‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 21 sur 195 · LIVRE VINGT-QUATHIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-QUATHIÈME

avait fait tant de bruit'. « Le temps nous apte prendra , m'écrivait HQnri , en m'ei| envoyant a une copie par le jeuneLona^nie., quels avantages a chacun en tirera* Le prince Maurice tient déjà ç< des discours comme s'it nç voulait pas la recea voir , ni la Zélande non plus, » La trêve par qù toute cette négociation aboutit à la fin ne fut con^ sommée ni publiée qu's^u commepcemeiMirde 1609, difierente^ difficultés l'ayant tçnue accrochée pendant tout le cours de 1608. Pour ne rien aA* ticiper , contentons-nous de dire qu'elle produisit en celle-ci une cessation totale d'hostilités , pen* dant laquelle on négocia sincèrement pour la paix. Le roi tint continuellement sur les lieux ^ Jeannin et Préaux , de. sa part Le roi d'Angleterre y fit aussi résider son député. Ce prince y donn£^ assez à connaître son caractère , tel que je Fai dépeint. Il ne tenait qu'à lui d'humilier une puis* sance qui lui était odieuse. La France > quoi*

' Voyez de Ttou, le Mercure français et autres historiens^ année 1607. On peut aussi consulter le volume 9981 des manuscrits royaux, rempli de pièces curieuses sur les affaires de$ Provinces-Unies.

* DeBuzenval venait d'y mourir à Leyde, le a3 septembre, homme de grande réputation chez les Français et les étrangers. « Pour honorer sa valeur et sa mémoire, disent les Mémoires « de f histoire de France, les États firent faire son enterrement ^ à leurs dépens, avec pareilles cérémonies et pompes qu'ils « avaient fait au prince d'Orai^. »

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qu'elle puisse mieux se passer qu'aucune autre couronne de ses voisins , lui en indiqua les voies , et offrit de lui en montrer l'exemple. Mais que peut-on attendre de ceux qui ne savent ni connaître le temps , ni saisir les occasions , ni rien exécuter , ni même rien vouloir bien positivement?

Sur l'avertissement donné par de Vie, qu'au mépris des traités , et malgré les déclarations réitérées des archiducs, nos voisins continuaient k travailler au fort de Rebuy, et qu'il serait bientôt en état de défense , le roi envoya à ce vice-amiral ordre de faire marcher de ce coté -là des gens de guerre , qui surprirent les ouvriers, et renversèrent tout leur travail , sans tuer , ni blesser personne. « Nos voisins , me mandait Yilleroi , « pourront bien s'en plaindre ; mais il vaut mieux « qu'ils soient demandeurs et complaignans que « nous. »

Les Grisons se déterminèrent enfin à en user à peu près aussi peu respectueusement avec les Espagnols , après les avoir trop long-temps ménagés. Les efforts que les mutins faisaient parmi eux pour mettre tout le pays sous la domination espagnole , et pour en chasser tous les réformés , venaient d'aboutir à une véritable sédition , dans laquelle le sénat découvrit que le comte de Fuentes avait fait jouer le principal rôle à l'évéque de Coire^

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