‹ Mémoires du Général Baron Roch GodartChapitre 53 sur 68 · iü · texte numérisé non relu

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La division Clauzel, tenant, la droite, occupait des mamelons dominant Sobral, et concentriques à une partie des positions des Anglais, mais dominés eux-mêmes par des montagnes plus élevées dont le principal sommet portait un fort. Elle était dans une condition lâcheuse pour des mouvements d’ensemble.

Le 13, Masséna ordonna d’attaquer. Junot en chargea son général de division Solignac, qui dégagea un peu la situation. Dans un mouvement offensif, Godai t eut un cheval tué sous lui. Les pertes furent à peu près égales des deux parts : cinquante morts (au moins, de notre côté) et 170 blessés (Fririon).

La brigade de Godart fut en réserve à Sobral.

Bétails sur le premier mouvement en arrière de l'armée de Portugal, et en particulier de la brigade Godart (14-19 novembre 1810).

Drouet, comte d’Erlon, était arrivé, à la fin d’octobre, à 'l’homar, avec le IXe corps, mais réduit à 6,000 hommes, ce qui ne changea pas la situation. Ney et Reynier s’étant refusés à une attaque, Masséna se résigna à rétrograder vers le Zézère.

La retraite était difficile, surtout pour le VIIIe corps qui, de Sobral, n’avait de passage que par le défilé d’Àlemquer.

Le 14 novembre, à huit heures du soir, la lre division (Clauzelj quitta Sobral pour Golgao ; la 2e (Solignac) suivit. On passa par Alemquer, Moinlio Novo, et on bivouaqua sur les hauteurs d’Aveiras de Cima. Le reste de l’armée suivit. Le 15, on vint à Cartaxo. Le 16 on atteignit Abrahao, Pernes, puis la division Clauzel occupa les hauteurs en arrière de Golgao, et la division Solignac occupa Torres novas.

La gauche, c’était le 11e corps (Reynier), le long du Tage; la droite, le V1R corps (Ney) qui occupa Alcanhède le 18, et s'étendait à Thomar et Leiria; le centre, le VIIIe corps (Junot) qui, posté sur l’Alviella, avait occupé Pernes, le 17, donnant la main au IIe corps, et occupait aussi Torres novas, Cerral et les approches du mont Junto. Il avait à défendre le passage du Rio Major.

La division Clauzel formait la droite du VIIIe corps. Le 17, la brigade Godart était à Abrahao et Alcanhède, avec la cavalerie; les deux autres brigades s’étendaient delremes àSantarem.

LETTRES, PIÈCES OFFICIELLES, NOTES

Le 20, la brigade Godart, remplacée par la brigade Mesnard, se posta en arriére à Pernes.

A la fin de novembre, elle revint à Alcanliède, Abrahao, Aldea de Ilibeira, où elle était en contact avec la division Solignac.

1810 (A 13, p. Iô8.)

Détresse et expéditions régulières de maraude de l'armée de Portugal ( octobre l8\0-janvier 1811).

Les Français, dans leur marche sur Lisbonne, avaient toujours trouvé le vide imposé systématiquement par les Anglais. L'intendant général de l’armée de Portugal écrivait, le 20 octobre : « .Jamais armée d'invasion n’est arrivée à sept lieues de la capitale d’un pays sans avoir rencontré un seul de ses habitants. »

La détresse en résultait pour les envahisseurs, et l’impuissance de l'administration. Masséna ne put faire respecter les attributions de l'intendance pour la garde et la distribution des subsistances. II écrivait (2d octobre) qu’un tiers de l’armée était dispersé en maraudeurs. C’est le VIIIe corps qui manquait le plus de viande.

Chaque corps d’armée eut son troupeau, son magasin, ses moulins, et fit des expéditions et des partages du butin en dehors du service administratif. Dans les nouveaux postes occupés le 19 novembre, ce fut l’objet des premières préoccupations. Un croquis, tracé vers le 20 novembre, détermina même pour chaque corps le territoire où s’étendraient ses battues. Le VIIIe corps eut la moitié de la plaine de Galgao, entre l’Alviell a et l’Almonda.

Ce partage de territoires n'était pas chose nouvelle. Ainsi on l’avait vu, en 1809, à la grande armée, après les opérations militaires. Mais il n'avait pas ce caractère d’àpreté terrible dans son exécution. 11 y eut de vives contestations quand le pays d'Alcobaça, une des localités attribuées au VIIIe corps, fut visité par le général Gérard, du IXe corps, dans une expédition de six jours; quand les officiers du VIIIe corps empêchèrent (25 novembre) le commissaire ordonnateur duVle de prendre desgrains à l’ombal. Ney se plaignit encore que les maraudeurs du lIecorps empiétaient sur son district (fin de décembre).

