PAR M, LE COMTE DARU
Les hommes qui appartiennent à l'histoire doivent être représentes en action. Gomment peindre Sully sans rappeler les guerres , l'administration i, les négociations auxquelles il eut une si grande part ? Comment l'isoler de tout ce qui l'environnait, et surtout de ce grand roi dont il fut le compagnon d'armes ^ le ministre et l'ami ?
Maximilien de Béthune , baron de Rospy ^ était né en i55g^ et par conséquent moins âgé de six ou sept ans que le roi de Navarre. Il n'en avait que onze lorsqu'il fut présenté
' Extrait de la Galerie française, et dont nous sommes râ^devables à l'obligeance des éditeurs.
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à ce prince , qui lui dit en l'embrassant « qu'il <c admirait sa gentillesse ^ et ne doutait pas ^ « vu sa bonne race , qu'un jour il n'en fît <c paraître les effets en Vrai gentilhomme ; » lui donnant sa parole de l'aimer toujours, lui promettant qu'il ne se présenterait jamais occasion de lui faite acquérir du bien et de l'honneur qu'il ne s'y employât de tout sou cœur.
Cette illustre amitié , si toutefois on peut déjà lui donner ce nom , offrait à la fois de la gloire et des périls. Ils commencèrent presque attssitôt. L'hdrrible massacî'e du â4août 1672 , qui coûta Id vie à cent mille citoyens, faillit à privet la France d'un enfant appelé à avoir Une si grande influence sur les destinées de sa patrie, *-
Le jeutie Rosny ^ qtii faisait alors ses études à Parii^ , fut éveillé par le bruit des cloché* et par les cris des assassins et des victimes, Sotl vulet de chambré se hasarda dans les rues pour aller apprettdre la cause de ce tu- Bfmlte ; mais il né répartit point. Son gouverneur sortit ensuite ; il ne revint plus. Oti n'a jamais su ce qu'ils étaient devenus. L'incertitude de leur sort devait inspirer de vives
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içraintes sur un enfant reste seul dans une maison étrangère. Le maître de cette maison^ qui était catholique ^* lui proposa ^ pour le sauver, de le mener dans une église. Rosny s'y refosa et résolut d aller chercher un asile dan$ son collège. Vêtu de sa robe d'écolier , un livre sous le bras , il se mit en chemin , seul , au milieu de la nuit» Sur sa route , il Toyaît des troupes de meurtriers courir , enfoncer dés portes ^ piller des maisons ^ masiMCerHiommes , femmes , enfans , et de toutes parts il entendait crier tue, tue! Obligé de passer devant trois colps- de-garde , il y fut arrêté , rudoyé ; on voulut voir quel livre il portait : heureusement c'étaient des heures catholiques , qui lui servirent de passe-port. Il artiva enfin à la porte du collège de Bourgogne ; mais le portier refusa de la lui ouvrir. •E'^prës bien des instances v et moyennant quatre testons , cet homme voulut bien aller demander les ordres du principal^ nommé Lafaye , et lui dire que le petit Rosny était là. Le principal , ému de pitié , se détermina à faire entrer 1 enfant, « Empesché toutes fois « de ce qu'il en ferait 4 li cause de deux eccl^ if. siastiques qui étaient dans sa chambre, et
« qui disaient y avoir dessein formé de tue# <£ tous les huguenots , jusques aux enfans à <c la mamelle, et cela àiexemple des Vespres a Siciliennes. Néantmoins , ce bon person- <c nage le mit dans une chambre fort secrette , (c dans laquelle personne n'entra que-son ce valet qui lui portait des vivres. »
Le roi de Navarre, prisonnier au milieu de la cour après cette nuit horrible^ s'écNappa pour aller se mettre à la tête des mécontens. Le jeune Rosny s'empressa d aller le joIndMil^ quoique n'ayant pas encore achevé ses études , et il débuta par rar<|bebuse , « qui n'estait « pas un chemin pour rendre un homme sçaa vaut aux lettres et sciences humaines. »
C'est ici que commence sa vie politique ; il avait à peine seize ans. *^'
Le patriotisme ^l'amour de la gloire et l'amitié multiplièrent dans le même homm^ des talens qui se signalèrent par des services fort divers. Son ardeur et son dévouement dans les combat», sa prudence et sa droiture dans la politique , son courage et ses grande^ vues dans l'administration auraient suffi pour lui acquérir une brillante renommée dans chacune de ces carrières, si l'éclat des servi-*
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ces du. ministre n'eût capjdyë la reconnaissance des contemporains el: l'admiration de lapo/i^ritë, jusqu'à £ûre oublier quelquefois le guerrier et le négociateur. Vingt ans de combats suffisaient sans douté ^ur illustrer un i^plohtaire qui dès sa première campagne mentait les hMiorables reproches de son maître par sa Àérité. .
IJiie multit^^ de ces coups audacieux qui semblent appartenir aux mœurs chevaleres-
. ^gjmi^le ces temps qu'on eS: convenu d'appe- Im' héroïques, l'assaut de Villefranche,-^ il fut renversé du haut ^ffes remparts dans le fossé ^ quatorze blessures, justifiaient, assez l'aimable colère du roi qui s'écltait : ce Allez « dire à Rosny qu'il est étourdi comme un (c fariteneton ; il aèfera tuer. »
Mais^ dans les bataille^rangées , le jeune
^^rrier ne "contribuait pas jv>ins à la vic^ toire par sa présence d'esplit que par son courage. A Ceutras-ij;; il décide le succès par l'habile emploi de l'artillerie , coqsistant êti «trois pièces de canon; à Fosseuse, îl charge cinq fois les ennemis ; à Arques , il soutient tout l'effort de la cavalerie du duc de Mayenne ; à Ivry , couvert de sept blessures, laissé par^
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mi les morts , il est trans{)orté sur un brancard avec ses arides brisées., et Henri court à sa rencontre pour l'embrasser et le proclamer vaillant chevalier.
Maigre cette activité guerrière ^ il se livre avec la patience d'un espiit réfléchi kjous les soins qui préparent les 8i||Bces. Pendant le siège d'Amiens , placé à la tété de l'adminia^ tration ^ il £iiit régner une ^le abondance dans te camp ^ qu'on disait que Paris avait été transporté à l'aimée. Aux sièges de RofMMi < de Breux^ de Laoci , de la Fère, e'^est lui- qui dirige l'artillerie. Il 4pi étudie les efiéts ^ ien perfectionne les moyens, et prouve par la pi^ise de MiÉitmélian les progrès qu'il a fisiit fisûre à cet art.
Au milieu de tant de périls qu'il partaglait avec Henri , un échange de mots heureux montre égaleipent la bonté de Ihm , le nobkjj^ dévou«me|^t dei^uti*e <, et l'héroïsme de tous les deux. <c i — Rosoty , ce n'est pas là que je (DcVeux qiifi vous vous fassiez tuer. — Rosny , «c je vous défends de sortir sans mon ordre. ». Dans une autre occasion , ou c'était le roi qui avait méFÎtéia néprimaiMle^ a Par Dieu, siee^ A voilà une bdle levée de boucliers ; ne vouf-
ÉUOGE DS SULLT. ikO'J
a lez-oYOUs pas faire aussi le carabin? i> Et lors^e Henri ^ piqué , lui répond : « Voilà « uo^liscours de geiij^qui ont peur ; — Oui;, <c sire ^ nous ayons peur^ mais pour vous. »
Enfin ces paroles mémorables que la flatterie même n'oserait adresser qu a peu de rois :
Qc Vous SLveii assez fait l'Alexandre ^ il est «c temps que vous soyez Auguste* »
Cette amitié réciproque ^ qui se manifestait si naïvement^ fiit quelquefois troublée pW; des orages , surtout lorsque Rosny , par* veou à la puissance et aux honneurs , sft vit environné d'ennemis «t d'envieux. Mais ces brouilleries momentanées n'en faisaient que mieux ressortir l'élévation du Caractère du sujet et l'excellent cœur du monarque. Un joutf que RosnywAvait servi de témoin dans im duel entre deux gentilsJiômmes fort aimas ^u roi , Henri lui adressa de iriolens reproches et s'emporta jusqu'à tejneqgcçr de lui Éaire trancher la tête. L\i réponse de Rosny fut altière ; il dit à Henri , qui n^était encore que roi de Navarre , que , sans être ni son sujet ^ ni son vassal^ il était entre à son ser*-* vice par pure affection , à ses dépens ^ pour acquérir de là gloû^ , et non pour perdre la
ao8 léLOGE D£ SULLT.
vie honteusement : partant qu'il était résolu de se retirer , bien sûr de ne pas manquer de maîtres. Le roi repartit que les chemins étaient libres et qu'il ne manquerait pas , lui ^ (fe serviteurs. Mais la reine et la duchesse de Navarre amenèrent bientôt une réconciliation , et Henri fit à Rosny meilleure chère qu'auparavant.
Parvenu à l'âge mûr et plus^oigneux dé sa fortune, Rosny sut réprimer cette fierté impatiente ; d'ailleurs , dans ces bouderies p«»sagères, c'était ordinairement le roi qui révenait le premier. Il* avait chargé son ami d'une négociation difficile ; il ne s'agissait de rien moins que de déterminer une princesse capricieuse à un mariage qui la contrariait. La proposition fut reçue avec*colère, le négociateur accablé de reproches et calomnié auprès du roi par la princesse^... qui l'accusait de lui avoir manqué. Les rois veulent qu'on réussis'se ; Henri , piqué, manda à Rosny de faire des excuses. Celui-ci , recevant une lettre sévère, et même dure, ne put s'empêcher de s'exhaler en plaintes sur la malheureuse condition des courtisans.
