ANCONE, BRINDES
ses recommandations, je m'embarquai dans le courant de nivôse an VI, avec le consul de France, pour me rendre à Ancône (Italie)1. De là, je me dirigeai, par Milan et Turin, sur Paris où je fus forcé de rester un mois pour pouvoir reprendre des forces et me mettre à môme de soutenir la voiture jusqu’à Arras, où résidait ma famille.
Le ministre de la guerre m’accorda une convalescence de trois mois que j’allai passer à Arras. Je n’étais point encore guéri que je demandai à rejoindre mon régiment qui se trouvait toujours à Corfou. A mon passage à Paris, je remis au ministère de la guerre un mémoire de défense de la place et de l’ile de Corfou, et, sur l’avis qu’il me donna que Corfou était menacé parles escadres russe et turque, je partis aussitôt pour l’Italie, et me dirigeai sur Ancône.
J’attendis dans cette ville qu’il se trouvât une occasion favorable pour m’embarquer, et je profitai du retour d’une chaloupé canonnière qui était arrivée apporter des dépêches de Corfou pour m’y rendre. Sur cette canonnière étaient également embarqués le général de division Bélair, en qualité de gouverneur des îles du Levant2, le général de brigade Clément, eu qualité de commandant de la place de Corfou, et leur état-major, avec une vingtaine d’hommes armés de mou régiment que j’avais choisis dans un petit dépôt à Ancône. Nous fîmes voile, dans le courant de frimaire au VII, pour Zara, d’où nous longeâmes la Dalmatie jusqu’à Raguse où nous nous reposâmes cinq jours pour faire des vivres. Nous par-
1 Cetto ville s’était constituée en république sous la protection de nos armes, en décembre 1796.
5 Le Directoire avait décidé de retirer le commandement de la division du Levant à Chabot pour des raisons administratives, et charge Brune, général de l’armée d’Italie, de lui nommer un successeur. (Lettre du Ministre de la guerre du 2 messidor, 20 juin.)
times ensuite pour Casteluuovo où nous mouillâmes uue huitaine de jours, pour y attendre des renseignements sur la situation de Corfou et le plus ou moins de danger qu'il y avait à naviguer dans le golfe qui se trou-
Echelle 100 kilom.
vait alors couvert de bâtiments ennemis, autrichiens et russes. Le général de division crut devoir faire rétrograder le bâtiment sur Zara et Ancône, en longeant les îles de la Dalmatie pour mieux cacher notre marche à l’ennemi b
Débarqué à Ancône, je ne voulus point rester dans l'inaction. Je demandai à être employé à toute espèce de service. Déjà plusieurs cantons se révoltaient contre l’armée française. Je reçus en conséquence l’ordre du général de division Bélair, commandant la marche d’Ancône, de prendre le commandement de
1 V. AM, aux notes.