Les moulins aussi furent partagés à diverses reprises. On les

répartit enfin entre les régiments ; ils procurèrent cette fois du pain pour quinze jours, excepté dans le IIe corps.

Après le retour de l'expédition faite par Godart pour le VIIIe corps, le général Fririon écrit, le 8 janvier, au général Rover, chef d'état-major de ce corps, qu’il y a encore beaucoup de bétail dans les villages voisins de la mer, en passant entre Pombal et Leiria.

Reynier (IIe corps) découvrit aussi des subsistances au commencement de janvier.

Une nouvelle expédition de la division Clauzel sur Alcobaça fut arrêtée par le IXe corps. Alors Junot en envoya une vers les bords du Mondégo (27 janvier). Des détachements poussèrent jusqu'au delà du Mondego.

M. Thiers nous en raconte une effectuée par le corps dê Ney au mois de février.

« Des détachements envoyés pour chercher des vivres se portent aux excès les plus inouïs. Ceux des habitants qui ont déjà fourni tous les moyens de subsistances qu'ils avaient, ou que la misère a empêchés d’en fournir, sont les victimes d’une barbarie affreuse. Nos soldats ont pendu un grand nombre de ces malheureux. » (Rapp. de Masséna, 13 janvier.)

Retraite de l'armée de Portugal, et en particulier mouvements du VIIIe corps (4-22 mars).

Les malades, les blessés, les bagages furent acheminés, le 4, sur Thomar, et y furent rendus le 5.

Le soir de.ce jour, les troupes se mirent en mouvement, et en premier lieu le VIIIe corps d’armée, commandé maintenant par Clauzel. La division Solignac où se tenait Junot, étant à Pernes, attendit la division Clauzel qui, le soir, se concentra à Alcanhède, puis arriva à Pernes.

De soncôté lelPcorps (Reynier) arriva àThomar,etleVIecorps (Ney) à Ourem, le 6.

Ce jour-là à midi, le VIIIe corps, avec Masséna, arriva à Torres novas. Là arriva aussi la brigade Godart qui, d’Alcanhède, avait marché directement par Alcanena sur Torres novas.

LETTRES, PIÈCES OFFICIELLES, NOTES 349

Le 7, le VIe corps était à Leiria. De ce jour Ney va toujours être à l’arrière-garde.

Mais nous suivons particulièrement la division Clauzel, à laquelle appartient Godart. Le 7, le VIIIe corps est à Chao de Maçans.

Le 8, sur la route de Pombal, il passe à Santa-Maria et à Perelinga sur la droite de la Soure. La couchée est sur les hauteurs d’Ohranco.

Le 9, les trois corps d’armée sont réunis à Pombal. On a gagné trois marches sur l’ennemi en lui dérobant la retraite. Le Ville corps couche à Venda da Cruz.

Le 10, la cavalerie anglaise parait et nous suit de près. En quittant Pombal, les Français brûlent cette ville. Là ont commencé les désaccords entre les chefs.

Le II, on arrive à l’affreux défilé qui s'étend de Redinha à Condeixa Velha. 11 ne s’agit que du VIe et du VIII0 corps. Le II0 (Reynier), tire plus à droite, par Espinhal. S’isolant encore davantage dès le début, à l’est, le clc d’Erlon se dirige vers Ponte de Murcelha. Le reste marche sur Coïmbre.

LeVIIF’corps etladivision Loison(du Vl°)font halte surles hauteurs en avant de Redinha pour couvrir le passage des malades etdes équipages par le dé Ii lé et le pont de l’Adancos. Ils occupent de même ensuite les hauteurs au débouché du délilé.

Le 12, le VIII0 corps et Loison marchent sur Condeixa; Ney reste en arrière à l'entrée des délilés sur les hauteurs, et, avec une division, arrête 30,000 ennemis par le brillant combat de Redinha.

Alors on apprend que Coïmbre est occupée par une forte garnison de miliciens, que son pont est coupé, et que le Mondego est débordé. Dans le VIII0 corps, on cherche des gués en vain. 11 faut rétrograder pour prendre plus à droite. L’armée, entre Condeixa et Cardaxo, est dans une situation critique. La cavalerie anglaise est pressante. Masséna et Ney se querellent, dissentiments des chefs qui ne vont plus cesser. Toutefois Ney a promis de tenir quarante-huit heures au délilé.

Condeixa, embranchement précieux de la route où l’on rétrograde et de celle qu'on va prendre, et Fuente-Cuberta, position capitale aussi où l'on tend, sont menacés dès le matin par

l’ennemi. Loison tient Condeixa, entre le reste du VI0 corps (Ney) et le VIIIe (Clauzel, Masséna) qui doit le soutenir.

