‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 67 sur 195 · LIVRE VINGT-CINQUIÈME. l · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-CINQUIÈME. l

mellement contraires. On arracha pourtant, à force de sollicitations , cette sorte d'agrément quon appelle expectative en style romain, et que le jeune prince pourrait porter dès à présent le titre d'évêque de Metz. Valerîo rapporta cette nouvelle à Fontainebleau , à la fin d'avril, et le roi me manda aussitôt de le dire à madame de YeN neuil.

Ce manque de complaisance de Paul Y lui fut bien rendu par sa majesté , lorsqu'à sa sollicitation , les cardinaux et prélats du royaume vinrent lui renouveler leurs instances pour la publication du concile de Trente en France, sans être rebutés d'une infinité de tentatives inutiles, qu'ils avaient fûtes en différens temps sur ce sujet. Henri leur répondit que , si Ton n'avait pu faire approuver ce concile à François 1®"^ , Henri II et Charles IX , quoiqu'ils n'eussent aucune des obligations qu'il avait aux protestans , ni ne leur eussent accordé des édits aussi favorables qu'il avait fait , ils ne devaient pas s'attendre qu'il y donnât jamais les mains. Il leur fit envisager tout le mal qu'était capable de faire dans le royaume l'acceptation dont ils lui parlaient ; et il leur déclara enfin qu'il n'était pas d'humeur d'établir l'inquisition en France , et qu'il trouvait très-surprenant ( car il sentait bien qu'on pouvait toujours lui faire cette objection) que ses agens à Rome eussent

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pu faire de cette étrange clause l'une des conditions de son absolution. Sa majesté leur accorda seulement l'établissement de la messe en Béarn ' .

Le collège romain perdit cette année les cardinaux de Lorraine, Baronius et de Joyeuse (le célèbre P. Ange ). Le duc de Florence et le fameux Scaliger moururent aussi ; et en France , le chancelier de Bellièvre et Miron*.

* L'exercice de la religion catholique avait été rétabli en Béarn, dès le temps de l'édit de Nantes. Il y a donc faute ici, et au lieu de la messe, il faut lire des jésuites,

• François Miron, maître des requêtes, intendant du gouvernement de 111e de France, président du grand-conseil, prévôt des marchands, lieutenant-civil en la prévôté de Paris, etc., mowut au mois de juin de cette année, extrêmement regretté pour sa probité et ses autres bonnes qualités. Ses partisans lui surent si bon gré de la fermeté avec laquelle il résista au surintendant, à l'occasion de l'arrêt du conseil, qui, l'année précédente, fut porté pour la suppression des rentes de l'hôtel-de-ville, et des hardies remontrances qu'il fit au roi sur ce sujet, qu'ils s'attroupèrent, et vinrent d'une manière séditieuse, pour le défendre dans sa maison contre les menaces du conseil. Péréfixe, qui rapporte ce fait, convient que la recherche contre les rentiers était en soi fort juste, et cependant il en blâme les auteurs, « parce que, dit-il > la « plupart de ces rentes ayant changé de main, ou ayant ele « partagées, c'était troubler une infinité de familles. Miro"» « ajoute-t-il, pria instamment les bourgeois de se retirer, et « de ne le point rendre criminel , leur remontrant qu'il n y « avait rien à craindre ; qu'ils avaient affaire à un roi qui était

« aussi grand et aussi sage, que doux et équitable, et qui ne

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