LIVRE VINGT-QUATRIÈME
de ses sujets , renvoya la requête et le porteur à Sillery et à moi , en me mandant qu'il venait de donner ordre à du Bourg et à Nérestant ^ , de tenir leur compagnie prête à marcher , et à Noailles ^ de s'avancer pour exécuter ce que je jugersBS à propos qu'on fît en faveur deFontange; mais que, si je croyais que ce fât à lui à porter tous les frais du siège de Pierrefort , je Iç fisse au meilleur marché , et de la manière la moins onéreuse pour le peuple. Henri nous renvoya aussi Beaumevielle , qui était venu proposer un expédient dans lequel il trouvait , disait-il , plus de vanité que de fondement. Ce prince envoya Venterol se saisir d'un homme qui avait de mauvais desseins , et me dit de lui payer son voyage.
Le bon ordre de la police me parut encore blessé dans la d^ense que le juge de Saumur porta , de son autorité privée, de transporter des blés hors du royaume, et d'en vendre dans l'étendue de sa juridiction de Saumur. Je fit casser cette sentence au conseil, avant même qpe d'en avoir donn^ avis à sa majesté , et je fis de plus ajourner personnellement les officiers de justice qui l'avaient rendue.
'Philibert de Nérestant, capitaine des gardes de sa majesté, et nommé par elle, Tannée suivante, premier grand-msdtre de Tordre de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare.
' Henri de Noailles, comte d'Ayen.
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Le parlement de Rouen rendit deux arrêts , soviteaÙB fort bons par les uns, et par les autres, très-injustes; l'un sur la châsse de Saint^Romain , qu'il maintint dans le privilège de conférer grâce d'assassinat, quelque exécrable qu'il puisse être ^ ;
■ En faveur de Guillaume de La Mothe-de-Péhu, complice de l'assassinat de François de Montmorency, sieur de Hallot, Ueutenanl-général pour le roi en Normandie, commis seize %Xï^ {luparayant, d'uno manière trèsr<i|idigiie, par Christophe,, içarcpiis d' Allège. Henri lY, évoquant cette affaire à son conseil, modifia la grâce accordée à La Mothe, en le condamnant à neuf ans de bannissement , à plusieurs amendes pécuniaires, etc. La peine {lurait été plus griève, selon les appaf^oes, si la grande jeunesse du coupable n'eût diminué son crime. Ce prince avait déjà beaucoup retranché, dès l'an-» née i597, du privilège dont le chapitre de Rouen est en possession. Ce procès, qui fit alors un grand bruit, donna occasion d'examiner de plus près toute cette question. De ^ou, t. 4) p- 160,. Nicolas Eigault, son continuateur, et tous les savans, autant q^^'on le peut juger par la manière dont ce fait est traité dans le Mercure français^ année 1607, p. 179, ne balancèrent pas à taxer de fabuleux le miracle prétendu par lequel Saint Romain, archevêque de Rouen , délivra cette tille des futurs 4'ui^ monstre ^ ou serpent, vulgairemeut ap* pelé la Gargouille, aidé dans cette entreprise, par un criminel retenu pour meurtre dans les ptisgns, d'où est venu le privilège. Les titres eux-mêmes par lesquels on veut prouver qu'il a été véritablement accordé par plusieurs rois de France, ne soutinrent pas l'examen sévère de la critique, qui trouva partQut bieit des erreurs, des supposîtions et des feus^etés, pour les temps et les dates. On conjecture que le fondement de toute :oette piense fable est vu vrai miracle do saiatt archevêque, mais qm a pour objet une inondation, dont U licence