Le VIIIe corps a donc tourné vers Fuente Cuberla. On y arrive; c’est le quartier général. Les hauteurs de Chao de Lamas sont occupées par le VIIIe corps; quand on aura atteint Miranda de Corvo, il s’y massera. Clauzel restera en arrière.

Soudain Ney évacue Condeixa qui est en flammes derrière lui, et se retire à Casalnovo. Clauzel est à découvert. La cavalerie anglaise apparaît dans le quartier général et manque de s’emparer de Masséna, à cinq heures du soir. Toutefois l’ennemi est repoussé, et nous restons maîtres de l’embranchement des routes. Il faut donc se mettre en marche aussitôt. Une pénible marche de nuit, par Casalnovo et Chao de Pegu, nous amène à Miranda de Corvo.

Le 14, Ney, toujours à l’arrière, est vivement attaqué à Casalnovo, soutient brillamment le choc, et intimide l’ennemi, puis rejoint l’armée postée en avant de Miranda de Corvo. Le soir, les trois corps se dirigent vers Foz d’Arouce sur la Ceira. Mais Ileynier, toujours plus à l’est, à Louza, reçoit ordre de gagner directement l’Alva, après laquelle le danger extrême cessera. La journée finit encore par une vive altercation.

Le 15, la Ceira fut passée par le VIIIe corps à Tirao Elvas, par Loison et le IIe corps à Foz d’Aronce. Tous se trouvèrent réunis en arrière de Foz d’Aronce, à Vendu Nova, etc. On tendait toujours à une concentration vers Ponte de Murcelha. Ney, invité à suivre, resta à gauche sur les hauteurs, pendant que l’artillerie, les blessés, etc. passaient.

C’est lui qui, à la lin, ordonna l’exécution dont Godart subit sa part. Les voitures et charrettes à bœufs furent brûlées ; on coupa les jarrets aux bêtes de somme; quatorze caissons des équipages furent détruits.

C’est au combat de Foz de Aronce que fut culbutée notre arrière-garde, et surtout la division Mermet (VIe corps).

Ney accourut ; la panique passa du côté de l’ennemi. On voyait des troupes de fuyards des deux côtés. On tira du VIIIe corps sur la brigade Fririon. Ney ne passa la Ceira qu’à dix heures du soir, fit sauter le pont, et dirigea le matériel sur Ponte de Murcelha.

Le pont de Murcelha, dont on attendit laréparation, arrêtés entre

LETTRES, PIÈCES OFFICIELLES, NOTES

la Ceira et l’Alva plus impétueuse, offrait il qui l’occuperait, une position presque inexpugnable. Au moment de ce séjour, l’armée comptait 47,046 hommes présents dont 40,751 combattants (le VIIIe corps 11,824 dont 9,755 combattants) et 5,000 malades ou blessés.

On avait fait trente-trois lieues en onze jours.

Le 17, à deux heures du matin, le VIIIe corps quitta ses positions en arrière de l’oz de Aronce et occupa le plateau de Murcelha, entre l’Alva et le Mondégo. Une fois réunis sur ces hauteurs, on se serait volontiers reposés. Mais les Anglais venaient de saisir un pont à deux lieues sur la gauche.

On se remit en marche. Le VIIIe corps partit à quatre heures du soir, et arriva, le 18 au matin, à l’Alva qui, en cette partie de son cours, s'appelait Alva o dos Pinares, puis à Galizes qui fut le quartier général.

C’était non loin du confluent de l'Alva et du Mondégo. En effet, jusqu’à la sortie du bassin du Mondégo (du IG au 22 mars), le VIIIe corps, tenant la gauche, eut à surveiller l’ennemi sur la rive droite du fleuve. Masséna voulait tenir là.

Mais le VIIIe corps y étant attaqué, lieynier (IIe corps) à la gauche, indocile et resté en arrière de façon à laisser découvert le VIe (Ney) à Ponte de Murcelha, fut attaqué aussi, et il fallut se rapprocher de lui et gagner Venda d’Oporco.

Le VIIIe corps arriva, le 19 au soir, à Pinhancos, et sa lre division à Moria derrière le IIe corps. Le 20, il était à Villacortez et Sampayo. Le 21, l’armée arriva sur les hauteurs arides et pierreuses qui séparent le Mondégo et la Coa. Le VIIIe corps, ces deux jours-là, surveilla par des détachements le pont de Fornos,' puis dépassa Célorico, et prit position sur la route de Guarda.

Mouvements indécis de l'armée de Portugal , et en particulier du VIIIe corps, sur la frontière (24 mars- 12 avril).

Le 24 mars au matin, on marche sur Guarda. Le VIIIe corps est posté en avant de celte ville sur la route de Belmonte. Cette région à pic et montueuse, d’où sortent le Mondégo et le Zézère, n’offre pas de ressources.

Le 23, il remplace le II0 corps à Belmonte.