«Auprès des rois, s'écria -t- il, un verre
ÉLOGE OS SULLT. !kOg
« casse fait oublier vingt ans de service. Il y ff en E'plus de vingt-quatre que je sers celuiflcci à mes dépens. Il s'est trouvé en peu de « périls et de mauvaise fortune que je ne les « aie courus. Voyez un peu ce qu'il in^êsérit^ (c et s'il n'a pas tort de me tenir un si aspre a langage ^ s'il ne me donne pas sujet de le « servir cy-après avec un peu moins de pas- «sion; car de ^ le quitter tout- à-fait et me « retirer chez moi , ayant tant d'enfans que «îj*en ay et une femme qui en fait tous les « ans , outre que je sçays bien qu'il ne me le « permettrait jamais ^ et qu'il ne manquera « pas à me faire, mille -excuses ^ alléguer forcé c raisons et enfin me donner occasion de « contentement, comme il est admirable en a telles cajoleries^ lorsqu'il veiU regagner tin « serviteur dont il croit ayoir besoin : jnon */<xeur et la longue amité que je lui ay porté « ne le pourraiçnt souf&ir , ayant mis en ma a fantaisie , pour m'avoir esté prédit de plu- « sieurs, que je serais élevé en fort grande « fortune et authorité près de luy, et que je « deviendrais un de ses principaux ministres « pour l'exaltation de sa gloire et le rétablis- « sèment de son royaume. Joint qu'il me VI. i4
aiO ELOGE DE SÛLLT.
« serait impute à grande imprudence de « quitter ainsi^les affaires pour un petit ponc- « tillè , tne voyant à la veille d'estre en grand « crédit , et par le moyen d'iceluy eslever ma « maiâl^n , que le Mauvais mesnage de mon a grand-père et 'là maligne exhërédation de « mon oncle , le vicomte de Gand , ont pres- « que ruynëe. »
On voit combien le teçipâ , l'ambition et Thabitude de la cour avaient appris à Rosny à maîtriser son ressentiment. "^ -
Ce jour même une seconde lettre du roi vint réparer tout le chagrin que lui avait fait la première. « Venés me trouver au plus tôt, « écrivfeît-îl , et vous asseurez d'estre aussy « bien receu de moy que vous ayez jamais « esté ; quand je devrais prefiidre la vieille a devise des Bourbons qui quen grongne. »
Si le négociateur échoua quelquefois danb la mission de faire cesser dès tracasseries domestiques qui tiraient leur iriiportance de celle des personnages, il fut souvent plus heureux dans les affaires politiques. Ce fîit lui qui décida le faible Henri III à s'allier avec le roi de Navarre ; ce fut lui qui , après Tavénement de Henri IV , s'interposa entre
les ligueurs et les protestans pour calmer les fureurs des un et des autres ; ge fut lui enfin qui négocia le mariage dy roi avec Marie de Médicis^ et qui fut envoyé en Angleterre pour concerter les moyens d'abaisser i& maison d'Autriche^ dessein digne d'un roi tel que Henri.
Ce prince éprouvait depuis vingt-cinq ans le zèle et l'habileté de Rosny, lorsqu'il se décida àl^ faire entrer dans l'administration dest finances. KUes étaient alors gouvernées par un conseil dont, Hetiri était fort mécontent , parce qi^'on le laissait manquer de tout à l'armée, et qu'il se voyait, faute. d'argent^ aans cheval de bataille, sans harnais^, ai^ec des chemises déchirées et un pourpoint troué au coude. « Ces messieurs , éq^yait^il , ont <c consommé, en payement dç vieilles dettes % >par eux prétendues , plus de quinze cent (c mille écus , qui qstait somme suffisante pour (c chasser l'Espagnol de France : voire m'a- <c t-on asseuré qu'aucuns d'entre eui en^ont ce acheté à fort vil prix et me les ont fait (t payer entièrement principal et intérêt. Je <c me suis résolu de placer panni eux quelr sk que mien conseillar et loyal serviteur, afin
212 ELOGE DE SULLT.
ce qu'il me puisse advertîr de ce qui se pasce sera dans nion couseiL Or, ày-je jette les a yeux sur vous , jipurvu que vous me douce niez votre foy* de me servir loyalement , ce d'estfe aussi lyû^n^iesnagêr de mon bien à ce mon profit que jfe vous ay vu Testre du voscc tre , et de ne désirer de faire yosp^ affaires ce que de mon sceu et par ma pure libéralité , ce qui sera assez ample pour un homme délice cat et dun esprit resglé comme le vostre. » A peine assis dans le conseil , Rosny is'aperçut qu'on se cachait de lui , qu'on cherchait à lui donner des dégoûts; il cessa d'y assister. Le fin Béarnais l'engagea à traiter ses collègues avec amitié , à les caresser, pour s'installer doucement parmi eux et s'insinuer dans leur confiance. La fierté du nouveau ministre se refusait à ce manège, ce Que ce voudriez- vous donc que je fisse ? repartit <c Henri. Quoi ! que je donnasse des batailles (c contre tous mes serviteurs et renversasse « tQUtes mes affaires pour vous établir seul ' ce en leur place , afin q^e toutes choses dépen- « dissent dé vous et de vos fantaisies .ï^ C'est <i; chose à qu6i il ne vous faut pas attendre. « Vous en avez aussi peu la capacité que moi
lÊLOGE DE SULLT. Ul3
a la volonté. Partant, puisque vous êtes si <r bizarre et poinctilleux , il ntf faut plus parce 1er de ce dessein; je mcî serviray de vous « en quelque autre chose. »
Le lendeinain , le roi changea de langage et reconnut qu'il fallait être* revêtu d'une entière atri;oritë pour entreprendre la reforme des abus. Ce fiitGabrielle d'Estrées qui rendit à la France le service de faire élever Rosny au ministère.
Les revenus de Tétat engagés, cent millions de domaines aliénés, vingt-trois millions seulement de produits disponibles , quoique le peuple en payât plus de cent cinquante.; une dépense annuelle très-considérable , trois cent trente millions de dettes ' , un pays îdé vaste par trente-qâatre ans de guerre civile: tel était l'état des finances, lorsque Rosny fut appelé à les administrer.
Il était indispensable de recourir à de nouveaux impôts ; m%is le ministre professait la maxime que les rois ne peuvent imposer aucune charge à leurs peuples sans le consentement formel -de ceux-ci. C'était , disait- il ,
' A 22 fr. le marc. Aujourd'hui que le même poids d'argent vaut 34 ^^' 27 c, ces 33o millipiis «n représenteraient 8x4.
ce qu'il me puisse advertii ce sera dans mon conseil.
ce yeux sur vous , pourvu ce niez votre foy de me ce d estre aussi bon mesn; ce mon profit que je vous r ce tre, et de ne désirer c~ ce que de mon sceu et pai ce qui sera assez ample p ce cat et d'un esprit resg' A peine assis dans le perçut qu'on se cachai* chait à lui donner des assister. Le fin Béarn ses collègues avec amit " s'installer doucement dans leur confiance, ministre se refusait ce voudriez-vous dor ce Henri. Quoi ! que " (c contre tous mes f c toutes mes affair« ce en leur place , afiî ce dissent de vous • <( chose à quoi il i « Vous en avez au^
ill4 lÉLOGfi DE SULLY.
une voie bien convenable pour entretenir entre le prince et les sujets une confiance et une bienveillance mutuelles. Charles VII fut le premier qui transforma en tributs perpétuiels lés tailles ^ qui auparavant ne se levaient que du' coilséntlÈiniéht des états et pour un temps limité y elles furent portées en soixante ans de dix-huit cent mille livres à seize millions. Dans les soixante années suivantes, elles doublèrent , et ce qu'il y eut de pis , ce fut que François I®^ laissa à ses successeurs & pratique de ne plus requérir le consentement des peuples pour en obtenir des assistances , a ains dé les ordonner de pleine « puissance et autorité royale , sans alléguer a autre raison que celle de tel est notre bon « plaisir. »
Les ininistres de Heihri IV eurent recours à une convocation des notables. Ce n'était pas des lumières qu'on espérait en tirer \ mais des sacrifices. A cetteiiépoque, personne ne s'avisait d'étudier les élémens de l'administration. Aussi , s'abusant également dans l'évaluation des recettes et dans le calcurdes dépenses^ les notables proposèrent-ils de diviser les revenus de l'état , qui ne s'élevaient
ÉLOGE DE SUIJLT. ai5
pas dans ce temps-là à plus de trente-trois millions ' , en deux, parts. La moitié devait être laissée à la disposition du roi pour l'entretien de sa maison et de l'armée ; avec le reste , les notables prenaîetM: à leur charge le paiement de la dette e1^ Inotes les dépenses de l'intérieur. Le conseil, ne voyant dans cette proposition qu'une atteinte à l'autorité Tixysde^ voulait rejeter cetarrangement. Rosny seul prorposa de l'accepter. Henri IV se détermina pour cet ayisk: Cette concession lui donna une grande popularité.
Plus habile que les notables dans le choix de sa part, et maître d'appliquer la moitié des revenus de l'état à organiser ses troupes et à acquérir ides partisans , ses forces s'en accrurent. Tous les mécomptes furent pour les notables. Trompjps dans leurs calculs^ accablés de réclamations , accusés par les créanciers, ils vinrentd'^eux-mêmes proposer de nouveaux inmôts, et, au bout de quelques mois, solliciter le roi de reprendre J'ad-
'Ailleurs les secrétaires de Sully disent sei£e millions. C'est une contradiction, et probablement une erreur; car comment y aurait-il eu vingt-trois millions disponibles sur seixe?
ai 6^ iLOGE DE SULLT.
ministration des finances ; ce dont il ^ut redresse de se faire long-»temps prier.
