‹ Mémoires du duc de SullyChapitre 50 sur 78 · LIVRE TRENTIEME. l · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIEME. l

princes protestons d'Allemagne ; *enfin de tous les. cantons suisses , de la religion ; et lorsque la succesMon de Oèves , qu'on voyait Fempeffeur se disposer à usurper, fut devenue un autre motif d'engagement , il n' j eut presque plus rien en Allemagne qui ne fut pour nous , comme le prouve assez le résultat de l'assemblée général^ à Hall. On s^irait suscité à l'électeur de Saxe , qui était peut-être demeuré le seul du parti contraire , un embarras , dont il eût eu de la peine à se démêler; c'était de lui mettre eii tête la branche de Jean - Frédéric , dépouillé de cet électorat par Gharles-Qùint. ^

Il y avait plusieurs de ces puissances auxquelles je suis persuadé qu'on n'eût rten risqué à s'ouvrir sur le fond même de l'entreprise, qui l'auraient Éaême secondée avec d'autant plus de chaleur, qu'elles auraient vu qu'on se serait porté plus oujferteflaent à la destruction de la grandeur autrichienne : tels étaient assurément les Vénitiens, les Provinces-Unies, et presque tous les protestons , surtout les évangéliques d'Allemagne. Mais , cèmme on ne pouvait apporter trop de précaution pour ne cas indisposer contre la nouvelle alliance les puissanees catholiques qu'on cherchait à y engager , on se donna bien de garde de rekidre d'abord publics les vrais motifs , ni toute l'étendue du projet coifcerté. Le secret de l'in-

l36 MEMOIRES DE SULLT.

trigue fut , dans. le commençaient, caché à tous , sans exception , ensuite rèyélé à un très - petit nombre de personnes , dont on crut avoir absolumeQt besoin pour gagner et attacher les autres ^ et qu'on ne put soupçonner d'indiscrétion^ L'association ne fut fort long-temps présentée à tout le reste que sous l'idée d'une espèce de traité de paix générale, dans lequel on renfermerait ce que l'utilité publique et le bien général de l'Europe pourraient inspirer de moyens pour arrêter les progrès. du pouvoir excessif de la maison d'Autriche, Nos ambassadeurs et nos agens n'eurent ordre que de demander à ces princes un renoci-v vellement ou un commencement d'alliance , pour travailler plus efEca^ement à la paix; de les consulter euX-mémes sur les moyens d'y parveûiff de paraître n'être envoyés que pour les diercher avec eux; de les sonder cependant^ et, suivant les dispositions où on les trouverait , de jeter , comme au hasard et par conjecture , quelque idée d'un nouvel ordre plus propre à maintenir l'éadl» libre. en Europe, et à assurer à 4||^que reli^n le repos dont elles n'avaient pu jouir jusqu'à pi'ésent. Les propositions d'alliances p^r mariages furent très-utilement mises en usage auprès des rois d'Angleterre et de Suède ^ et des ducs de Savoie et de Lorraine. C'était un point décidé de faire épousçr au dau^in l'héritière de Lorraine , ce

Page 1