Le 27, il reçoit l’ordre pressant de se concentrer : la division Clauzel est envoyée à Covilham sur la rive droite du Zézère.

Le 29, l’ennemi paraît tout à coup sur les hauteurs, et Masséna manque d’être enlevé, comme quinze jours auparavant, au milieu du VIIIe corps. Le même jour Guarda est évacuée.

Le VIIIe corps s’établit à Sortelho. Le 30, il est à Urgeira. Le quartier général a été transféré de Guarda à Alfayates.

Après le combat de Sabugal gagné par Wellington en personne, le VIIIe corps va, par Sabugal, à ïouro; sa lre division est en arrière sur les hauteurs d’Aldea de Obispo (le 31). Elle va faire l’arrière-garde.

Le 3 avril, les malades partent, le reste suit.

Le 4, à Aldea de Ponte on rentre sur la terre d’Espagne; les corps se séparent. La division Clauzel atteint Ituero et Campillo de Azara.

Le 3, elle est à Carpio et Marialba.

Le 8, l’armée passe l’Agueda, et on désigne les cantonnements. Le VIIIe corps dirigé sur Toro, atteint ce jour-là San Espiritu; le 9, San Estevan et Sando de Santa-Maria; le 10, Ledesma; le il, Fuente el Sauco et arrive, le 12, à Toro.

La lre division fut cantonnée à Toro et aux environs sur la droite de Douro.

Mouvements du VIIIe corps et de la brigade Godart, du 19 avril au 4 juin.

Le 19 avril, la lre division du VIIIe corps s’étendit de Toro vers Ciudad Rodrigo, la Boveda de Castro, Salamanque, Matilla, etc. pour assurer les communications avec Ciudad Rodrigo. La brigade de Godart venait d’être renforcée d’un bataillon irlandais et d’un bataillon prussien. Le chef des Irlandais, Fitz- Henri, déserta dans cette marche, auprès de la Boveda, avec 84 hommes.

Le 23, la brigade de Godart fut placée à Fuente el Sauco.

11 y eut alors un remaniement dans le VIIIe corps. La 2e division, commandée par le général Feray, se composa de deux

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brigades, dont la seconde fut celle de Godart. Elle comprenait :

Le 22° régiment comptant . 1,723 h. (plus le 4e bataillon), sous le

colonel Denis.

Du 19e régiment . 232 h. en attendant les hommes du 19e

sortant de l’hôpital.

Bataillon prussien . 506 h.

Bataillon irlandais . 566 h. avant la désertion.

Le 8 mai, le gros du VIIIe corps se trouva réuni à Matilla. Marmont, successeur de Masséna, remplaça les trois corps d’armée par six divisions. Les deux brigades de la division Feray formèrent la 6e division sous le général Brenier. Elle fut cantonnée à Alaejos et Fuente el Sauco.

Le 22e régiment fut placé à Arcediano du 23 au 31 mai, arriva à Villa Excusa le 1er juin; à Mariscos le 2, ayant toujours le bataillou irlandais (réduit à 390 hommes). Le 4, la division était à Salamanque, comptant 5,380 hommes.

Marche de la G° division de l’armée de Portugal et du grand parc escorté par le général Godart, de Salamanque à liadajoz (7- 25 juin), au secours de cette dernière place.

Marmont avait décidé de marcher au secours de la garnison de Badajoz, serrée de près pour la seconde fois depuis la bataille de Fuentès de Onoro (5 mai), et surtout depuis la défaite de Soult à Albuéra (16 mai).

Il commença une diversion, le G juin, vers Alfayates, tandis que Ileynier, à la tête de deux divisions, se dut diriger sur le Tage. L’une de ces divisions était la 6e, alors à San Pedro de Rosados. Son chef Brenier reçut l’ordre d’escorter le grand parc d'artillerie qui se trouvait à Salamanque. L’ordre parvint à Godart le 8.

La 6° division le précéda. Elle était à La Oliva le 10, au delà des montagnes, quand il était au nord, à la Calzada.

Un parvint le 13 à Plasencia, où Marmont avait devancé le corps d’armée, et sur la gauche du Tietar, le 14. Du Tietar au Tage on traversa une plaine monotone, nue, desséchée, sous une chaleur accablante.

BARON GODART

Reynier avait préparé le passage du Tage; Godart, avec le grand parc, l’effectua le jour même, en avant de Luegarnuevo. Marmont était ce jour-là à Truxillo.

Le 16, on atteignit Jaraïcigo;

Le 17, Truxillo.

Le 18, la 6e division laisse à Truxillo quatre compagnies du 22° pour faire rentrer les vivres, et on arrive à San Pedro el Valverde et à Mijadas. Les Irlandais sont envoyés pour garder le bac du Tage.

Le 19, la 6e division, devançant le grand parc et le 4e bataillon du 22° qui l’escortait, atteint Mirandilla.

