LIVRE VINGT-CmQUifcME. l
roi, contre ses parens , contre tout le monde, que Henri croyait ne pouvoir jamais trouver le moment d'obtenir son consentement , et il m'exhortait bien à ne pas le laisser échapper. La grand'nière et quelques autres affîdés des duchesses, comme le confesseur La Porte, demeurèrent plus long-temps obstinés. Enfin tout s'apaisa , et le mariage s'accomplit'. Le roi ne guérit point parfaitement de l'idée qu'il avait que les Guises et tous princes lorrains n'eussent véritablement cherché à le tromper sous les apparences d'une extrême déférence. C'est ce qui fit que, Beauville, premier président de la chambre des comptes de Provence, étant mort , et le duc de Guise ayant demandé , pour un de ses amis, cette place, que la comtesse de Sault sollicitait, il la refusa à l'un et à l'autre. « Ils ont été tous deux de la Ligue : » c^est toute la raison qu'il m'en apporta, en m'écrivant de chercher, avec le chancelier, quelqu'un qui y fût plus propre.
C'était absolument contre mon sentiment et malgré toutes mes raisons, que Henri donnait, pour ainsi dire , droit à tout le monde de troubler son repos, en ne l'entretenant que d'avis conti-
' Le 7 juillet de Tannée suivante : « Les noces , disent les " Mémoires de Vhistoire de France , furent triomphantes et ' magnifiques. Le roi était tout brillant de pierreries d'un prix " inestimable, courut la bague, et l'emporta presque toujours. >>
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nuels contre presque toutes les personnes distinguées du royaume, catholiques ou protestans. On lui rapportait tantôt que le duc de Bouillon , Duplessis, et autres principaux de la religion, levaient des soldats et des officiers; tantôt, quils étaient d'accord, pour se saisir de difiEérentes villes , avec M. le prince, M. le comte, et tous ceux-là mêmes qui avaient le plus fortement soutenu la Ligue contre eux. Une autre fois, que le duc de Roannais tenait des assemblées en Anjou ; ce que Pont-Courlai me manda aussi. Mais rien n'alarma tant sa majesté que l'avis qui lui fut donné par un gentilhomme de Poitou ; car on voulait toujours que cette province fut le siège de la révolte. Cet homme disait s'être trouvé en personne à des assemblées d'un grand nombre de gentilshommes , agissant au nom de presque tous les grands du royaume joints aux protestans, dans lesquelles il était témoin qu'on avait pris jour pour s'emparer de cinq ou six villes, qu'il nomma, et délivré de l'argent pour faire provision des échelles , pétards , armes et munitions nécessaires à ces entreprises. Le roi était à Fontainebleau, sans suite, et seulement pour quelques parties de chasse , lorsque ce donneur d'avis lui fut présenté : ce qui fit qu'il le renvoya à Paris, à Sillery et à Villeroi, auxquels il donna sur tout cela de si amples mémoires, que le roi crut n'en pouvoir douter, et eh fut