‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 39 sur 195 · LIVRE VINGT-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-CINQUIÈME

Je n'ai à rapporter dans les mémoires de cette axinée , no^ plus qme d^s ceux de la précédente , aucun de ices événem^ns ex:tra<H*dinaires qu'on lit avec horreur ou avec surprise. J'y continuerai mes détails ordinaires de gouyerneinent^ nouvielles de la cour et d-e 1^ vie privée de Henr^, aussi^bjien que de lanxiemue. L'iuversç passa touf, entier d/sips de plus grands divertissemw^ ençone <jue les années précédantes , et ûms de3 fêtes préparées avec beaucoup de m^ff^iA&eiice. Le roi av^t fait v^enir d'Italie des comédiens , dopt ils s'am:us^it v€4ontiers. Souvent il les mai^^dait à Fontainebleau , pour y joue^ en sa présence ; et eao mon absence, il ctommandâtt à mon fils ^u'o» eut grand soin de dbur |>ayer leurs appoin^em/ens. L'Arsensd était touji^urs l'endroit où s'eKécutiûeitt ces jeux ou ces spectacles , qui.demaiidaient c^elque préparation. Le roi y venait aiussi qcielque£bîfi courir la bague , Bûoi 9l)seiijt , <|iioiqu'il lui sem^ilâl: qu'il n'y ayaiit pas alors le même ondke et la même exaddttfde jque lorsque j'y étais. La reine et tous ks eoiurti^ans ne trouyaieut ipttlle part aoliaiQït d'agrément ^ans les apectades de 4j^é»tre. i'iiig^s Ëût/conâtraiire et

^1 m:émoiii£S de sully.

accommoder pour ce sujet une salle très-spacieuse , avec un parterre en amphithéâtre , et une grande quantité de loges dans plusieurs galeries, séparées les unes des autres, et ayant chacune leurs degrés et leurs portes particulières. Deux de ces galeries étaient destinées pour les femmes-; aucun homme n'y entrait avec elles : c'était un point de ma police que je ne souffrais pas qu'on renversât , et dont je ne regardais pas au-dessus de moi* de prendre moi-même le soin.

Un jour qu'on représentait un fort beau ballet dans cette salle, j'aperçus un homme qui tenait une dame par la main , avec laquelle il se préparait k entrer dans une des galeries des femmes : c'était un étranger, et je reconnus même aisément de quel pays il était à son visage basané. « Mon- « sieur, lui dis-je, vous chercherez , s'il vous plaît, « une autre porte , car je ne crois pas qu'avec « votre teint, vous puissiez espérer de passer pour ce une belle dame. Seigneur , me répondit - il , en « très-mauvais français, quand vous saurez qui je « suis, vous. ne me refuserez; point , je m'assure , (c la courtoisie de me laisser entrer avec ces belles « et blanches dames , quelque noir que je sois. Je « m'appelle Pimentel ; j'ai l'honneur d'être vu de « bon œil de sa majesté , et de jouer fort souvent « avec elle. » Cela était vrai , et trop vrai. Cet étranger , dont j'avais déjà entendu parler , avait gagné

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