Le 20, les quatre compagnies restées à Truxillo l’y joignent. Le 4e bataillon, escortant le grand parc jusqu’à Truxillanos, revient aussi à Mirandilla. Les trois autres bataillons, sous le général Brenier, vont à Alcuescar.

« Moscou, 4 octobre 1812.

« A Monsieur le Général de brigade Godart, à Vilna.

« Je vous préviens, Monsieur le Général Godart, que l’Empereur vous a choisi pour prendre le commandement du gouvernement de Vilna en remplacement de Monsieur le général Jomini qui a une autre destination. Pi’enez en conséquence les ordres de M. le général Hagendorp, gouverneur-général de la Lithuanie, de vous mettre en possession de ce commandement.

« Le prince de Neuchâtel , chef de l'Etat-major général,.

« Alexandre. »

L' administration à Vilna (septembre et novembre 1812).

« Notre position à Vilna devint alors difficile et inquiétante. Nous y avions des magasins fort considérables d’approvisionnements et de munitions, seules ressources pour la grande armée en retraite; ce qui pouvait engager l’ennemi à tenter un coup de main sur cette ville qui ne peut être fortifiée, comme je l’ai dit plus haut, à cause de sa situation dans un fond dominé de

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toutes parts. Je fis pourtant palissader les endroits où les murailles manquaient, et les issues des rues, pour empêcher au moins les Cosaques d’y pénétrer la nuit. Les renforts pour l’armée arrivaient toujours. Après le IXe corps, qui passa en septembre, il vint encore des demi-brigades et des bataillons de marche... Je fis, selon les ordres de l’Empereur, tout filer sur l’armée, jusqu'au moment où la communication fut interrompue, et où il n’y avait plus de sûreté pour la marche des petits corps. Je gardai ainsi la division du général Loison, qui arriva dans les derniers jours de novembre, un régiment de lanciers Polonais, et deux régiments Napolitains, composés de volontaires et d’une magnifique tenue... Je les passai successivement en revue, mais déjà sur la neige.

« Hagendorp. »

Les derniers moments de trompeuse sécurité à Vilna (1-3 décembre ).

Un jeune seigneur polonais déguisé partit de Vilna, fut arrêté et maltraité par les Russes, mais arriva auprès de Napoléon, et put rapporter des réponses de lui au duc de Bassano et à Hagendorp, postérieures au passage de la Bérésina. Là-dessus le duc de Bassano écrit à l'Empereur quhï va armer la petite noblesse lithuanienne (1er décembre). Hagendorp écrit à Berthier qu’il y a à Smorgoni 600 quintaux (ou 60,000 rations) de biscuit, qu on peut y en envoyer 150,000 de Vilna, et qu’on va faire fabriquer du pain sur les points convenables (2 décembre).

Mais on affecte la sécurité en public. Le 2 décembre, le duc de Bassano donna un diner, et Hagendorp un bal. En même temps que Hagendorp, mandé par Napoléon, part en faisant marcher la 34e division au-devant des bandes en retraite, le duc de Bassano écrit au prince de Schwartzemberget à Reynier que Napoléon vainqueur à la Bérésina a réduit TchitchakofI' à 7,000 hommes (4 décembre).

L’arrivée de La Bedoyère, aide de camp de Ney, puis des voitures, quelques fugitifs à pied, firent connaître la vérité.

Hagendorp est allé conférer avec Napoléon à l’insu de Godart, semble-t-il; puis le duc de Bassano à l’insu de Godart et d’Hagendorp.

Les bandes en retraite sur Yilna, le 4 décembre.

« ... Je commençai à rencontrer la file des hommes qui revenaient sur Vilna. C’était un mélange coni'us de toutes les armes, de tous les grades, sans ordre, sans distinction. Mornes, silencieux, on ne leur entendait que proférer des soupirs ; ils se heurtaient souvent les uns les autres. J’en vis un grand nombre tomber tout à coup à la renverse; quelques-uns se relevaient après de pénibles efforts; mais la plupart demeuraient sur la place, et mouraient avec des mouvements convulsifs. Presque tous avaient jeté leurs armes, et se trouvaient dans un dénuement complet d’habits et surtout de souliers, privation qui leur était la plus insupportable. On en voyait couverts d’habillements bizarres, de pelisses de femmes, de mille différents lambeaux. Le général n’était pas mieux que le soldat ou le tambour, et en était heurté sans même oser rien dire; car on ne connaissait plus ni subordination ni discipline.

« Hagendorp. »

(. Allant trouver l'Empereur à Vileika.)

« Beaucoup de généraux et d’officiers de ma connaissance, n'ayant pu trouver de logement, vinrent se réfugier dans le mien, à l'hôtel du gouvernement civil russe, qui était fort vaste.

