‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 60 sur 195 · LIVRE VINGT-CINQUIÈME. l4l · texte numérisé non relu

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vir en cette occasion qu'en toute autre. Il y en avait deux autres, celui de la douceur et de la persuasion auprès des dames , et celui d'une décision en justice. Celui-ci était indubitable, à ne traiter même sa majesté que comme on fait le plus simple particulier : mais aussi à quelles longueurs n exposait-il pas , par les délais et les autres tours de la chicane! Les seules procurations de Lorraine , sans lesquelles on ne pouvait entamer la procédure, entraînaient un temps considé* rable. De deux mois il n'en fallait attendre la fin; encore, pour cela, fallait-il que sa majesté se mêlât de faire abréger en sa faveur les fonnalités ordinaires. En toutes manières , le parti de la douceur était le plus souhaitable, parce qu'outre qu'il faut toujours tendre à l'union, non-seulement des personnes, mais encore des familles, il reste encore bien des ressources à une fille qu'on a enlevée à ses parens et mariée malgré elle, pour réclamer sa liberté , lors même que l'observation de toutes les autres formalités semble la lui avoir fait perdre, surtout si on ne peut l'empêcher de recevoir sous main des conseils. Ce fut aussi le seul que je conseillai à sa majesté dans une longue lettre que je lui écrivis en réponse, et qui ne contenait rien de plus que ce qu'on vient de voir.

Il se fit, dans cette intention, plusieurs allées

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et venues chez les deux duchesses , chez le duc de Guise, sa sœur et la princesse de Conti, dont le roi m'informait très-exactement par Bullion et quelques autres. On tint pendant ce temps-là M. de Vendôme éloigné; sa majesté le donna à conduire à La Vallée en Bretagne. Pour moi , mon sentiment fut que personne n*était plus propre à manier cette négociation que le P. Gotton. Je conseillai au roi de s'en servir ; et l'on s'en trouva si bien, que, dans le temps que le roi commençait à croire plus que jamais qu'on ne sortirait de cette affaire que par la voie ordinaire de la justice , et qu'il avait même déjà écrit au premier président à ce sujet, ce père ramena tout d'un coup l'espérance de la voir finir autrement. L'art de diriger les consciences, dans lequel il excellait, lui fit d'abord gagner un premier point , qui n'est pas le moins essentiel ; je veux dire qu'on commençât par retrancher les invectives, qui ne faisaient qu'entretenir l'aigreur et l'antipathie. Le P. Gotton ne manquait pas d'aller, le plus souvent qu'il pouvait, rendre compte de ses progrès au roi, qui l'envoyait de temps en temps prendre l'avis du chancelier et le mien. Ge prince lui sut fort bon gré du service qu'il lui rendit dans cette occasion. La mère et la fille s'adoucirent les premières, non pas sans que la duchesse fît encore essuyer tant d'inégalités et de mauvaise humeur contre le

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