, outre un second intérêt qu'il peut y prendre pour les princes de Saxe, ses alliés.

Il a paru en 1738 un ouvrage en deux volumes, où cette matière est discutée et très-bien éclaircie.

* Ceci a été écrit avant la mort dn dernier emperear, et du dernier électenr Palatin.

FIN DU LIVBE VINGT-HUITIEME KT DU TOXE GINQUIKMF..

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