‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 64 sur 195 · LIVRE VINGT-CINQUIÈME. l · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-CINQUIÈME. l

J'écrivis à Villeroi la proposition de l'assemblée, et je le chargeai de représenter au roi que , s'il voulait qu'elle ne tirât pas en longueur , il fallait la satisfaire sur ce qu'elle demandait de juste , ou promettre du moins de le faire , en répondant à ses cahiers; à quoi sa majesté consentit. Cet article expédié , qui était l'un des huit dans lesquels se renferma l'assemblée , je fis voir qu'il y en avait cinq autres qui ne méritaient que d'être portés au conseil , comme étant de la compétence de ce tribunal; et l'on se réduisit à l'affaire principale, qui était de nommer deux députés. Sa majesté notifia ses intentions sur cette matière , conformément à ce qu'on a vu ci -devant assez au long lorsque j'ai traité de l'assemblée générale tenue à Cbàtellerault ; et cette question fut encore conclue avec une égale satisfaction des parties , par la proposition que je fis au roi de Villarnou pour la noblesse , et de Mirande pour le second ordre. Le premier aurait été nommé dès l'année précédente , si ce n'est qu'il fut proposé contre la forme prescrite par sa majesté. Il alla incontinent recevoir ses ordres , avec une lettre de ma part : le roi l'instruisit en deux mots des devoirs de sa charge, et parut fort content de ce choix.

L'assemblée ne dura plus, après cela, qu'autant de temps qu'il en fallut pour recevoir le brevet d'acceptation des députés, et tout fut fini avant

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le i^' novembre. Le roi insistait surtout , dans toutes les lettres qu'il m'écrivait, sur une prompte expédition : les invitations ' à revenir au plus tôt près de sa personne , et les marques ordinaires de sa bienveillance remplissaient presque tout le reste. Le dernier courrier que je lui dépêchai trouva sa majesté à l'Arsenal, d'où Yilleroi me mandait qu'elle était revenue aussitôt à sept heures du soir, qu'elle l'avait fait m'écrire à huit , ne voulant pas le faire elle-même , afin de ne pas retarder l'heure du courrier.

Je rendis à ce prince un' compte encore plus exact que je n'avais fait dans mes lettres de tout ce qui s'était passé à Gergeau , et des dispositions pacifiques d'un fort grand nombre de gens de bien , que j'avais trouvés dans le corps protestant. Je le retrouvai à Fontainebleau, où il ne fit pas un moindre séjour cette année que les précédentes. Il s'y en retourna à la mi-mai , après le court voyage à Parts dont j'ai parlé , et il y passa les mois de juin et de jjiiillet entiers. De retour â Paris, au mois d'août , il fit un tour à Saint-Germain , ensuite un autre de quinze jours à Monceaux , d'où il revint à Paris , après avoir passé par Fontainebleau , au commencement d'octobre : je n'étais pas encore revenu de Gergeau. A la mi- octobre il repartit pour Fontainebleau , d'où il revint à la mi - novembre à Paris pour expédier les affaires. J'ai

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