‹ Mémoires du Général Baron Roch GodartChapitre 52 sur 68 · MM · texte numérisé non relu

MM

« Basin, capitaine de voltigeurs,

« Bittes, sous-lieutenant de grenadiers,

« Gugnières, sous-lieutenant de grenadiers,

« Porcheron, sergent de voltigeurs,

« Chaslard, sergent de voltigeurs *.

« Vons trouverez ci-joints les brevets de ces légionnaires. J’aurais bien désiré les leur remettre moi-même, mais puisque l’éloignement me prive d'une si douce satisfaction, je ne puis les coulier qu’au chef de ces braves, et je les remets entre vos mains. Dites-leur, je vous en prie, combien je m'estime heureux d’avoir contribué à faire récompenser leur valeur et leur dévouement.

« Sa Majesté a voulu qu’outre ces récompenses dix autres légionnaires fussent nommés dans le 79e régiment, et vous ne tarderez pas à recevoir la demande de ces propositions. Si cette demande m’est adressée, je proliterai avec empressement de cette circonstance pour vous proposer au grade de commandant. Dans le cas contraire, je ne doute pas que M. le général Lauriston ne vous rende la même justice.... »

1806 (AAS, p. 111.)

'Situation militaire en Dnlmalie sous Marmont (juillet -septembre 1806).

Les trois divisions militaires furent ramenées à deux : celle de Zara sous Molitor, s’étendant jusqu’à Stagno ; celle de Raguse, sous Lauriston, avec l’Albanie vénitienne.

ün reçut l’ordre de renvoyer en France les cadres et les dépôts des 3es et 4es bataillons. Marmont retint pourtant les grenadiers et les voltigeurs, dont les douze compagnies formèrent un corps d’élite de 900 hommes qu’il promit de renvoyer après son expédition contre les Monténégrins. Les cadres des 4es bataillons partirent d’abord; ceux des 3es quittèrent Zara le 9 septembre; celui du 79e passa à Vicence.

Marmont disposait de quatorze bataillons d’un effectif de 9,400 hommes, plus les Italiens (garde royale et chasseurs brescians) donnant environ 1,500 hommes. La division Lauriston (3e, 23e et 79°) présentait 5,177 hommes disponibles.

1 On avait proposé le capitaine Thuret pour un avancement au lieu do la décoration. L'erreur reconnue, ce fut un sixième décoré.

Lauriston fui envoyé à Castelnuovo pour informer l'amiral Siniavine des négociations pour la paix, et de la cession des Rouches de Cattaro par son maître. Mais Siniavine atermoya et s’entendit avec les Anglais. On en vint aux hostilités. Alors le feu de l’escadre russe empêcha nos communications avec les points fortifiés. Puis Marmont apprit que les négociations étaient rompues (14 septembre). Il se résigna à se replier sur le Vieux Raguse (20 septembre).

1806 (A AT, p. 111.)

j État sanitaire clés troupes sous Marmont (1806-1808).

L’état de maladie dont Godart va souffrir si souvent le reste de sa vie, depuis le mois de septembre 1800, n’était pas un fait particulier.

Le climat de la Dalmatie éprouvait cruellement les troupes françaises. On l’a déjà vu. A l’époque de l’arrivée de Marmont, on compta jusqu’à 2,450 malades. Il écrivit à Napoléon que la moyenne des décès pour maladie dépassait 200 par mois ; qu’on voyait partout « les soldats souffrants et en mauvais état. Je dois cependant distinguer le 79e régiment qui mérite une exception » (juillet).

Ils étaient presque toujours en haillons, pieds nus dans ce pays rocheux qui usait si vite les chaussures. Mais le couchage était regardé comme la principale cause des maladies.

Sous l’administration de Marmont, l’état sanitaire s’améliora. Au mois de juin 1807, sur les 14,000 ou 15,000 hommes de l'armée de Ualmatië; il n’y a plus dans tes hôpitaux que 500 malades ou blessés, et 600 au mois de juillet. II est vrai que, le Ie1' octobre, les 16,471 hommes de l’armée fournissaient 2,900 malades ou convalescents : on voit l’action de la saison des fièvres.

Puis au milieu de 1808, la situation s’améliora encore.

1806 (AAU, p. 113.)

Voici ce que Godart fit. Il adressa la demande qui suit :

LETTRES, PIÈCES OFFICIELLES, NOTES

A Raguse, le 6 octobre 180G.

« Godart, colonel du 79e régiment d’infanterie de ligne, officier de la Légion d’honneur,

« A Son Excellence le général en chef de l’armée française en Dalmatie.