On a fort exalté l'habileté que le ministre montra dans cette circonstance. On n'a voulu voir dans sa conduite qu'un .piège, tendu aux représentans de la nation , et un moyen de débarrasser l'autorité royale de leur coopération ou de leur surveillance. Je ne crois pas que Sully ait mérité ce genre d'éloges. Dépositaire fidèle de l'autorité royale ^ il se faisait une plus noble idée die son origine et de ses droits.
Les temps étaient difficiles y les nécessités urgentes y les. abus odieux : il sentait que les remèdes violens étaient indispensables ; peutêtre voulut-il se mettre en état de les hasarder. Quoi qu'il en soit , après une telle expérience ^ l'administration »e trouvait affranchie de toute critique. Rosny usa de son*^pouvoir avec une grande vigueur , pour ne rien dire de plus. ^ ■
Bien que déjà reconnues ^ toutes les créances furent soumises à une nouvelle révision.
Pour, en obtenir le remboursement , il ne suffît plus de présenter son titre; il fallut
ÉLOGE DB StJLLT. 217
justifier du versement réel du capital. Ceux qui ne purent administrer cette preuve vir rent leurs créances annulées.
Le malheur des temps avait forcé l'état de faire des emprunts onéreux; l'intérêt, qui s'élevait au douzième et au dixième du capital ^ fiit réduit au seizième , :au denier dix* huit , et même à quatre pour cent. Tout ce qui avait été payé en sus de l'intérêt nouvellement fixé fut imputé en réduction des capitaux.
Les rentes constituées aux villes pour deniers fournis au roi lurent déclarées éteintes, et les intérêts perçus sujets à restitution. Des domaines rqyaux avaient été aliénés , on en retira des mains des- engagistes pour une :^ somme que quelques-uns font monter à cent millions '.
Les secrétaires de Sully le félicitent quelque part d'avoir retiré pour soixante millions d'engagemens des revenus du royaume sans bourse délier ni faire tort a personne, ^
' Jérôme de Bénévent, général des finances, dit 100 millions dans son Éloge de Sully. Dans ^n autre passage on dit 90 millions. Mais Sully, dans une de ses lettres à la reine^-difséùlement 35 millions.
Ofl^ ÉLOGE 1»£ SULL7.
Demande de deux décimes au clergé, ouvierture d'un emprunt , érection de Qouvelles charges dans touâ les tribuiiaux^ triennalité des offices de limmcos déjà alternatifs ' , retard de six mois dans le paiement des rentes , révocation dés lettres de noblesse acquises à prix d argent qu'on ne remboursa pas , augr mentation des octrois etdu prix du sel, pro^ hibition des monnaies étrangères, défense d'exporter du numéraire sous peine , contre les délinquans , de voir tous leurs biens confisqués, augmentation de la valeur nominale des espèces , enfin plus de soixante édits bursaux publiés en quelques mois ; voilà ce que les notables furent contraints de soufirir sans murmurer , après l'aveu de leur propre insuffisance.
Le ministre qui traitait les créanciers de Tétât avec cette rigueur ne devak pas^ se montrer moins sévère envers les fermiers des reyenus publics; Ils avaient été autorisés à en soud-traiter* Il fit verser au» trésor royal le prix des sous-fermes au lieu du prix des baux primitifs , et , chose étonnante , il trouva
' On tira 3oo,ooo écus de l'emprunt et i,aoo,ooo écus des offices triennaux.
:éLOGE BE SULLT. aig
encore des entrepreneurs pour d'autres' abonnemens.
Toutes ces dispositions^ dont quelquesunes sont des fautes et même des injustices, tiennent à la barbarie du temps , à lignorance générale où Ion était alors des principes de 1 économie politique et des bases du crédit public , enfin à la rigidité naturelle de la^rainistrateur ; mais, pour êtrejuste, il faut ajouter qu'éclairé par l'expérience , il reconnut lui-même l'inutilité où l'iniquité de plusieurs de ces mesures.
D'ailleurs, quoiqu'on ne puisse pas disconvenir qu'il n'y eût quelque dureté dans ces dispositions ', il faut considérer que le désordre était extrême. Les créanciers dé l'état, les fermiers des revenus publics , les acquéreurs des domaines , n'étaient pa$ seulement quelques particuliers dignes d'intérêt , quelques spéculateurs plus ou moins «avides ; c'étaient des favoris de Henri III réclamant douze millions , prix de leur infamie ; c'étaient des ministres, des conseillers d'état porteurs de créances achetées à vil prix ; c'étaient d'anciens chefs de la Ligue dont il avait fallu acheter la soumission, des gou-
^aO ELOGE DE SULLT.
vçrneurs qui avaient vendu leurs villes et leur foi, des Villars, des Biron, des La Châtra, des Elbœuf, des Brissac , des Villeroi , des Ostnillac , des Montespan , dont le serment à Henri IV coûtait trente- deux millions '.
■Si.
' A M. de Lorraine, suivant son traité 3,766,8a5*'-
A M. Dumaine et autres , suivant son.traité^ 3,58oyOoo'
A M. de Guise, prince de Joinville 3,888,83o
A M. de Nemours ^ZÉM^
' A MM. de Mercœur, Blâvet, Vendôme et ' autres, suivant leur traité pourra province de Bretagne. l^y%^SfiSo
A M. d'Elbœuf, pour le Poitou 978,124
A M; de Villar^ et le chevaKer d'Oise, son fVère, pour Rouen et le Havre,' et pour récompense à MM. de Montpensier , maréchal de Biron , chancelier de Chiverny,
et autres 8,47^,800
A M. d'Épernon , suivant son traité 496,000
Au même , pour la réduc^on de Marseille. 400,000 A M. de Brissac^et autres, poui* I9 ville de
Paris ^ : . . 1,695,400
A M. de Joyeuse, pour Toulouse et autres
villes 1,470,000
A M. de La Châtre, pour Orléans, Bourges, etc , :. 898,900
A M. de Villeroi , son fils et autres , pour
Pontoise ^ 476,874
A M. de Bois-Dauphin, suivant son traité. 670,800 A M. de Balagny et autres, pour Cambray. 828,930
ÉLOGB DE SUIXT. 221
C'étaient les plus graflds seigneurs du royaume, MM. de Bouillon, de Joyeuse, de Villequier, de Schomberg, Duplessis^ d'O, le chancelier, le connétable et* jusqu'à Madame , sœur du roi , qui ne dédaignaient pas
^ .^ Report, a7,3oi,833"^
A MM. cle Vitry et de Medavy, suivant leur
traité. .... > Jh 38o',ooo *
.JLax sieurs yidame d'Amiens, d'Ëstourmel ,
^marquis de<Tresnely Séceval; Lapéche,
;' Lameth et autres» pour Amiens, Abbe-
ville, Péroniie, Coucy,Pierrefond, etc. i,à6i,88o
Aux sieurs de Bellan, Quienville, Joffireville, Lapèche et autres, pour Troyes, Nogent, Vitry, Ghaumont , Rocroy, Château-Portien, etc ! . 83o,o48
Pour Vasselay, Maçon, Mailly et les sieurs
de Rochefort 4^7»ooo
Aux sieurs de Camllac, Dachou, Siguerac, Monsan, Fumel et autres, pour la ville du Puy. . . ■. ^ -■'.':* .*..... , 54^9000
Aux sieurs de Montpezat, Montesoan et autres, pour diverses villes de la uuienne. 390,000 '
Pour Lyon, Vienne , Valence et autres villes
du Lyonnais et du Dauphiné.. 636,8oo
Aux sieurs Daradon, La Pardieu, Bourbani, S. OfTenges, pourDinan et autres villes. .' ► .' . 180,000 \
Aux sieurs Leviston, Baudouin et Bevilliers, pour promesses à eux faites 160,000^
an^ £1<0G£ D£ SULLT.
le métier de traiftns. C'étaient le roi d'Angleterre , le comte Palatin , le duc de Florence , les Vénitiens ^ les Suisses ^ qui exploitaient à leur profit les revenus de letat. On ne pouvait couper la racine de tels abus sans exciter de violens murmures, et iljfallait, pour* y parvenir, encore plus de coiirrage que de lumiëres« -*
D'abord on eut recours à ces chambres
■* ardentes qui punissent les exactions et Içs
concussions par la violence et par larbitrairè. Le ministre ne se dissin^ulait pas que les jugemens de ces commissions sont ordinaire-^ ment plus effrayans que ' salutaires ; il les créait de son aveu pour que les traitans ^ dans la crainte de l'exécution , se déterminassent à des capitulations sous la forme de prêts, à ne jamais rembourser. Cette terreur ne produisit que douzQi cent mille écus. On soupçonna que les exacteurs tenteraient d'échapper à la restitution par des cessions de biens ou des faillites simulées; on prononça la peine de mort contre les banqueroutiers frauduleux et leurs complices. Mais l'inefficacité de ces moyens prouva qu'il y a nécessairement connivence entre les abus et ces
ÉLOG£ DE SULLY. , aa3
commissions^ qui elles-mêmes en sont un.
Oîi prendraient-ils une véritable énergie ces juges, qui ne se montrent rigoureux que parce qu'ils sont serviles .»^ Les grands se chargèrent de protéger les dilapidations dont ils profitaient. Aussi , des ses premiers pas dans la cah'ière , Rosny rencontra-t-il tous les obstacles contre lesquels un ministre réformateur doit s'attendre à lutter.
Il parcourut les provinces , on répandit que c'était pour les pressurer. Il revint, traînant à sa 3uite soixante-dix chariots chargés d'argent , accompagné des receveurs , du prévôt et de ses archers. Ce singulier cortège défila dans Paris ; mais à peine l'argent venaitil d'être versé au trésor que les autres ministres voulurent en faire leur proie. Il fallut , pour s'y opposer, sotttenir une discussion trës-vive avec Sancy, membre du conseil.
