LIVRE VINOT-QtJATRliME
montre lui coûtait râr les six cent mille qu'ôîi mettait tous les ans dans le trésor royal dés deniers du taillon , oU que l'épargne , prenant cette somme sur l'ordinaire de la guerre , la rendit dans le temps où l'on avait coutume de payer ces com--. pagnies.
Quant à ce qui est du ressoi't de mes autres emplois, ce qui fut fait de plus considérable dans l'ar^ tiUerie^ c'est l'équipage entier pour un armement de galères dans un besoin, ouvrage que le roi loua fort. Je voulus lui en épargner une partie de la dép^Qse. J'avais trouvé, dans de vieux papiers de la grande-maîtrise , qu'il avait été donné sods, les règnes précédons plusieurs pièces d'artillerie aux capitaines desgalères^ pour armer celles qu'ils^ commandaient, avec engagement de les restituer ; ce qu'ils n'avaient point fait. Le conseil ^ à qui je communiquai cette découverte, jugea comme moi qu'on pouvait poursuivre cette restitution dans là personne des héritiers de ces officier» de vaisseaux. Mais , comme cette poursuite intéressait beaucoup de personnes de qualité, j'envoyai le duc de Rohati en demander la permission à sa majesté , en lui présentant le mémoire que j'avais dressé sur cetti» af£aire. Le roi consentit qu'on l'entamât, mais non pas qu'on la poussât à toute rigueur ; ce qui rendit mes soins inutiles. Il me parut qu'il aurait été bien plus convenable à ce prince de paraître avoi»
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ignoré ce £stit que d'en commencer les recherches , pour s'en désister ensuite.
Je fis dresser les plans de toutes les places et cotes de Bretagne que j'envoyais porter à sa majesté, afin qu'elle vît ce qu'il y avait à y faire. Je perdis cette année en Provence deux excellens sujets en ce genre , Botinefont , et le jeune Érard ' , qui n'était pas déjà moins bon ingénieur que son père : leur mort me fit beaucoup de peine. Je priai le roi, à qui l'on demanda incontinent leurs places , de ne pas en disposer que nous n'eussions bien examiné ensemble la capacité de ceux qui y prétendaient.
L'enlèvement de la fille du sieur de Fontange y par lequel je commence^l'article de la police, appartient aussi au précédent, puisque je reçus ordre de sa majesté de faire conduire du canon devant le château de Pierrefort, que Fontange, assisté de ses amis , assiégea en poursuivant le ravisseur. Les frais d'un siège le réduisirent bientôt à une grande nécessité, et l'obligèrent à avoir recours au roi. Ce prince, touché de la justice de sa cause , dans laquelle il ne pouvait guère se dispenser d'ailleurs d'entrer, en qualité de père commun
' N. Érard, de Bar-le-duc, fit, par orde de Henri le Grand, un tcaité des fortifications , qui est le premier que nous ayon$ sur cette matière. Son neveu, A. Érard, le fit réimprimer en i6ao.