« Mon général,

« La bienveillance dont vous avez toujours honoré le 79e régiment m’autorise à prendre la liberté de vous mettre sous les yeux mes services et le petit historique de ce régiment depuis que j’ai l’honneur de le commander. Puisse ce court exposé attirer sur lui et son chef votre considération qu’ils s’efforceront toujours de mériter !

« Au service depuis 28 ans dont 13 en qualité de colonel, je me suis trouvé, à la tête de mon régiment, à vingt batailles rangées, plus de cent combats, dix sièges ou blocus, et ai fait toutes les campagnes sans exception depuis 1792. Dans ces différents intervals le régiment fut recomplété quatre fois par des demi-brigades entières et, en l’an 12, il fournit 1,500 hommes à Saint-Domingue, et 150 à la Guadeloupe.

« Parmi ces affaires auxquelles mon régiment et moi avons participé j’en citerai deux : la première parce qu’elle est glorieuse et qu’elle m’a pour toujours rappelé d'une époque aussi heureuse pour la France ; et l’autre parce qu’elle est plus récente. Je'veux parler de la célèbre journée du 18 brumaire an 8, dans laquelle je me glorifie d’avoir coopéré au salut de la France en protégeant celui qui était déjà, dans le cœur des Français, Napoléon le Grand; et ensuite de celle de Caldiéro ou avec 14 compagnies de fusiliers, je contribuai au gain de la bataille en culbutant une colonne de 6,000 Autrichiens, leur faisant 1,500 prisonniers et en leur tuant ou blessant 500 hommes. L’ennemi s’étant ensuite rallié, et ayant reçu du renfort, je le contins plus d’une heure, et ce temps fut suffisant pour donner aux divisions Duhesme et Gardanne les moyens de se réunir et de retourner au combat. Je gardai le champ de bataille jusqu’à 8 heures du soir, et l’armée y prit alors ses positions.

« Le déblocus de Raguse étant connu de Votre Excellence, je ne lui en donnerai aucun détail; je me permettrai seulement

do lui rappeler que le régiment y était presque seul, et que rien ne l’arrêta.

« Je prie Votre Excellence de vouloir bien juger si, par ma conduite, je suis maintenant digne des promesses qui m’ont déjà été faites, notamment par Son Altesse le prince Bernadotte qui me lit espérer que je pourrais obtenir un commandement de place de 2e classe ou celui d’un département de France aussitôt que ma santé serait altérée par mes longs services, et comme je me trouve malheureusement dans ce cas actuellement, je supplie Votre Excellence de m’honorer de sa protection et de solliciter en ma faveur (naturellement, le grade de général de brigade serait la condition de cet emploi).

« J’ai l’honneur de lui représenter que je suis sans fortune, n’ayant que ma paie pour entretenir ma femme et mes enfants. »

(Appuyée par Marmont, à Raguse, le 10 octobre 1806.)

Certificat médical.

5 février 1808.

«... attaqué de diverses maladies qui toutes ont paru évidemment dues à une affection rhumatismale vague caractérisée par des douleurs vives qu’il éprouve à toutes les variations de l’atmosphère, dans les lombes et les membres abdominaux et pectoraux.

« Cette affection'est la suite desfatigues excessives des bivouacs et des campagnes continuées sans interruption depuis près de dix-sept ans. La forte et vigoureuse constitution dont la nature l’avait favorisé ne permet pas d’en chercher la cause ailleurs.

« d’où il résulte que monsieur Godart est devenu moins capable de supporter les fatigues inséparables de l’activité de guerre ; mais que .

« le chirurgien-major du 79e,

« Décollés. »

Rapport semblable des officiers de santé de l’hôpital militaire de Raguse (16 juillet 1808).

1807 (AAV, p. 116.)

Hostilités contre les Monténégrins et les Russes, avec les Turcs pour alliés, exercées surtout par le 79e ( avril-juin 1807).

La guerre avait éclaté entre la Russie et la Turquie.

LETTRES, PIÈCES OFFICIELLES, NOTES

Marmonl obtint la destitution du pacha de Trébigne que remplaça Suleiman. Celui-ci, attaqué par des beys insurgés à la tête deMorlaques et de Bocchais, demanda du secours à Lauriston.

Le général Launay envoyé avec un des deux bataillons du 79e placés à Raguse, un bataillon du 23e et deux canons, mit, par sa présence, en fuite Morlaques et Bocchais (21 avril). Suleiman lui proposa de marcher contre les rebelles de Zubié qu'excitait l'évêque des Monténégrins ; mais Launay se retira (22 avril).