« Tous les appartements de mon hôtel étaient bien chauffés, et j'y avais fait étendre de la paille, car les lits sont rares dans cette partie de la Pologne. Des bouillons restaurants y étaient continuellement préparés; j’avais une abondante provision de vin, et ceux qui se retirèrent chez moi recouvrèrent en assez peu de temps les forces qui leur étaient nécessaires pour supporter les fatigues de la retraite. Mon hôtel ressemblait à un hôpital... Les ressources de ma table répondirent jusqu’à la fin à mon désir d’être utile à tous; le bien que je fis adoucit pour moi les derniers moments que je passai à Yilna.

Hagendorp. ®

LETTRES, riÈCES OFFICIELLES, NOTES

La montée de Ponari (10 décembre) et la sortie de Vilna.

La surprise, la confusion et le désastre de la colline Ponari montrent l’égarement qui domine tout dans certains moments. Le 8, des voitures arrêtées par cet obstacle avaient rebroussé vers Vilna, et Murat avait écrit à Hagendorp d’étudier la rive gauche de la Vilia pour éviter cet obstacle. Du côté opposé de Vilna, à l’est, une pente pareille était aussi devenue une paroi glacée qu'il avait fallu descendre.

Les équipages de l’Empereur, qui devaient arriver à Vilna le 6 ou 7, ne descendirent la route de glace de l’est que le 8, et entrèrent le soir à Vilna. Ils durent repartir le lendemain à midi; mais le froid en écarta les gendarmes d’élite qui les escortaient; les conducteurs, dont les mains étaient gelées, refusèrent de remuer. Le départ ne s’effectua qu’à huit heures du soir, pour s’aheurter à l’encombrement de Ponari. Il dura quinze heures. Le général Delaborde, comme Godart, y perdit voiture et traîneaux.

Le III0 corps sous le général Marchant sortit de Vilna à six heures du matin. A huit, la ville était occupée par les Cosaques, offrant, comme Minsk et Smorgoni, à l’armée russe exténuée, les approvisionnements destinés à l’armée de la France. Alors seulement Hagendorp sortit de Vilna. Sa voiture tourna à droite de Ponari et suivit la Vilia. Les Cosaques vinrent achever le pillage de Ponari.

Adressé ail Ministre de la Guerre.

« Mayence, 6 mars 1814.

«... Lors de notre retraite de Vilna, je tombai malade au point que j’eus beaucoup de peine à supporter le traîneau jusqu’à Dantzig. Quelque temps après, étant parvenu à me rendre à Stettin, un comité de médecins décida que ma maladie et les humeurs qui étaient sorties sur tout mon corps provenaient des fatigues de la guerre et de mes anciennes infirmités, et que je je ne pourrais me rétablir qu’autant que j’aurais pris les eaux.

.l’obtins à cet effet de S. A. I. le prince Vice-Roi, par une lettre du 27 janvier dernier, l’autorisation de me rendre en France pour y soigner ma santé, et y prendre en même temps les ordres de Votre Excellence.

« Depuis cette époque, Monseigneur, quelques ménagements et un traitement que j’avais commencé ayant amélioré ma santé, je me crus guéri, et déjà je me déterminais, autant par zèle pour mon métier que par attachement pour mon Souverain, à faire cette nouvelle campagne, lorsqu’une rechûte m’a prouvé tout récemment, à Magdebourg, qu'il fallait enfin que j’allasse prendre les eaux. J’ai donc profité de l’autorisation de S. A. pour rentrer en France. »

. (Fièvre bilieuse et goutteuse.)

(11 va partir pour Albi et sitôt rétabli, redemandera de l’activité.)

Démarches, du général Godart au retour de sa captivité pour recouvrer sa position antérieure ( mai 1814-mars 1815).

Son principal souci, comme celui de milliers d’autres officiers, fut de retrouver sa position ou des débris de cette ancienne position. En arrivant à Paris il renouvela sa demande du 16 mai. Mais le commandement dans le Tarn avait été donné au général Roize. Il fut donc mis en non-activité.

Cependant le général Mathieu Dumas le présenta au général Dupont ministre de la guerre ; Marmont apostilla sa demande. On parla d’établir dans le Tarn deux subdivisions militaires : Godart aurait eu celle de Castres. 11 obtint, en attendant, la croix de Saint-Louis (19 juillet), le titre de commandeur de la Légion d’honneur (23 août) et un congé de deux mois (août et septembre) pour aller aux eaux et rejoindre sa famille. 11 partit confiant à un fondé de pouvoirs ses réclamations (formulées déjà de son lit de malade, à Dresde, 30 août 1813), concernant ses traitements arriérés, ses indemnités et sa baronnie.

A la fin de septembre et en novembre (le 20), il sollicita encore. Au commencement de mars, on parlait de lui donner le commandement du Gers.