Rosny conçut une entreprise encore plus difficile , celle d'interdire les exactions aux grands seigneurs. Le duc d'Ëpernon , qui percevait sur les peuples cent quatre-vingt mille livres pour son compte, s'emporta si violemment contre lui, que l'un et l'autre mirent la main sur la garde de leur épée ;
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mais Henri déclara à son ministre qu'il était prêt à lui servir de second , et cette fois le re'formateur triompha de l'opposition des courtisans.
Il eut besoin ^ pour leur résister , de plus d'une sorte de courage : par exemple, Un prince du sang , le comte de Soissons , «avait obtenu du roi la permission de lever S; son profit un droit de 1 5 sous sur chaque ballot de toile importé ou exporté. Le roi avait cru donner un revenu de cinquante iniUe livres; l'impôt devait produire trois cent mille écus , le ministre fit révoquer cette çoticession malgré l'arrogance et les menaces du prince.
Il refusa avec la même fermeté de cbntmsigner vingt-cinq édits semblables , pour lesquels la duchesse de Verneuil avait d^ obtenu la signature du roi. a Ëh ! vraiment^ Qc lui dit-elle, allez- vous mécontenter tant dé <c gens de qualité .î^ Et à qui voulez-vous qùct^ a le roi donne , si ce n'est à ses parens etM « ses maîtresses.^ » La réponse de RoscËj^ mériterait d'être conservée dans la mémoite ' de tous les souverains : ce Madame , tout Vb c€ que vous dites serait fort bon, si sa mpr
^LOGE DE SDXLY. Cl.i5
fcnait l'argent dans sa bourse; maïs
[ cela sur les marchaiitls , artisans ,
Rirs et pasteurs , il n'y a nulle appa-
Pétant eeux qui nourrissent le roi et
Kous, et se contentant fort bien d'un
naître, sans avoir tant de cousins, de
s et de maîtresses à entretenir. »
! n'était pas seulement contre les
ps de la cour qu'il soutenait les droits
ivre ; il le protégeait auprès du monar-
:< C'est une chose digne de considération ,
feait-il, que plus les rois ont levé de tail-
. sur leurs sujets , plus se sont-ils vus
pnstitués en des dépenses excessives et en
|ûnt devenus plus pauvres et nécessiteux;
lltant une maxime tenue pour înfallible par
les plus sages, que plus lés potentats s'zr-
Brogent d'autorité et entreprennent de faire
les levées tortionnaires sur leurs sujets,
< plus ont-ils les désirs déréglés , et par con-
t séquent s'engagent à des dépenses plus
* excessives jusqu'à la ruine de leurs peu-
iiples. i>
On voit que, si quelquefois il se montra
fcrop sévère, souvent il le fut à propos, et
H-squ'il y avait du mérite à l'être. S'il ne sut
aa6 ÈLoaE de sullt.
pas ou ne put pas toujours choisir entre les impôts, il sut du moins en alléger le poids par une répartition plus égale. Il remit aux provinces vingt millions d'arrérages de la taille , travailla constamment à la rendre moins arbitraire , la diminua de cinq mil* lions, et cependant augmenta les revwius ordinaires de trois ou quatre.
La grandeur de son caractère se manifestait dans l'emploi des deniers publics , et toua les monumens de son administration attes^ tent l'étendue de ses vues autant que la justesse de son esprit. Grand-maitre de l'artillerie , il ne se borne point à approvisionner les arsenaux , il travaille à la perfection de Fart. Administrateur , il organise les premiers hôpitaux militaires qu'on ait vus à la suite des armées, fonde un asile pour les soldats blessés , et conçoit le plan d une maison d'é* ducation pour les jeunes officiers. Surinten*» dant des fortifications, il répare les places de guerre. Comme surintendant des bâtimens , nous lui devons la terrasse de Saint- Germain , le pavé de Paris , la place Royale , la place Dauphine , la galerie du Louvre , le Pont-Neuf. Comme grand- voyer de France,
iLOGE PS 8VU.T. ÎI99
Une multitude de poots , des chemins ouverts ou répares, le canal qui joint la Seine à la LfOire sont ses bienfaits ; et si tous ses projets eussent reçu leur exécution, on aurait vu, dès ce temps-là le Rhône ^ la Loire et la Meuse lier entre elles les villes de Marseille, de Nantes et de Rotterdam. Jusque dans les moindres détails, ses dispositions portent un caractère d'utilité publique et de prévoyance. Ces vieux ormes qui ombrageaient les routes, les canaux et les places des moindres villages, avaient été plantés par son ordre. Le .
peuple , qui ne s'en souyient plus , en rend encore témoignage en appelant ces vieux arbres des Rosny.
U ne put pas accomplir de telles entrepris* ses sans une grande économie , ni maintenir cette économie sans une extrême vigilance.
Toutes ces communications ouvertes au commerce , et ces monumens qui décoraient les villes n'empêcfaërent pas qu'à la piort de Henri IV il ne se trouvât au trésor plus de quarante - trois millions disponibles ; et le ministre avait , ditndn , éteint ou remboursé des rentes jusqu'à concurrence de cent mil^ lions. «
aa8 ÉLOGE DE SULLY.
Sévëredâns la perception des impôts, grand et économe dans leur emploi , il se montrait en même temps attentif à favoriser les moyens de reproduction de la richesse publique. Dans cette partie de l'administration , tout ce qui est de lui porte l'empreinte de la bonté de son cœur, de l'excellence de son jugement et de l'étendue de son génie. Ce qui appartenait au siècle conservait encore la rouille du temps , parce .que , dans de si grands intérêts , les hommes les plus hardis hésitent à s'affranchir du joug des préjugés qui jusque là ont passé pour des principes.
Ainsifiosny considérait l'agriculture conmie la source première des richesses de la France : sans négliger de donner ses soins à l'industrie commerciale , il l'encourageait principalement dans ses rapports avec les productions indigènes, et, par une suite de ce système , il favorisait les fabriques de laine plutôt que le commerce des soieries. Ces vues ne sont pas seulement d'un grand administrateur, elles sont d'un philosophe. Il voulait que la population s'accrût sans s'énerver, et acquit de l'aisance sans perdre la simpli-* cité des mœurs. Mais l'homme d'état vJie s'é-
ÉLOGE DE SÛLLT. 929
leva point jusqu'à affranchir Tindustrie manufacturière de la tyrannie des rëglemens, toujours si funeste à son essor. Il les laissa^ peser même sur l'industrie agricole , et le sage ne s'aperçut point qu'en prohibant telle ou telle culture, qu'en défendant de convertir en vignes ou en praif ies les terres jusqu'alors semées en grains , il portait atteinte non-seulement à l'agriculture , mais à la propriété.
Les actes de rigueur qu'on eut à lui reprocher envers les créanciers de l'état, les réductions qu'il fît Subir aux rentes doivent , dans leur application , avoir été plus d'une fois des injustices , et toute injustice nuit au crédit public ; cependant ces mesures eurent l'efifet salutaire que la sagacité du ministre lui avait fait apercevoir. Elles favorisèrent l'agriculture et le commerce , en forçant les capitaux à se porter vers cet emploi , et en diminuant le taux de l'intérêt; tant il est difficile de bien apprécier les opérations d'une grande administration , à cause de la multitude et de la variété de leurs conséquences !
Elles ne sont pas toujours possibles à
aSo if«oe£ de sullt.
voir, mais du moins il faut savoir les obser* ver; et ce fut un des mérites éminens de Sully , déporter dans le ministère , outre cette droiture dé coeur qui fieiit vouloir le bien, outre cette supériorité d'intelligence qui supplée au défaut des bonnes théories , cet esprit d'observation,* cette attention continue, sans lesquels l'expérience ne serait pas pro* * fitable.
On a dit qu'il ne s'était point élevé jusqu'à devenir le créateur de la science des finances , et qu'il n'avait été parmi nous que ce qu'avait été pour les Grecs , dans un autre genre de connaissances, le philosophe qui leur avait appris que le soleil était plus grand que le Péloponèse '.
Cette observation est plus piquante qu'exacte. Il aurait été juste d'ajouter qu'il fut droit , courageux , diligent , et en même temps appliqué; qu'il simplifia les méthodes, quil porta la clarté dans les ténèbres de l'administration; que, si d'abord il ne se montra pas supérieur à tous les préjugés de
' M. de Montyan , dans ses observations sur les ministres des finances, ouvrage où nous nous sommes permis d'emprunter qoetques tMÎts. ' ^
iLOGJS DE SUiXT. 5l3l
Mm temps , il ne s obstina point dans des erreurs qu'il fut le premier à reconnaître ^ et que , si la force de son attention les lui fit découvrir, la force de son caractère le fit renoncer à celles-là mêmes qui tenaient à sa rigidité naturelle. Ce ministre , qui avait porte le système des réglemens jusque dans l'agriculture , disait au roi : c Je serais d'avis « d'essayer ce que pourra produire cette lic berté du commerce si instamment deman- « dëe. »
L'admiration respectueuse que commandent tant de travaux , de si éminens services , une âme si ardente pour le bien et une fer^ metë si généreuse , ne permet pas d'arrêter ses regards sur quelques imperfections qu'on peut apercevoir dans ce grand caractère , et que Sully lui-même ne prenait pas la peine de dissimuler.