Les Russes tentaient des débarquements et fomentaient des soulèvements sur divers points (avril-juin).

Parterre, 400 Russes soutenant 3,000 Monténégrins, Bocchais, Morlaques de Grahovo contre Suleiman, veulent s'emparer de Klobouk (que Godart mentionne sans la nommer).

Suleiman qui a à Trébigne 2,000 à 3,000 Turcs, réclame encore les secours des Français. Launay y est envoyé avec les mêmes troupes qu’au mois d’avril, montant à 1,000 hommes, dit Marmont (chiffre trop faible).

Le général Launay partit de Raguse, le 10 juin; attendit sur la Trebinischitza les renforts de Mostar et d’Outtovo qui étaient campés à Trébigne. Après la jonction, il laisse à son camp 400 hommes de sa troupe et 800 Turcs, et, avec 1,000 hommes et 1,500 Turcs de Mostar, marche la nuit sur Klobouk.

A leur vue les Monténégrins fuient. 150 Turcs s’élancent après eux. Les Russes sont arrêtés par le souci de sauver leur canon. Launay veut les couper par les voltigeurs du 23e et du 79e. Mais les Turcs revenant de la poursuite les devancent et tombent sur les Russes. C'est le combat de Nexchini.

Marmonl semble dire qu'aucun Russe n’échappa; un autre rapport dit que 150 Russes furent prisonniers. Le rapport du général Vignolles donne 142 comme chiffre de leur perte totale.

Le général Launay et ses officiers payèrent un louis par tête qu’ils sauvèrent au nombre de soixante et une. Quatre-vingt-une furent portées en trophée dans la ville de Klobouk et au pacha de Bosnie.

Les Busses aussi, en 1799, à Corfou, avaient racheté la vie de prisonniers français. Dans cette dernière guerre, ils n’eurent pas la même humanité. Le 17 juin le général Delegorgue, le 1er octobre le capitaine Gay furent décapités par leurs alliés.

Les Russes, retirés à Castelnuovo, s’y trouvaient au nombre de 2,500.

Hadji-bey rejoignit alors les Français. Launay marcha sur Grahovo où Russeset, Monténégrins furent encore dispersés(14 juin). Dans les deux actions les Turcs eurent onze morts et quatorze blessés; les Français n’éprouvèrent aucune perte.

Un détachement français resta quelque temps à Trébigne.

1807 (AAV, p. 117.)

Les Bouches de Cattaro occupées par le 79e (10 août 1807).

C’est le général Lauriston qui en fut chargé. Le 10 août 100 hommes du 2e bataillon du 79e prirent possession, à cinq heures du matin, de la Forteresse Espagnole dominant Castelnuovo. Le 11, Castelnuovo, le fort Rose et Budna furent occupés aussi par le même bataillon. On occupa ensuite Cattaro.

Lauriston, placé à la tête de la division militaire nouvelle de Cattaro, eut sous lui les 23e, 00e et 79e régiments.

L’effectif était relevé par des recrues qu’avait amenées le général Clauzel.

Le 1er octobre 1807, les deux premiers bataillons du 79e avaient, à Castelnuovo 1,603 hommes sous les armes, et quelques-uns à l’hôpital ; le 3e en marche pour les rejoindre en avait 689 dont 429 conscrits amenés par Clauzel, ce qui devait faire 2,404 en Dalmatie.

Le 4e, en Italie, se composait de 532 hommes dans la division de Rome, et 265 dans celle de Venise. Ils furent réunis à Trévise. On considérait comme un cinquième bataillon 341 hommes formant le dépôt alors à Chambéry, et 109 restés en Espagne.

1807 (AAX, p. 117.)

Hadji-bey d'Outtovo, allié de la France (1806-1809).

Hudji-bey avait été investi par la Porte Ottomane des domaines possédés par son père, et consistant en Outtovo et trente-deux villages. Homme intelligent, il avait toujours été fidèle à Sélim II; puis, comprenant que l'Empire Ottoman s’écroulait, il s’attacha aux Français. Pendant le siège de Raguse, il avait

LETTRES, PIÈCES OFFICIELLES, NOTES

accueilli et traité généreusement des Ragusains fugitifs avec leurs troupeaux. Il marchait à nos côtés, en juin 1807, quand ses frères profitèrent de son absence pour se soulever contre lui. Ils étaient appuyés par l’aga de Mostar révolté contre la Porte. La Bosnie était en pleine anarchie.

Après plusieurs combats, il dut s’enfermer dans son fort d’Outtovo avec soixante hommes (décembre 1807). Il implora du secours auprès de Lauriston , puis de Marmont venu à Raguse.