LETTRES, PIÈCES OFFICIELLES, NOTES

Godart rentre en fonctions pendant les Cent- Jours. i Sire,

« J’étais en demi-solde dans le département du Tarn que je commandais avant la retraite de Russie. A la première nouvelle du retour de Votre Majesté en France, je me suis empressé de courir sur vos pas. Je vins à Paris lui offrir de nouveau mes services. Je la supplie de me rendre le commandement du département du Tarn. J’en connais l’esprit et j’ai gagné la confiance des habitants. Si elle, préfère me donner une brigade dans les armées actives qu’elle va mettre sur pied, je suis prêt à verser mon sang pour lui prouver mon dévouement et ma fidélité.

« Paris, 24 mars 1815. »

Une demande pareille adsessée au Ministre de la guerre Davoust, prince d’Eckmuhl, est datée du 25.

Voilà le général Godart en flagrant délit de capitulation de conscience, comme tant d’autres. Dans la suite de ses mémoires écrits un peu plus tard, avec des souhaits, des espérances, sinon pour lui du moins pour les siens, les faits sont présentés sous un autre jour.

Arrêté du Mnl de camp Godai t, C,lt le Tarn, prescrivant le désarmement et la mise en état de siège de la commune de Iiéalmont (30 juin 1815).

« Le maréchal de camp commandant le département du Tarn :

« Vu les différents rapports qui lui ont été faits les 25,27 et 29 de ce mois, tant par la municipalité de Réalmont que par Mr le sous préfet de l’arrondissement, constatant que ces jours derniers des rassemblements séditieux ont eu lieu dans la dite commune de Réalmont; que des outrages ont été portés aux couleurs nationales; que des cris de Vive le Roi ! se sont fait entendre, notamment pendant la publication de l'arrêté de M. le Préfet, du 29 juin, sur les derniers évènements survenus

à Paris; que les vociférations les plus fortes et les provocations les plus marquées ont été dirigées contre des personnes que leurs fonctions et leur caractère devaient en garantir;

* Considérant enfin qu’on s’est permis d’arborer le drapeau blanc sur le clocher de la ville, et que d’ailleurs les habitants s’étaient déjà conduits précédemment jde manière à provoquer la surveillance et la sévérité des premières autorités;

« En conformité de l’ordre du jour de Mr le ll gal Gilly, command1 la 9e d011 milre, du 27 du courant, ordonne ce qui suit :

« Art. 1er.

« La ville de Réalmont est mise en état de siège. M. le capitaine Rivière, command1 de la place, est en conséquence investi de toute l’autorité que lui attribuent le Décret impérial du 24 Xbre 1811, chapitre 4, de l’Etat de siège, et les lois et règlements antérieurs.

« Art. 2.

* Il sera établi jusqu’à nouvel ordre à Réalmont une garnison de 120 hommes à pied et de 15 gendarmes à cheval, comprise la brigade en résidence, qui seront aux frais des habitants et de préférence à la charge des principaux instigateurs connus. Les garnisons jouissent de la taxe graduelle fixée par l’arrêté de M. le Préfet, en date du 13 mai dernier.

« Art. 3.

« 11 sera prélevé de suite sur les contribuables, par voie de contrainte, une somme suffisante pour servir la solde pendant cinq jours, tant des hommes à pied que de ceux à cheval, d’après la situation que fournira le commandant de place.

« Art. 4.

« Tout individu qui se serait permis ou qui se permettrait dorénavant de provoquer à la révolte, soit par des cris ou des chants séditieux, soit en portant des signes contraires aux loix et à l’honneur national, sera arrêté sur le champ et conduit à Alby pour y être livré aussitôt à une commission militaire.

« Art. 5.

« Les habitants seront tous désarmés dans le jour. La garde nationale de Réalmont sera organisée et armée par les soins du commandant de la place qui s’entendra pour cet effet avec

LETTRES, PIÈCES OFFICIELLES, NOTES 3G1

l'autorité civile. Les officiers de la garde nationale seront soumis à la confirmation du gal comJtle Département.

« Art. 6.

« Le drapeau tricolore sera replacé de suite sur le clocher et toutes les proclamations concernant les derniers évènements, les arrêtés de M. le lieutenant-général comte Gilly des 7 et 27 juin, ainsi que le présent arrêté, seront publiés et affichés dans les différents quartiers de la ville de Réalmont.

« Ar. 7.

« Il sera tiré 600 exemplaires du présent arrêté pour être répartis dans les différentes communes du Département, et dans le cas où les actes mentionnés au précédent article seraient pendant la nuit déchirés ou arrachés, il en sera imprimé 000 exemplaires de chacun aux frais de la commune.

« Le commandant de la place est chargé de l’exécution des précédentes dispositions.

« Le b°“ Godart. »

Le général Godart au moment de la seconde Restauration.