Son portrait a été tracé par l'homme qui le connaissait et l'appréciait le mieux : « Au- « cuns se plaignent , disait Henri IV, et quel- « quefois moi - mesme , qu'il est d'humeur « rude , impatiente et contredisante. On l'ac- « cuse d'avoir l'esprit entreprenant , qui pré- « suqK tout de ses opinions et de ses actions ,
ai^ ELOGE DE SDIXT.
<^ et méprise celles d'aut^i , qui veut esleyer « sa fortune et avoir du bien et des honneurs^ « Or , combien que j'y reconnaisse une partie « de ces défauts , et que je sois contraint de , « lui tenir quelquefois la main haute ^ quand <^ je suis en mauvaise humeur ^ qu'il me fas-. « che, pu qu'il s'échappe en ses fantaisies, « néantmoins je ne laisse pas de l'aimer , d'en a endurer, de lestimer et de m'en bien et <c utilement servir ; pour ce que d'ailleurs je « reconnais que véritablement il aime ma ce personne , qu'il a intérest que je vive et « désire avec passion la gloire , l'honneur et a la grandeur de moy et de mon royaume :
<c aussi qu'il n'a rien de malin dans le cœur , a a Tesprit fort; industrieux et fertile en expé- « dients , est grand mesnager de mon bien , a homme fort laborieux et diligent , qui es^ « saye de ne rien ignorer et de se rendre ca-. « pable de toutes sortes d'affaires de paix et a de guerre, qui escrit et parle assés bien, c< d'un stile qui me plaist , pour ce qu'il sent «^ son soldat et son homme d'estat. Bref, il (c faut que je vous confesse que, nonobstant « toutes ses bizarreries et promptitudes , je « ne trouve personne qiii me console si puis-
iLOGE D£ SULLT. a33
« samment que lui de tous mes chagrins. »
Ce portrait , quoique tracé par une main amie, pourrait être adouci. Suliy fut entreprenant , mais il n'était pas présomptueux.
Il se montra ferme dans ses opinions ; sa résistance aux abus , aux courtisans, au roi luimême , Fa cent fois attesté : mais cette fermeté n'était digne ^ que d'admiration et dé reconnaissance*: On nous le peint fier et sévère , il eut besoin de l'être ; laborieux , on va voir quelle était sa vie.
Dans toutes les saisons , on le trouvait au travail des quatre heures du matin. Les conseils commençaient à sept heures. Chaque jour , i^donnait audience à tout le monde , commençant toujours par les ecclésiastiques sans distinction de religion , faisant ensuite approcher lès gens de village et autres simples personnes. Le reste du joui^ était consacré au travail du cabinet. Le soir ^ leis portes se fermaient , et l'amitié seule était admise au-^ près de l'homme sur qui pesaient les plus importantes affaires de la France. Il se retirait à dix heures , et le lendemain , le soleil levant le retrouvait encore au travail ; aussi le roi, qui venait quelquefois le surprendre
334 ÉLOGE DE SULLT.
de grand matio , disaitril à ses courtisans : « £h ! bien , Messieurs ^ pour combien vou- « driez-vous faire cette vie-là? »
Suily fut comblé d'honneurs : Henri semble lui reprocher de les avoir trop ambitionnés ; cependant il aurait pu se rappeler un noble refus. Ce prince, pour le déterminer à se faire catholique, alla jusqu'à lui offrir sa propre fille naturelle pour bru , avec une dot de six cent mille livres et dix mille écus de pension , le gouvernement de Berry et la survivance de la charge de grand-maitre de Tartillerie pour son fils, le Poitou pour son gçndre, enfin la Normandie et la dignité de connétable pour lui-même. Sully fispondit que , s'il avait à se faire catholique , ce serait par conviction , mais qu'il se croirait indigne d'estime , s'il changeait de religion par ambition ou par avarice.
Malgré les honneurs déjà accumulés sur sa tête , le commandement d'une compagnie de cent hommes d'armes et des gardes de la reine, lès gouvernemens de Mantes, de la Bastille et du Poitou , le titre de conseiller d'état, la surintendance des finances, des Jiâtimens et des fortifications , les charges de
itOGX UB SITIiLT. a35
grand-Toyer de France *et de grand-^mattre de Tartilierie, enfin maigre Fërection de sa terre de Sully en dachë-^pairie , les hommes sont ainsi faits ^ qu'il faut lui savoir gré d'a« voir refusé d'acheter Fépée de connétable par une abjuration dont il y avait alors de si illustres exemples.
Quant à sa fortune , on peut dire de lui qi:^il fut int^re ^ irréprochable, sans être désintéressé. Lorsqu'il entra au ministère^ son patrimoine ne s'élevait pas au-dessus de quinze ou seize mille livres de rente. Il en fit là déclaration au roi ; on dit même qu'il donna un exemple digne d'être imité par tous les dépositaires de la fortune publique ^ en remettant à la chambre des comptes l'état de ses biens; on ajoute, il est vrai, qu'il l'en retira quelque temps après : mais il fit mieux , il consigna dans ses mémoires destinés au* public le tableau de tout ce qu'il avait reçu depuis son entrée dans les affaires , l'emploi de ses économies , les dots données à ses enfans, les terres qu'il avait achetées ou ven-* dues , les capitaux qu'il avait placés : de sorte que , si , grâce à lui , nous pouvons évaluer sa fortune , nous en connaissons également -
236 iLOGE . DE SULLT.
Forigine, Cette fortune, il la dût tout entière: aux libéralités dun prince juste apprécia-^ teur de ses services. Ces libéralités furent immenses. Les traitemens qu'il cumulait à.
raison de ses diverses places s'élevaient à quatre-vingt-douze mille livres. Il y joignait la jouissance de plusieurs bénéfices ecclésiasti-: ques qui produisaient quarante-cinq mille livres. Henri IV lui donna en diverses occasions à peu près un million et demi. Il avait gagné à la guerre, soit en rançons des prisonniers , soit pour sa part dans les prises dés • villes , cent di:ic mille écus ; enfin , lorsqu'il se démit de ses charges et résigna ses bénéfices^ il se fit payer un million. £n résultat, à sa mort , il laissa pour quatre millions de biens qui aujourd'hui en représenteraient à peu près dix. C'était une fortune considérable sans doute ; cependant elle n'était pas le quart de celle d'un autre premier ministre , le cardinal d'Amboise, mort plus d'un siècle auparavant , et . que tous les historiens . se plaisent à citer comme un ministre désintéressé.
Mais que sont d'ailleurs quelques millions en. comparaison de trente ans de travaux , .
SLOGE DE SULLY. SàSy
des trésors qu'il ëconom^ à la France ^ et du sang qu'il versa pour elle? Que sont- ils surtout au prix des nobles conseils que sa courageuse probité sut donner ? Quel est le ministre* qu'on oserait croire trop récompensé de ses services , lorsqu'on l'a vu coiji battre les passions mêmes de son maître ^ et déchirer avec une fermeté stoique la promesse de mariage surprise par mademoiselle d'Entragues? lorsqu'on l'a vu donner, sur l'origine et l'usage du pouvoir , de ces gén^ reux conseils que les rois entendent si rarement ?
Voici quelques-unes de ses maximes :
« Les levées de deniers , pour produire « bien et jamais mal , ne doivent se faire que « par le commun consentement des peuples , « et peu souvent les souverains en ont-ils a voulu user autrement qu'ils n'ayent susce cité des plaintes et des émotions. Philippe « de Valois vit pour cette occasion plusieurs « mutinations dans les principales villes , « n'ayant pas bien retenu le principe donné « par saint Louis à son fils, qui était de « ne lever jamais rien sur les sujets que « de leur gré et consentement; et stdvant
a38 ÉLOGM i>s syxjLT.
a cet enseignement^ se sont trouvez des rois a si religieux ^ qu'ils ont pris bulles d'absolu- « tion pour avoir jetë imposition sur leurs « sujets.
« Du temps de Louis-Hutin , s'.était £ut «une notable assemblée, en* laquelle il fut ce conclu que les rois ne lèveraient nuls de^ « niers extraordinaires sur leurs peuples sans « l'octroi et gre des trois états., et qu'ils en t prêteraient le serment à leur sacre. Mais ^ sous Charles sixième , à cause qu'il fut trou* « blë de sens , et des grandes confusions sus^ « citées par les princes, tous ordres, aussi a bien que toutes bonnj&s mœurs , furent perce vertis , et s'introduisit lors la cotisation des « tailles par tête , sans assemblées ni conseur <^ tement d'états.
« Les quatre premiers rois de la troisième f( lignée , voyant leur domination réduite « dans d'étroites bornes , et ne s'estimant c mix-^mêmes , en ces commencemens de noua velle royauté , quasi que comme princes « électifs , se gouvernèrent tant circonspeo a tement et avisèrent avec les grands du a royaume , les bonnes villes et les peuples , « qu'ils ne résolvaient rien d'importance sans
ÉiM^ DB stnxT. a39
l'avoir communiqué aux plus accrédites et aothorisës; voire sans demander une as* semblée d'états, et s'abstenir envers les convoqués de toutes brigues et menées , corruptions ni intimidations.
« Us usèrent si modérément de leurs pros* pérités , que , de crainte de fisiire cabrer ou tumultuer leurs sujets ^ eux et leurs des« cendans, durant deux cent trente-neuf ans, pratiquèrent toujours une certaine forme d'élection à la royauté , en disposant doucement les grands du royaume et les états k nommer leurs en£Eints pour roys, voire les faisant saci^r de leur vivant et régner conjoinctement avec eux. Cette forme de procéder entre les roys et leurs peuples fut continuée jusques à Philippe-Auguste , que son père fit encore sacrer et régner de son vivant; mais ce Philippe, ayant démeslé de grandes guerres et souslevations de peuples , creut se pouvoir fort facilement dispenser de telles formalités , en quoi il feust imité par ses successeurs, lesquels enchérirent tellement depuis sur un tel li^ « bertinage, qu'un chascun d'eux a fait gloire <c de diminuer les droits , immunités , privi-
aAo ÉLOGE DE SULLY.
ce lëges et prérogatives de leurs peuples et <c d'exhalter la royauté absolue.
