LIVRE VINGT-CIISIQUIEME. l
tout l'été, ne voulant les renvoyer à Saint-Germain que bien avant dans le mois de novembre : alors il me donna ses ordres , comme à l'ordinaire , de les faire ramener avec madame de Monglat dans les carrosses et litières de la reine et de la reine Marguerite , et de dire à la marquise de Vemeuil d y renvoyer aussi les siens , la petite vérole étant à Parfs dans ce mois-là.
Lé fils de cette dame , qu'on appelait le marquis de Vemeuil ' , était destiné par le roi , son père , à l'Église ; et l'évêché de Metz étant venu à vaquer , il songea à le lui foire tomber. Il y avait sur cela trois grandes difficultés, du côté de la nomination de ce prince, de sa naissance illégitime et de son âge, car ce n'était encore qu'un enfont. Il était au pouvoir du chapitre de Metz de lever le premier de ces obstacles en postulant le jeune prince ; et si la chose était trop difficile, en postulant du moins le cardinal de Givry*, comme évêque ou comme administra-
' Henri de Bourbon, marquis, ou, selon quelques autres, duc de Verneuil, ensuite évêque de Metz. Si Paul V se montra si difficile sur révéché de Metz, Innocent X le fut encore davantage, car il refusa nettemeiH de donner la pourpre à ce prince. Il jouissait de plus de quatre cent mille livres de revenu en bénéfices, lorsqu'il les quitta tous, en 1668^ pour se marier à Charlotte Sèguier, veuve de Maximilien-François, troisième duc de Sully. Il mourut en 16S2.
* Anne d'Ëscars, cardinal de Givry.
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teur , parce que de ses mains il aurait été facile de le faire passer ensuite entre celles du jeune de Vemeuil. Ce chapitre a le double droit de se choisir un évéque , dans le cas de k résignation et de la vacance par la mort; et de donner l'administration des reveùus de l'évéché à qui bon lui semble. Il ne fut point besoin de détour auprès du chapitre ; il ne se fut pas plus tôt aperçu que c'était &ire plaisir au roi de nommer son fik , qu'il fut postulé et nommé tout d'une voIjc.
Le pape pouvait seul accorder la dispense nécessaire pour les deux autres points , de la naissance et de l'âge. Pour l'y engager, sa majesté envoya le duc de Nevers' à Ron^e lui rendre l'obédience. Valerio , courrier de Rome , reçut à Paris toutes sortes de bons traitemens , qui ly retinrent jusqu'à la fin de mars ; et lorsqu'il en partit , une bonne somme d'argent le disposa a travailler efficacement avec notre ambassadeur a faire réussir la négociation auprès du saint père. La marquise de Verneuil n'y oublia rien de son côté. Malgré tout cela , on ne put obtenir du pape que la moitié de ce qu'on lui demandait. Il accorda sans peine la dispense de la naissance, et il se retrancha pour la seconde stir les canons et la discipline ecclésiastique , qui y étaient lor-
* Les mémoires du temps parlent de l'entrée magniftt|w*' ^ de la réception de ce duc dans Rome.