C’est au moment qu’il connut l’abdication de Napoléon, la résistance passive ou active grandissant autour de lui. Decaen proclame Napoléon II à Toulouse, le 29 juin; mais on sait que le drapeau blanc est arboré à Paris. En dépit des colonnes mobiles qui sillonnent le pays, on n’obéit plus. Les notables, les juges d’Albi en particulier, sont suspects. De là la dénonciation des relations, déjà anciennes, de Godart et de sa famille avec des partisans des Bourbons : c'étaient les bons rapports mêmes qu'il avait fait valoir auprès du gouvernement du 20 mars pour être replacé à Albi.

Le dénonciateur, que le général n'a peut-être jamais connu, était le préfet qui signalait chez lui l’insuffisance et la tiédeur. La lettre suivante, qui n’est pas la seule, montrera combien il était aisé d’être sans élan et sans espoir :

« Albi, le 7 juillet 1815.

« Monsieur le Préfet,

« J’ai donné l’ordre que la compagnie des retraités de Gaillac

arrivât aujourd’hui de bonne heure â Albi. Je comptais sur le complet de cette compagnie, quand, à mon grand étonnement, elle n'est arrivée ici qu’avec une vingtaine d’hommes à peu près. Depuis hier soir, il en est déserté près des trois quarts... »

(Le général attribue ce mécompte à l’indifférence des maires, et prie le préfet d’agir auprès d’eux.)

i Godart. »

Là-dessus le préfet, obstiné à espérer et à agir, avait adressé au général Decaen, commandant le corps d’armée du Midi, un rapport où il disait .

« Il n’y a pas eu de révolte ouverte dans le Tarn, mais tout autour (Lozère, Hérault...).

« Ce n’est que par l’emploi des mesures les plus énergiques que le Tarn peut être maintenu dans l’ordre, et on y parviendrait si le général qui commande ici était un homme ferme, actif, intelligent et dévoué. Mais le général Godart n’est rien de tout cela. 11 n’a ni fermeté ni intelligence; il n’inspire aucune confiance aux hommes dévoués à la patrie qui remarquent avec inquiétude les relations qu’il vient de reprendre avec des hommes connus pour leur dévouement exclusif aux Bourbons.

« M. le général Gilly qui le connaît me l’avait signalé comme un homme sur lequel l’on ne pouvait compter sous aucun rapport... Le seul moyen de conserver le département du Tarn est d’y envoyer un nouveau commandant.

« Mon collègue du département de l'Aveyron prend des mesures pour étouffer la rébellion de l’arrondissement de Saint- Affrique; je tâche de le seconder en faisant partir quelques forces de ce côté.

« En remplaçant le général Godart, il ne pourrait être que très avantageux que vous l’appelassiez à Toulouse... »

Decaen expédia un ordre conforme.

Godart, en arrivant à Toulouse, apprit, non pas le désastre de Waterloo, mais l’entrée des Alliés à Paris, les succès des royalistes en Provence, la rentrée du duc d’Angoulême en Roussillon, l’ordonnance du 5 juillet qui rappelait le maréchal Pérignon à la tête de la 10e division militaire. Puis les manifestations de plus en plus nombreuses se rapprochèrent de Toulouse. Le 13, le conseil général du Lot se réunissait et proclamait Louis XVIII;

LETTRES, PIÈCES OFFICIELLES, NOTES

le même jour Montauban en faisait autant, et devenait le quartier général de Pérignon. Enfin, à Toulouse même, quand fut publique la nouvelle que Louis XVIII était rentré dans Paris, éclata une manifestation devant laquelle le général Decaen fut forcé de mettre en délibération la question de se soumettre.

Dans cette réunion se trouvait le général Ramel que Godart avait pu connaître à l'armée de Moreau en 1796 et 1797, et à l’armée de Portugal en 1810 et 1811.

Decaen quitta Toulouse le 17 au soir, et les actes de soumission furent rédigés. Le général Godart joignit au sien la dépêche suivante :

« Toulouse, le 17 juillet 1815.

« A. S. E. le Ministre de la guerre.

« Monseigneur,

« J’ai l’honneur de prévenir Votre Excellence que la cause de mon séjour actuel à Toulouse est en vertu d’un ordre que je reçus, le 12 du courant, de M. le lieutenant général comte Decaen, commandant les 9e et 10e divisions militaires, et que les affaires de service pour lesquelles j’avais été appelé étant terminées, je pars en ce moment pour retourner à Albi y reprendre mes fonctions au nom de Sa Majesté Louis X VIII. »

Le 18 juillet au matin, le drapeau blanc flottait sur Toulouse, et Godart repartait pour Albi.

TABLE DES MATIERES

Notice sur l'ouvrage du général Godart . i

Notice biographique sur le général Godart . vm

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