. « Les rois donc s'estans ainsi peu à peu ce dispensez des procédures de leurs majeurs^ c( il feust facile à leurs ambitieux favoris de « s'en dispenser eux-mesmes^ et plusieurs ce des roys les moins considérez s'estans imaa ginez que , comme Dieu le créateur ^ duquel ce ils se disent l'image , leurs volontez devaient ce estre les loix des loi^L et les seules régies de ce toute justice^ et Fayans voulu faire ainsi a pratiquer , telles procédures firent naistre « en l'esprit des sujets., désireux de leurs « premières libettèz , de désirs déréglez , et a diminuèrent grandement leur première vo- « lontaire subjection et obéissance , voire <c n'estoient quasi plus retenus en icelle que « par la force et la contrainte.
«. Ce royaume ira toujoursen despérissant ce jusqu'à sa totale subversion et destruction, « tant que les malignes humeurs , qui sont <K cause de ses langueurs , seront flattées , et a que toutes véritez , nécessaires à sçavoir , « seront desguisées et dissimulées ; que ceux <c qui ont, ou doivent avoir le plus d'authotf rite , de pouvoir et d'intérest à la subsis-
JÉLOOE BB SULLT* a4l
«tance de l'ëtat, se rendront négligents à « sitivre les bons conseils et à remédier aux «désordres qui le vont accablant, d autant « qu'ils ne consistent pas aux attaquemens « du dehors , ny au soulèvement du dedans , « mais aux défaillances des esprits vitaux , « tous les ordres du royaume se prostituans ff laschement à lenvy dans son anéantisse-* « ment \ »
Ces avis ne se vérifièrent que trop pendant la minorité du fils de Henti IV . Quand la France en deuil passa sous l'autorité d'une régente italienne, la nouvelle cour dut se montrer impatiente d$ se délivrer de la présence d'un ministre vigilant et sévère. Quoiqu'il n'eût guère alors que cinquante ans, c'était déjà un homme de l'autre siècle. La reine, qui avait résolu sa disgrâce, ne lui en fit pas moins quelques avances. Il était assez enclin à se laisser persuader; retenu par l'intérêt de sa famille , par l'attachement
' Le lecteur me pardonnera cette longue cit|ition, surtout s'il la compare à un passage très-remarquable du cardinal dé Retz, où celui-ci développe tous les malheurs qui furent la suite des progrès de l'autorité vers le despotisme.
VJU l6
^4» ÉLOaE 0B StTLLT*
âaturei que Ton conserve pour un pouvoir qu'on a long-temps exercé , et aussi par le désir d'achever de nobles et utiles entreprises , il continua de siéger dans les conseils ; mais il* ne tarda pas à s'apercevoir qu'à côté du gouvernement ostensible il existait un conseil secret , véritable directeur des affaires, où entraient le nonce , l'ambassadeur d'Espagne et jusqu'au jésuite Cotton.
Le ministre qui avait été honoré de la confiance de Henri ÏV n'avait à choisir qu'^entre les rôles d'associé , ou de rival de Conchini. On est forcé d'attribuer à son patriotisme ùtie démarche qu'il fit' auprès de ce favori pour lui offrir son amitié et s'appuyer de soa crédit; et, quoique cette ouverture eût été reçue avec insolence, Sully ne prit point encore le parti de la retraite , fondant sur le retour du prince de Condé quelques espérances qui ne se réalisèrent pas.
Ce ne fut que cinq mois après qu'il offrit sa démission à la reine : de nouvelles cajoleries la lui firent retirer ; enfin , trois mois plus tard, il la réitéra. On feignit encore de ne la recevoir qu'à regret ; mais dans le fait on était si pressé de l'accepter , qu'en deux jours
on eut pourvu à ladministration des finati^ ces , au gouvernement de la Bastille , fet t&'pëdié uti brevet de cent mille écus , prix de cette démission \ Sully résigna successî* vement toutes ses charges, quatre abbayes qui lui restaient , et se retira de la côur avec une pension de quarante-huit mille livres.
On éprouve un juste.regret quand on pense que cette retraite d'un ministre dans la force de l'âge dura trente ans. Il y conserva nonseulement le calme qui accompagne l'homme de bien dans sa disgrâce , mais un grand ap pareil de puissance et de dignité; résidant toujours dans ses termes , ne paraissant qiîe rarement à la cour , peu consulté , on petit le croire, depuis qu'il eut dit au jeune prince qui avait désiré l'entretenir : « Sire , lorsque « le feu roi votre père me faisait appeler « pour me parler de ses affaires , il faisait au « préalable sortir les bouffons et les bala ^ « dins. »
Ce ne fut que ving-trois ans après sa re-
' Hiomas dit que SttHy tes refusa. Je ne sais si cette itaairiè^e de présenter les faits est prescrite par les convenances d'un éloge académique ; Aiais il n'en est pas moins certain que $ully chercha à tirer de ses charges le plus d'argent qu^il put; ce sont ses expressions.
a4B TABLE DES MATI^IUES.
IV, 5io, n. Mêlée dans les intrigues galantes de Henri iv. ¥,109,278.
A.NJOU (François de Valois, duc d'Alençon, depuis duc d'), autrement Moiisieur^ veut engager le roi de Navarre à étrangler Catherine de Médicis. I, aii, n.-2. On travaille à le marier avec la reine Elisabeth, 29. Il est obligé de lever le siège de la Rochelle, 61. Se joint aux uiécontens, 63. Est gardé, ibid. Se sauve de sa prison, 71. Sa haine contre Henri m, 70, n. i. Il unit ses forces avec celles du roi de Navarre et du prince de Coudé, 72. Traits sur ce prince et sur son caractère, 119. Il passe en Flandre, 122. Est reçu dans Cambrai , et emporte d assaut Cateau-Cambresis , 124. Attaque Arleux, i25. Trahison dont il use envers d'Inchi» 126. Il passe en Angleterre, contracte une sorte d'engagement avec la reine Elisabeth , 127. Revient en Flandre, oii il est reconnu duc de Rrabant, ibid. Ce qui le rend odieux aux Flamands , 1 28. Ressentiment qu'il conserve contre la ville d'Anvers , ibid. Mécontentement qu'il donne à Sully et aux protestans, ibid. Il tente en vain de s'emparer d'Anvers, 1 3o. Il perd son armée et revient en France^ 1 32. Il se retire disgracie à Château-Thierry, i38. Il y meurt, 139, n. 2. Titres qu'il prenait, ihicL n. i.
Anjou (François de Valois, duc d*), voyez Philippe 11.
Anjou (Gaston-Jean-Baptiste de France, duc d'), troisième Hls de Henri iv, ensuite duc d'Orléans ; sa naissance. V, i22,n. Caresses qu'il fait à Sully. VI, 27.
Anjou, 7)ojrez Henri iv.
Anjou ( Charles d' ) , voyez B^thune.
Anne-Marie-Mauricette , reine de France. Sa naissance. III , 1461 n.
Antoine de Bourbon, roi de Navarre. I, 3, n. i ; 19, n. i ; manque d*étre tué par le duc de Guise, ibid. Sa mort, 23.
Arnaud (Antoine), avocat pour l'université de Paris contre les jésuites. II, 96.
Jrques, voyez BàtaiUes,
TABLE DES MATliERES. ll^Q
Ajikas. Ancêtres du duc de Sully qui ont porté le titre d'avoués
'd'Arras. I, 9, n. i.
AuLZGUER, colonel du régiment de Soleure. Paroles que lui
adresse Henri nr. 1 , 269 , n.
Arsenal de Paris, rétabli. III, 24. Ballets et spectacles qui s'y
font, 173. Il y est établi une école des exercices militaires.
IV, 4 «7» 'i^CZ SULLT.
Artillerie (grande maîtrise de T) , donnée à Sully. III, a3. Déclarée charge de la couronne, ibid, n. États et formules que donne Sully si^r cette partie. III, 106.
Arts. Projet pour les perfectionner. V, a 45 et suw.
AuBETERRE ( N. d' ). IV, 263, vojrez Henri iv.
AuBiGiré ou AuBiGNit (Théodore Agrippa d*) contrarie le parti de Henri rv. 1 , 1 53. Ses moyens pour soulever les calvinistes, 363. IV, 97. Jette les fondemens d'une république calviniste en France, 371.
Auguste. Conformité du règne de Henri iv avec le sien. Y y
Augustins réformés, institaés. 111, liSS.
AuMALE (Claude de Lorraine» duc d'), souche de la maison de Guise. I, 19, n. 3.
AuMALE (Charles de Lorraine, duc d') sert la Ligue. I, a63. Est presque fait prisonnier, 278. Battu, 3ià4- Sa femme traite de la reddition de son mari. II, 39.
AuMALE ( le chevalier d') combat pour la Ligue à Ivry. I, 291. Est tué à l'attaque de Saint-Denis, 393, n. i.
Aumale (journée à*y I, 358. Particularités de cette journée, 363, n. I.
AuMONT (Jean d'), maréchal de France. I, i58, n. Prête serment de fidélité à Henri iv, a6o. Surprend Meulan, ibid. Amène des troupes à Henri iv, 373. Emporte d'emblée le faubourg Saint-rGermain, 275. A beaucoup de part au gaiîfr de la bataille d'Ivry , 286. Ses exploits en Bretagne. II, i34.
