‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 22 sur 195 · LIVRE VINGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-QUATRIÈME

et à ses adhérais, par le moyen de deux pensionnaires d'Espagne qui en portèrent toute la peine. Ils furent saisis et abandonnés au bras séculier , qui en fit une prompte et exemplaire justice. Les hgaes firent en même temps lacérer publiquanent les articles de Milan , le seul Uen qui eut pu les tenir attachés à l'Espagne , et confirmèrent sôlenndlement leur alliance avec la France et les Vénitiens. Après ce coup d'éclat , les Grisons soutinrent qu'ils avaient plus que jamais besoin du conseil et de l'assistance de sa majesté. Le courrier qui vint demander l'un et l'autre , en apportant cette bonne nouvelle, ne mit que six jours à venir du fond de la Valteline.

Quoique le comte de Fueutes ne parlât publiquement que de venger l'affront fait à son maître, et qu'il affectât de grands préparatifs en Allemagne et en Suisse, on ne s'en émut guère en France-, où l'on était persuadé que, s'il pouvait, par toutes ces vaines menaces , reculer une décision sur l'af- Êdre de la Valteline , il n'insisterait que bien faiblement sur les deux pensionnaires et sur les articles mis en pièces. L'empereur avait assez de ses affaires particulières. Ayant entrepris d'ôter la liberté de conscience aux protestans de Transilvanie, un Transilvain nommé Bostkay s'était mis à leur tête , et avait si fort mal mené les troupes impériales , que l'empereur , dans la craiiite que

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les Turcs ne se joi^ssent aux mécontens , ayait été obligé de laisser ces peuples ai paix , et d'accorder à Bostkay la seigneurie du pays en propriété, avec quelque sorte d'hommage , ou plutôt une simple redevance. A Végard des cantons suisses, l'Espagsie: ^vail faiJen se douter que les ligues ne s'étaient pas portée à un pareil coup sans h. pslFticipatîon de ceux de ces cantons qui sont alliés du duché de Milan.

Le roi fit entendre aux Grisons qu'il ne les abandonnerait pas» Il promit la même chose à la petite république xle Genève, qu'il ne croyait pas indifférente pour ses grands desseins; il y fit tenir de l'argent , afin qu'elle pût maintenir ses forces en. étsAj et faire une abondante provision de munitious. Sa majesté fit plus; en envoyant porter à Genève ses lettres , toutes rempKes de témoignages de sa bienveillance, par Boesse, mestrede-camp du régiment de Navarre, et gouverneur des ville et citadelle de Bourg , elle fit offre à cette ville de la personne de cet officier , porur lui aider à conduire ses entreprises; et elle ne fit pas difficulté de lui communiquer les desseins qu'elle avait de faire dans Genève un magasins de canons et de munitions de guerre et de bouche, pour servir tant à ses besoins qu'à ceux de sa majesté dams ces cantons. La république répondit aii roi le a I avril , en acceptant avec reconnaissance ces

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