LIVRE VINGT-CIJVQUiiME
a voqs dire ? ) Que je ne demande, Sire , que le préce vôtMoret, et vingt sirchers, pour vous en rendre « bon compte. Vous le voulez , dit enfin ce prince , « vaincu par ma persévérance, et moi aussi: s'il en « arrive inconvénient , je m'en prendrai à vous. » Il n'en arriva rien , sinoq qu'avec yingt chevaux ppur toute armée, je fis prendre tous les accusé^, dont il n'y en eut que fort peu de punis , sa n^jesté ayant trouvé que la plupart étaient innocent , et que les autres ne valaient pa$ la peine qu'on s'y arrêtât. L'assemblée des protestans , qu'il était nécessaire de faire cette année pour nommer deux députés généraux , parut ^u roi mériter encore plus d'attentpion , à cause de 1^ conjoncture. Il me nomma pour y assister : c'était pour la troisième fois ; et afin que je pusse le faire commodément, il l'indiqua à Qergeau , dont j'étais gouverneur , et où je pouvais tout conduire de Sully , qui vient jusqu'aux pprtes de cette ville. Je ne dirai rien ^e mes instructions. L'assemblée n'avait encore pris aucune forme le 3 octobre , que j'écrivis pour la première fois à ViUeroi , quoiqu'elle eût commencé quelques jours auparavant , parce qu'on attendait encore quelques députés provinciaux : lorsjque je vis que d'un seul mot , que j'avais dit en public et en particulier, j'avais fe^^é la bouche aux malintentionnés, dès-lors je répondis à sa majesté qu'il ne s'y ferait rien contre sa volopaté ; ce
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qu'elle ne voulait pas croire. Toutes ses lettres et celles de Villeroi n'étaient pleines que de ses sujets de mécontentement contre les protestans. « Renvoyez-moi promptement mon courrier, m'é- <c crivait-il ; il y a des esprits à Gergeau qu'il n'est a pas besoin quUl flaire. Ils vous ont traité en ca- « tholique ; je savais bien qu'ils le feraient , et j'ai « vu une lettre de Saumur, depuis quatre jours, « qui en prescrivait la forme. »
Il est vrai qu'il y eut quelque tumulte au commencement, principalement sur ce que sa majesté avait établi deux gouverneurs catholiques dans les villes de Montendre et Tartas , qu'ils disaient leur avoir été cédées par le roi : ils appuyaient leurs demandes par la teneur des édits , et se plaignaient d'avoir ainsi perdu Caumont. Ils me députèrent, sur ce sujet , à Sully, Chambault , du Bourg et du Ferrier, avec toutes sortes de paroles de soumissions à sa majesté , à laquelle ils concluaient de députer sur cette affaire deux ou trois personnes du corps. Je cherchai à les en détourner , parce que je savais bien que Henri ne verrait pas favorablement cette députation : je leur dis que je n'avais aucune commission pour traiter de ce point , et que j'en écrirais ài sa majesté. Je m'excusai de me mêler de Mont-Cenis, autre place du genre des deux premières , parce qu'elle appartenait à M. le comte.