Autriche (maison d*). Sentiment de l'aut^r sur l'origine de cette maison. l^T et nnV. D'où elle desooid. Diatinction de
a5o TABLE ms MJLTtiUM.
la première et seconde maison d^Atitridie. Noms de cfillérens princes de cette maison. Erreurs à tous ces égards rectifiées « 7 » n. Biens portés dans cette maison par ceHe de Béthime. II, a 45, n. Pays subjugués par eHe. III, 38a. Nécessité et moyens de l'abattre, 4i 7 ^^ ^<V. Faiblesse de cette maison, 4ao. Ses premiers accroissemens, son origine et ses grands succès. IV, 4 4 5. Sur cpioî est fondé son prétendu droit à la succession de Clèves. V, 33 1 etsuiç.
Autriche (Marguerite d') archiduchesse de Gratz, épouse Philippe III. II, 4 7 5. Elle passe par Marsâlle, ilid,
Autriche (Ferdinand, archiduc d'), échoue devant Canise. 111,173.
Autriche (Catherine d*). Alliance par elle de la maison de Béihnne avec la maison d'Autriche. V, 323 , n.
AuTEROHE (Charles de Valois, comte d') se trouve à la journée d'Arqués. I, 269, n. L'un des séditieux. II, 88. Ses intelligences avec l'Espagne III, 122. Formule d'association enti^ lui, Bouillon et Biron, 162. Conseil pris à Blois de l'arrêter, 2o5. A grâce de la vie et est enfermé, puis est élargi, «23. Bfotifs de cette grâce , 224. DTAuvergne trahit de nouvefttt le roi , 2'27. Son caractère, ibid. Procès qu'il perd contre la reine Marguerite pour îa succession de Catherine àe Medicis. IV , 84. Entre avec KEspagne dans un complot peilncieux contre l'état et la personne de Henri iv, 87 , n. It demande pardon au roi, et reprend encore ses menées avec l'Espagne, 108. Sa retraite à Tic, il est arrêté et condamné,
Bague» etjoyattx de la couronne. Soranae qœ y est employée. Y, 56.
Balagict (Jean de Montlne de) a fe gouvernement dto château de Cambrai. I, 126, n. Conduit des troupes de If^ne wtnAfàém JXx m m ^ 369 ^ b. %. Kst feit goovéFaeor 9»uvertin
XABut PB8 HATiiuun. a5i
4a^C^iabrai, am^ àe& troupe à Henri iv au mé^ de (i^n. II, 9$, II. Valeur de $ob traité avec Htiiri i¥, 441.
EàJth^vY (Danois d« MobiIuc de). Intrigues de galanterie ^tre lui at le duc d'AigtiilloQ- U eat aasaaainé. V, iS&, 137.
Q4<*Z4G (Henriette de), narquiae^de Yemeuil» maîtreasé de Heqri nr. 11,88, n. i.
Mtmqueroi^t^s, Édita contre lea baïujueroutierB firaudcdenx. V, ^']%.
Bar (Henri de Lorraine, duo de). Son mariage arec Madame , ei Qppoaitioifqtt'y font le pape et le clergé. II , 477 , n. Mô^ de 9on voyage à Eome. IV, 5 , n. Son siariage proposé avec
. la princesse de Mantoue. lY, 39^.
B^R (4a duchea^ de). &a mort TV, 4.
BAsmAUET (Émeric-Gobier de), ambassadeur de France en S&pAgoe. Travaille à découvrir k trahison de L'Hdte. TV» %% ^mw. Trait de fenneté de cet ambassadeur, îM. n. Est instruit de la trahison de L'Hôte, 35. 11 en donoe avis- à Henri iv, iML Ne croit point Villeroî coupable, 9^. Ambassadeur de France en Espagne. Ses instructions. V, 84.
Bmritadss (journée des). CSirtxmstânces de la manière dont elle ae passe. I, 39^3, n. T.
Barjoâre, ou La BARRiiaE (Pierre). Son coçnplot de poignarder Henri rv. Comment découvert et puni. U, i3.
Batailles et combats d'Arnay-le-Duc. I, 5, n. 2; d'^rqui^s, il66'j devant Beaumont, 86; de Bonneval, 248; de CoutraSt ab^. Fautes commises après cette bataille ; à c^ui elle^ doivent être attribuées, 2 1 3 etsuiv. n.; de Dieppe^ OiS,S j d'Ivry, 284 , 285 , n^ 1 ;, de Lapante, i8j| n. i ; de Sceaux , 32„o. 2 ; de Saint-Quentin, 20^ de Saveuse, 248.
BïAUttoiiT (Christophe de Harlai, comte. de)» ^ambassadeur de France à Londres, Ponne avis de la mort d'ÉlisidE>eth. III , 288. Services qu'il ven4 dans l'ambas^de de Sully, 3ir. ]^ grâce de CPAiJbaut lui es^t ceftiséf , SiaQ. U diasuMa^Sudy ^ s« p^enter ^bi(k|it à$ detûL iTaudionc^ du rord'ija'*
aSa TABUB BBS hàtièhes.
. gleterre, BSp. Est admis à manger à la table du roi Jacques , S96. Il continue à donner avis de l'état des affaires' en Angleterre, 339. Avis utile qu'il ddnne à Londres, iSi.H sert utilement dans l'affaire de la défense du commerce avec l'Espagne. lY» i63. Dans celle du traité de l'Espagne avec l'Angleterre, 174- Ambassadeur de France à Londres, rapporté des lettres du roi Jacques pour Henri ly et pour Sully, et rend compte de sa négociation, 317. Louanges que lui donne le roi d'Angleterre, 319.
BsAUHE de Samblançay (Renaud ou Bernard 13e), archevêque de Bourges, reçoit l'abjuration de Henri IV. I, 49a , n. a.
Beauyais (N. de), gouverneur de Henri iv, persuade à la reine et aux chefs du parti calviniste de venir à Paris. I, 29, n. Est tué à la Saint-Barthélemi. 49) n., TKyjrez Use4u.
Bs'AtJVAis-LA-NocLE ( Jcau de Lafin de) est député par les calvinistes^ Charles IX. I, 26, Est en partie cause de la défaite d'Auneau,22i,n.
Bel (Jean Le), jésuite, accusé de complicité avec Jean Châtel. II j 170.
Belin (Geoffroi de Saist-), évèfue de Poitiers. Sa lettre ju^
. tifie le duc de Sully dans l'affaire du collège de Poitiers, IV, 219.
Bellegarde (Roger de Saint-Larry, duc de), grand-écuyér dé France, reconnaît Henri iv pour rm. I, 269 et n. i. Se trouve à la journée d'Arqués, 271 et n. Honneur qu'il sollicite en vain. III , 48. Il se trouve au siège du château de Montmélian, 75. Sa familiarité avec Henri iv. Figuré dans un démêlé du roi et de la reine, 117,1 92. Ses liaisons avec Sully. IV, 106. Il est mêlé dans les intrigues de la cour, 25 1 . Est appelé au conseil sur l'expédition de Sedan , et ne fait point connaître son avis, 464» Sa réponse à Henri iv une Àuit qu'il couchait dans la chambre de ce prince. Y, 4 1 9 » n.
'BeUeS'lettres, Leur établissement. II, 399.
Belliàv]ie'( Pomponne de). Entre dans le conseil des finances , II, 16 f . Commis pourla garde delà Picardie^ 3$2. Traitéqu'U
TàBLE DES HATIBRXS. a53
sigi^, et à U publication duquel il assiste , BgB. Il conduit les affaires du dedans du royaume, 43^» n. Les sceaux lui sont donnés^ 497* £st un des commissaires pour l'affaire du mariage du roi > III , 1 7 ; et pour celle du marquisat de Sa* luces, 29. Reçoit les dépositions de Lafin contre le maréchal deBiron, 167. Conseille à Henri iv d'arrêter les chefs du parti des séditieux, 187. Assiste au conseil où Sully reçoit ses
, instruction pour son ambassade à Londres 3o5 , 449 ' ^t 47* Il sollicite le chapeau de cardinal pour MM. de Yillars et de Marquemont. Sully propose MM. du Perron et d'OU-^ yariy ils sont préférés, 5o. £st nommé commissaire dans l'acquisition du comté de Saint-Paul, 4^4* Ses infirmités. V, 4- Particularités à ce sujet Son éloge, 5. n. Appelé au conseil sur les affaires de Flandre, 38. Sa mort, i56.
Bbixisle (Antoinette d'Orléans de Longueville, marquise de) se fait Feuillantine. II > 517. Cause de cette retraite, et son éloge, ibid.
B^THUHE (maison de). Son origine, ses alliances; grands hommes qui en sont sortis. 1,7. Erreurs à ce sujet rectî-
. fiées, 9 et n. Cette maison ^t utilement Charles d'Anjou dans ses guerres, 10.
BiTHUNE. Différentes personnes de ce nom. Ancêtres du duc de Sully. I, 7, i43, n. Leurs actions, 9, n. i. Ses alliances avec la maison de Bourbon et de Luxembourg. II, 36oi< Elle descend des comtes de Flandre. IV, 3o8. Ses alliances ayec les maisons d'Autriche et de Coucy. Y, 3a3, TwjreM
HeNEI IV.
BiTHnNE( Antoine de). Ses actions. 1, 1 1 et n.
B^THUNE (César de), second fils du duc de Sully. VI, 68, n;
BÉTHUNE (Coësne ou Cosnon de). Ses belles actions. Est fait
régent de l'empire de Constantinople. I, 1 1, n. i. BiTHunE (Florentin de), commandeur dans Montfianqoin»
BÉTHUNE (François de ), fils du duc de Sully. Char^ qu'il a
eues. VI, 68, n.
l54 TABLX DÉS ttrATliflÉik
BilTHUVÊ (Gui de) <époiis« FVançoise de Contteitfty-Bbiitin. 1, 143.