De grands changements survenaient dans cette ville. Lauriston, nommé gouverneur général de Venise, avait été remplacé par Clauzel le 2 janvier 1808. Peu de jours après finit la république de Raguse. Le 26 décembre 1807 une proclamation de Godart avait fait savoir que tout capitaine de navire qui n’arborerait pas le drapeau italien serait incarcéré. Le 6 janvier il fut arboré à Raguse. Enfin une proclamation de Marmont (31 janvier) signifia l’achèvement de cette révolution.

Les deux bataillons du 79e étaient revenus de Castelnuovo à Raguse, au mois de mars. Marmont en envoya un, fort de 600 hommes, des vivres et des munitions sous le général Launay, au secours d’Hadji-bey.

Launay écrivit aux frères d’Hadji-bey qu’il n'avait pas d’intentions hostiles; sur quoi ils se retirèrent. Après six heures de marche au delà de la frontière, Launay arriva à Outtovo qu'il ravitailla, puis il se retira (juillet). Marmont omet cette expédition.

Mais la plupart des grands beys de Bosnie se tournèrent contre Hadji-bey parce qu’il avait appelé les Français.

1809 (AAY, p. 122.)

Situation de l'armée de Dalmatie ; entrée en campagne . (mars- avril 1809).

Les soldats restés des 3e et 4e bataillons après le renvoi des cadres, avaient été incorporés dans les deux premiers bataillons de chaque régiment pour élever l’effectif de leurs compagnies à 140 hommes (Dépêche du Ministre, 5 décembre 1808). Il y avait maintenant neuf régiments donnant près de 12,000 hommes

disponibles, et partagés en deux divisions : Clauzel et Montriehard. Celle-ci était formée des brigades Launay et Soyez.

La brigade Launay était formée du 79e et du 81°. Le 79e avait son 1er bataillon (708 hommes) et son colonel à Raguse; son 2e (700 hommes) sous le commandant Délayant à Gravosa; son 3e (000) sous le commandant Wuarsa, dans les iles. Le total était, au 1er janvier, 2,127 hommes, dont environ 120 à l'hôpital.

L’ordre fut de rejoindre l'armée d'Italie, ne laissant que les garnisons indispensables.

Le corps d'armée se réunit donc entre Zara, Zemonico et Raducia. Ensuite il se concentra à Bencovac.

Stoïehovitch, lieutenant de Giulay, avec 10,000 hommes (Marmont dit 25,000) dont 6,000 de troupes régulières, était posté sur la Licca.

Des engagements se livrèrent sur la Zermagna.

Le 11 avril, Marmont connut l’ouverture des hostilités en Allemagne, et Stoïehovitch la défaite de l’archiduc Charles en Bavière.

1809 (AAZ, p. 126.)

Rôle du 79e régim.ent dans le combat de Gospich (21 mai 1809).

Arrivés de bonne heure en vue de Gospich, il fallait franchir la Licca : deux confluents de quatre rivières encaissées couvraient les troupes autrichiennes et les habitants en armes. Marmont ne parle pas de l’orage.

Le gros des Français, c’est-à-dire Montrichard avec Marmont, marcha sur Bilaj pour passer la Licca, pendant que Clauzel, à droite, cherchait un gué de la Jakova. Mais c’est l’ennemi qui passa la Licca et tomba sur Montrichard. Alors on se disputa les mamelons.

A un certain moment la colonne de droite et celle du cenlre des Autrichiens sont séparées par un de ces mamelons. Soyez, avec le 18e léger, exécute une charge brillante contre le centre. Les généraux Montrichard et Launay, avec Godart et le 79e, conliennent la colonne de droite. Elle est repoussée, Godart la suit, déborde au delà du mamelon qui le sépare du centre autrichien. Alors il appuie à droite, contourne le mamelon et tombe sur le centre où le combat est plus rude : Soyez y a reçu

LETTRES, PIÈCES OFFICIELLES, NOTES

une seconde et grave blessure. Le 5e régiment, qui de son côté a fait plier la gauche autrichienne, s’y rabat aussi.

L’ennemi redoubla ses efforts : le 79e le reçut « avec sa bravoure ordinaire, et un bataillon le chargea, tandis que le 81e en faisait autant. » Launay qui« marchait à la tête de ces deux régiments » est blessé. Son commandement est confié par Montrichard à Godart. « Cet effort à notre gauche termine la journée » (Rapport), malgré la l'usilladequi a continuéàdroite.

Marmont diminue notre perte, et évalue celle de l'ennemi à 2,000 tués, blessés, noyés !

1809 (AI, p. 130.)

Le marquis de Chasteler.

