‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 86 sur 195 · LIVRE VINGT-SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-SIXIEME

répondre, et promettre qu'elle ne s'en fâcherait pas. «c Ce que j'ai à vous demander , reprit-il , n'est « pas de cette nature : » et il me dit tout ce qu'il avait sur le cœur. Après que je me fus justifié par les sermens qu'il savait que je n'employais jamais en vain , son étonnement succéda au dépit, et je o'en eus pas un moins grand.

Mais il ne se passa pas trois jours sans que je visse clair dans cette énigme. Une lettre écrite de la propre main du P. Cotton au P. Ignace , jésuite à Moulins , qui me fut rendue le surlendemain , dans un paquet venant dé Boiurges ^ me mit au £ait. Muni de cette lettre, qui me donna une vraie joie, je m'en allai trouver le roi, qui arrivait au Louvre avec la reine,. au-devant de laquelle il s'était avancé jusqu'à Anet. Après quelques discours sur Anetetsur Chantilly, je lui dis: <c Sire, vous « me demandâtes l'autre jour mon serment que je « vous dirais la vérité ; ne trouverez-vouspas mau- « vais , si j'ose vous prier à mon tour de me dire « si vous n'avez jamais parlé à d'autres personnes « qu'à moi de ce que vous m'accusiez d'avoir ré- « vêlé ? Si cela n'est pas , il faut que parmi ceux a qui vous approchent il y en ait qui ont un esa prit familier et savent deviner les pensées. » Le roi sourit en me donnant un petit coup sur la joue, et m'embrassa ensuite. « Je souhaite trop , « me dit-il , que vous soyez toujours sincère avec V, j4

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et moi pour vous donner l'exemple d'un mensonge. « 7e vous avouerai donc que j'en ai encore parlé « au P. Ck>tton et à Béringhen. Pour celui-ci , je c répondrai bien qu'il n'en a dit un mot. Aussi « n'est-ce pas lui , repris-je , mais le jésuite ; cette «r lettre, ajoutai -je, ai la lui mettant entre les « mains, vous le prouvera. » Sa majesté la lut, et la voici transcrite toute entière :

« Mon R. P. Fax Christi, Je ne vis jamais écrire c si peu souvent , et désirer si souvent de le faire, a y. R. en jettera la coulpe , s'il lui plaît, sur mes ce occupations , notamment en ce temps. M.' de «r Citeaux se contenter^ d'une abbaye proche la ce sienne , qui est à un chanoine de la Sainte-Chacr pelle , septuagénaire ; et moyennant ladite abcc baye, il nous fera accorder par le chapitre géné- « rai , qui se tiendra environ la Pentecôte , ce que « nous désirons de Bellebranche. Il y a du trouble « à Orléans sur le fait du collège , par les menées ce de la prétendue ; mais Dieu sera le ipaitre. Le a roi a écrit aux maires et échevins , à M. d'Or- « léans , M. le lieutenant-géné|ral , M. le prévôt , ce son procureur d'office, et à M. de La Châtre. Je « joignis les miennes à M. d'Escures , qui part dea main , et promet de par&ire le tout. Le roi a eq- « cône accordé trente mille livres à la Flèche , sur « l'avis que je communiquai à Y . R. Sa majesté ^ part mardi pour Chantilly , et la reine , quatre

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