BiTBtJiik (Jacques de), éréiiQe de Cambrai. Il, 9g; atcbevèi)ue de Glascô, v&jret OLAica.
AiVttiïKÈ (Jean de), abbé d'Auchiti. t, lo.
Mtttimns (Jeafi de), chef de la branche dûiit sort le duc de Sully. I, II, n. I.
Bf&txuiTB (Jean de) i'allie avec la maison d'Autriche par celle de Coucy. V, 3a 3, n.
Bi&i^tnn (Jeanne de). Son mariage, tl, SSg.
9àvk\i»È (Louise de), fille Cadette du duc de Sully. Son alliance, sa dot, ion ingratitude envers $on père. VI, 71.
MTttûNti (Marguerite de). Son tttariàge. Il, 1S4.
B^THuKlE (Maximilien de), W)fez SviLf (duc de).
BilTttuHX (If. de), cousin du duc de SuHy. V, 260.
BirnuNS (Philippe de). Le comté de Béfhune, frère du duc de Sully. I, i3, n. a. Fait échouer Tentreprisë du duC de Muyenne sut* Houdan, 3i8. Envoyé ambassadeur à Borne m, 149. Donne ayis de la moft de Clément viii. IV, 199. Louanges données à sa eonftiile en Italie, et honlieurs tj^ie lui rend le pape, 3p2. Il a part dnnê les affaires du conseil. V, ï6. Est député par la régente vêts le duc de Sully s«k ftére, 437. n veut persuade» à Snlff de rie point se défkire de ses charges, 469 et suîp. Il retire éè Sully Pabbaye du Jard. VI , 72.
BéTttuHK f Satomon de), frère dtt duc de Sully. I, t3 , tt. 2. Est fait gouverneur de Mantes , 327. Il empêché la Surpfise de cette place par le duc de Mayenne, 328. Sa mort. Il, Sî-y .
Bi» (Théodore de), accusé d'avoir eu part à l'assassinat âa duc de Guise. I, 20, n. Sa mort. Marques d'amitié (Jùll * donne à Suliy. ÏV, 404 et suiv,
BnLAOtnfc (Bené de), chancelier. ï, 43 et n. 2.
BiROir (Armand de Gontaut, maréchal de). 1, 27, n. ï. député par Charies ix vers les calvinistes , ibid. Se fortifie dans TAr^ senai à la Saint-Barthélemi, 53 , n. i. Conclut une trêve avec
TÉJKLE DIS MATIJER£â» ^S5
Hevkii nr, 60. Commande l'armée royde, io5. Insulte Nérac, 109. Dissuade le duc d'Anjou de la trahison d*Anvers, i3p, n. 9. Se soumet à Henri m, 259, n. Service important ^'il lui rend, aSi, n. Bon conseil qu'il lui donne, ^65, n. Il lui amène des troupes, 273. Prend Évreux, ^77. Contribue an gain de la bataille d'Ivry, 296. B<m mot de Biron
. à Senri ly, 295, n. Fait attaquer mal à propos le fort de Sainte-Catherine au siège de Rouen, 34o. £st accusé d'aToir cherché à faire échouer cette entreprise, 34x. Il est la cause de la levée du siège de Rouen, 365. Son humeur mutine et contredisante, 3^9. Parole qu'il adresse à son Ûh, ibid. n. Mauvais conseil qu'il donne à Henri, 390. Il Msiége Épeiv nay, et y est tué, 410. Son caractère, son éloge, ïbid. n. i.
BiaoN (Charles de Gontaut, maréchal de) défait un détachement du difco d'Aumale. I, 326. Attaque où il combat vail-^ Umment, 349* Attaque le bois retranché du prince de Parme, et l'emporte, 374. S'entremet pour la é^nvenion de Henri iv, 473. Injurié par Grillon. II, 26, n. Intéressé
. dans le traité de l'amiral ^p-ViUars, 43. Est fait marédial de France, 65. Défait lej|Kiid convoi devant Laon, 102. Son air fanfaron et présom^emt, to8. Aide les Bourguignons à chasser le duc de Mayenne, i36. Prend Beaune, Nuys, Autun, Dijon ^ 17 c. Attaque les chAteaux de Dijon et de Talan, 17X Blanqae la prise d'Arras,-2!ii, i^^s He^hi it. Il est fait duc et pair. Traité à la ratification duquel il assiste, 393. Avoue au roi ses brigues en Espagne et en Savoie. III, ii2« £n demande pardon à sa majestéw Conditions de son traité avec le due de Savoie, ï 5 4, et les reprend de nouveau, ibîd. Il écrit à Sully, i55.' Ses paroles extravagantes, ibid. il est envoyé ambassadeur en Angleterre, 159; et en Suisse, i6t. Discours imprudent qu'il tienfcà la reine Ébsabeth. Son caraotère, t6o et sai9. Il st
. lie par une association criminelle avec Bouillon et d'Sn-
. tragufls. Rjeprend plus fortement ses brigues avecTEspagne «t la Savoie, soulève le peupte , entreprend sur les prinm-
a 56 TABLE DES ICATIERBS.
pales villes de France, se sert pour cela de Lafin^'iGa et suiv, U vient à Fontainebleau, 196. Résiste à tous les conseils de Sully, ao3. Il est arrêté, et comment, 208, n. Particularités sur son arrivée à Fontainebleau, sur son entretien avec le roi et sur sa détention, 2o5, n. On lui fait son procès, et il a la tête tranchée, an. Particularités à ce sujet et sur ses erreurs, ibid. n. 2. Son caractère et sa famille, ibid, et suiv. n. 2. Discours qu'il tient à Arnaud le jeune , secrétaire de Sully. De quelle manière il parla de SuHy, 21 5. Sollicitations de ses parens en sa. faveur, 2x6, n. Pertes énormes qu'il fait au jeu. Y, 162 , n.
BiaoN (le baron de). I, 874, vof^2 Ha&geeib.
Blanghbfo&t de Gréqui (Françoise de). Son mariage. IV, 9S et suiv.
Blangmesnil (Nicolas Potier, sieur de), président au parlement de Paris, instruit le procès du maréchal de Biron» m, 210, n.
£iois.. Premiers états tenus dans cette ville. Ils députent à Henri iv. 1 , 88. Seconds états où le duc de Guise est tué. Objet de ces états, 282, n. GMe ville demeure fidèle au roi^ 237. Le conseil y délibère d'arrêter les chefs du parti séditieux, III, 187.
BoDiLLON. Assassine Childéric. Pourquoi. Y, 174-
BoiSDAUPHiN , l'un des quatre maréchaux de France faits par la Ligue. I, 4^ > n. Somme qu'il reçoit de Henri ivpar son traité. II, 44i*
Bois-Rosé (N. de Goustiminil , ou Gousminil , sieur de). Manière surprenante dont il se rend maître de Fécampi II, 1 7. Il remet ce château au roi, 20. Intérêt qu'il a dans le traité fait avec l'amiral de Yillars, 46. Aventure comique qui lui arrive avec Sully à Louviers, 75 et suiv.
BoiroABâ (Jacques), agent du roi en Allemagne. II, 46!). Mémoires qu'il envoie à Sully sur la succession et les affaires de Clèves. Y, 338. £st nommé ambassadeur en Hongrie^ Bohêine et Ttansilvanie , 38o. Avis qu'il donne. lY, 469.
fioHiFACB (le capitaine ). Reçoit le duc de Sully dans le fort de
Sainte-Catherine. II, 24.
BoNifAGOLSi , seigneur de Mantoue , tué par les Gonzagues. ' TV, 5o8.
Bordes (des). Employé dans l'affaire de Metz contre les jésuites. rV, 494- Bo&N (Jean de Durefort de). Commande Tartillerie au siège de Rouen. I, 339; au siège de Laon. II, 87. Lieutenantgénéral d'artillerie. III, 22.
Bouillon (Henri de la Tour d'Auvergne , vicomte de Turenne, duc de). S'attache au roi. I, 78. Sa haine pour Sully, ' ibid. Est appelé en duel par le prince de Condé, 90. Se bat avec lui, 97, ibid, n. 2. Sentimens sur ce duel, ibid.n. Il déconcerte les desseins du prince de Condé, 107. Est fait prisonnier devant Cambrai , 1 23 , n. 1 . Forme le projet d*é- • tablir une république calviniste en France, i53 et n. i. Commande un corps de troupes en Guienne, 172. Ses troupes se comportent mal à la bataille de Coutras ,. 208 . Ses desseins après cette bataille, 214, n. 2. Il manque Sarlat, 216. Prend Castillon^ aai. Songe à démembrer la monarchie, 237. Épouse mademoiselle de Bouillon, 334. Relisons politiques de ce mariage, ibid. Il amène des troupes étrangères au siège de Rouen, 338. Les jette dans la mutinerie, 342. But vers lequel il dirigeait toutes ses vues, 385. Il prend Dun et Stenay, et défait les Lorrains à Beaumont, 391, n. 2. Son ingratitude envers Henri iv. II, 1 19. Il donne avis au roi de la mort de sa femme , 1 20. Entretien où Bouillon cherche à surprendre Sully, i23. Ses brigues et ses projets politiques, 1 24. Il refuse de montrer la donation de la duchesse de Bouillon, i3o. Jugement sur cette donation, i3i,n.Ses desseins en faisant déclarer la guerre à l'Espagne ' par la France, i65. Il conduit les troupes françaises en Picardie, 174. Sa mésintelligence avec le duc de Nevers cause les malheurs de cette campagne, 182. Il est défait devant Dourlens, i83. Objet de ses brigues pendant le siège