‹ Mémoires du duc de SullyChapitre 49 sur 78 · LIVRE TRENTlilME. l3l · texte numérisé non relu

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méine. L'avis dç Henri était qu'il fût compo^, par exemple, de quatre commissaires pourchacim des potentats suivans, l'empereur, le pape, les rois de France, d'Espagne, d'Angleterre, de Danemarck , de Suède ^ de Lombardie , de Pologne, la république vénitienne ; et de deoK seulement pour les autres républiques et moindres puissances; ce qui aurait fait un sénat d'environ soixante • dix personnes, dont le choix aurait pu se renouveler de trois ans en trois ans.

A l'égard du lieu, on déciderait s'il était plus à pi^opos que ce conseil fût permanent qu'ambu* Utoire, divisé en trois que réuni. Si on le partageait par portions de vingt-deux magistrats cha*^ cune , leur séjour devait être dans trois endroits qui fussent comme autant de centres commodes , tels que Paris ou Bourges pour l'une; Trente oi* Cracovie, ou leurs environs , pour les deux autres. Si on jbgeait plus expédient de ne point le divi<» ser , lé Heu d'assemblée , soit qu'il fût fixe ou am-. bulatoire , devait être à peu près le cœur de l'Europe , et être par conséquent fixé dans quelqu'ulie do& (quatorze villes suivantes, Metz , Luxembourg, Nancy, Cologne, Mayence, Trêves, Francfort, Wirtzbourg, Heidelbeijg, Spire, Wonns, Strasboui^, BMe, Besançon.

Je crois qu'outre ee conseil générjil , il eût encore convenu d'en formcir un certain nombre de-

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igôindres pour la commodité particulière de différens cantons. En en créanf six , on les aurait placés, par exemple, à Dantzick , à Nuremberg, à 'Vienne en Allemagne, à Bologne en Italie , à Constance, et le dernier dans l'endroit jugé le plus ôommode pour les royaumes de France, d'Espagne et, d'Angleterre , et la république belgique , qu'il regardait plus particulièrement. Mais quels qu6^ fussent le nombre et la forme de ces conseils particuliers , il était de toute utilité qu'ils ressprtissent par appel au grand, conseil-général , dont les arrêts auraient été autant de décrets irrévocables et irréformables , comme étant censés'émanér de l'autorité réunie de tous les souverains , prononçant aussi librement qu'absolument.

vMais laissons tout ce qui se borne à des spécula- ^tions ) ailxquelles l'expérience et la pratique auraiëut pu apporter bien des changemens , et venons aux moyens employés par Henri pour ficiliter l'exécutiqu de son grand dessein. J'éviterai, autant qu'il se poxirra , de répéter ce qu'on a lu en différens endroits de ces mémoires. .

Il avait toujours paru à Henri de la dernîèife conséquence de pouvoir s'assurer de quelqu'un des plus puissans princes de l'Europe pour con* certer avec lui tous ses projets; c'est ce qui fit qu'après la mort d'Elisabeth, qui avait uni . d('un nœud indissoluble l'intérêt des jdeux couronnes

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de France et d'Angleterre , on mit tout en œuvft pour faire passer tous ses sentimens au roi Jacques^ son successeur. Si j'avais pu y réussir dans l'ambassade solennelle , dont j'ai rapporté les particularités , jusqu'à £aire consentir ce prince que son noHT parût tout ouvertement à côté^ de celui de Henri , cette fraternité d'armes , surtout si eHe avait été grossie de la même manière, des noms des rois deDanemarck et de Suède , aurait épargné la peine et les difficultés de bien des négociations. Il fallut se contenter , comme on l'a vu , auprès du roi d'Angleterre , des mêmes promesses qu'on exigeait dans les autres cours; c'est-à-dire, que non-seulement il ne s'opposerait point à la confédération , mais encore qu'après que Henri aurait rendu ses desseins publics, il se déclarerait pour nous, et contribuerait de la même manière que les autres intéressés ; ce qu'on gagna à la fin d'autant plus aisément , qu'on trouva un tempérament qui ne coûtait rien à la paressé naturelle dfe ce prince, qui fut de faire exécuter par le prince de Galles, son fils, ce qu'il balançait à entreprei)dre sous son nom. Sitôt que celui-ci eut obtenu -de spn père que du moins il fermerait les yeux sur ses démarches , il prévint tous les désirs dé Henri , animé du désir d'acquérir de la gloire et de se. rendre en même temps digne de l'^time de Henri et de son alliance ; car il devait épouscl?' l'aînée

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Ass filles de France. Il m'en écrivit plusieurs fois , et m'en fit écrire par Saint- Antoine , en ces termes : il '^ ajouta que le roi de France pbuvait compter sur six mille hommes d'infanterie et qùinse cents chevaux, qvi'il s'obligeait de lui mener; et dans \jL suite ce nombre fut augmenté de deux mille fantassins et de huit canons, soudoyés et entretenus aux frais de l'Angleterre pendant trois ans.aù moins. Le roi de Suède ne se montra pas naôms'zélé pour la cause commune, et le roi de Danemarck p^rut aussi être dans les mêmes dispositions.

On négociait pendant ce temps -là sans 'relâche dans les différentes cours de l'Europe , particulièremept dans les cercles d'Allemagne et les Proviûiîes-Unies , où le roi tenait pour ce sujet Boissîse, Fresne-Canaye, Baugy, Ancel et Bongars. Le conseil des États fut bientôt d'accord ; le prince d^Orange envoya les sieUrs Malderèt ^t Brederode offrir de leur part au roi quinze mille hommes d'infanterie et trois mille de cavalerie. Ils furent suivis de près par le laridgrave de Hesse et le prince d'Anhalt, auxquels on eut robli|[ation , ainsi qu'au prince d'Orange , de voir en assez peu de temps grossir la liste dé confédération , du duc de Savoie , de tout ce qui tenait dans la Hongrie , la Bohême et la Basse- Autriche , pour la religion réformée, de quantité de villes et de

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