C’était un Belge. Né en 1763, colonel au service de l'Autriche,, c’est lui qui accueillit La Fayette quittant la France (1792). Pris à Namur, puis échangé, il lut alors porté sur la liste des émigrés. 11 se distingua devant Valenciennes où il reçut sept blessures, et devint général-major;àAYattignies(1793); au déblocus de Mayence (1793). Instigateur de la deuxième coalition (1798), devenu lieutenant général, il reçut sa treizième blessure en Italie (1800). A la paix, ses biens lui furent rendus (1802). Chel d’état-major général du prince Charles en 1803, il seconda en 1809, à la tète de 13,000 hommes, l’insurrection du Tyrol. lin ordre du jour de Napoléon, du 3 mai, déclara que le nommé Chasteler soi-disant général au service de l'Autriche , serait passé par les armes comme chef de brigands. Le prince de Rohan- Guemené, duc de Montbazon, naturalisé autrichien en 1808, était traité de même.

Il avait chassé du Tyrol Baraguey-d’Hilliers. Mais, battu parle général Lefevre le 13 mai, il résolut de passer entre les généraux français Marmont et Rusca, posté à Klagenfurth. Il entra à Laybach le 3 juin, quelques heures avant l’arrivée de l’avant-garde de Marmont, à Klagenfurth le 3, et sut tenir les Français en échec.

Le 8, l'avant-garde de Marmont arriva à une lieue de Villach. Mais Marmont jugea que Chasteler avait une avance de quarante heures de marche : on rentra à Laybach.

Cependant Macdonald, allant rejoindre le prince Eugène en

Italie, avait laissé Broussier (signalé en Bouille en 1799) avec 7,000 hommes pour enlever la citadelle de Gratz et rallier Marmont. Le feu contre la citadelle avait commencé le 13 mai.

Pendant l'arrêt de Marmont à Laybach (7-16 juin), Ghasteler, plus heureux que Rohan en 1805, passa entre Marmont et Broussier, et joignit Giulay, qui se trouva à la tête de 25,000 hommes. Napoléon reprocha vivement à Marmont ses lenteurs. Celui-ci en rejeta la faute sur la division Montrichard.

Marche de l'armée de Dalmatie, de Wagrum à Znaïm (7 juillet- \.i juillet).

Marmont, à son quartier, général de Wolkersdorf, reçut à onze heures l’ordre de partir à minuit avec ses deux divisions, les Bavarois et la cavalerie de Montbrun.

Il suivait l’arrière-garde du prince de Rosenberg, ramassant blessés et traînards. Le 8, à Wilfersdorf, il appuya à gauche, ce qui décida la direction sur Znaïm, et s’arrêta à Stadt (Staatz). Le 9, il livra un combat à Laa : mais la chaleur, la fatigue, des caves pillées, amenèrent une vraie débandade.

Le 10, Marmont enleva, avec la division Clauzel, les hauteurs de Teswitz, dominant Znaïm et la Thaya le long de laquelle défilaient les 60,000 hommes de l’archiduc Charles. La 79° eut à ce moment-là pour général de division Claparède à la place de Montrichard chargé de commander dans l’ile Napoléon. Cette division, placée en réserve, donna néanmoins, et Claparède fut blessé.

Ce fut la lre division du XIe corps de l’armée d’Allemagne ou Grande Armée.

Lettres patentes autorisant le général Godart à porter le tiire de baron et les armoiries qui y sont décrites.

« Napoléon, par la grâce de Dieu, etc.

« Par l’article treize du premier statut du premier Mars mil huit cent huit Nous nous sommes réservé la faculté d’ac-

LETTRES, I’IÈCES OFFICIELLES, NOTES

corder les titres que nous jugerions convenables à ceux de nos sujets qui se seront distingués par des services rendus à l’État et à Nous. La connaissance que nous avons du zèle et de la fidélité que notre cher et amé le sieur flodart a manifesté pour Notre service, Nous a déterminé à faire usage en sa faveur de cette disposition. Dans eette vue Nous avons, par notre décret du quinze août mil huit cent neuf, nommé Notre cher et amé le sieur Godart baron de notre empire.

« En conséquence et en vertu de ce décret, ledit sieur Godart s’étant retiré devant Notre Cousin le prince Archi-Chancelier de l’Empire, à l’effet d’obtenir de Notre grâce les Lettres patentes qui lui sont nécessaires pour jouir de son titre ; Nous avons, par ces présentes signées de Notre main, conféré et conférons à Notre cher et amé le sieur Hocli Godart, Général de Brigade, officier de la Légion d’honneur, né à Arras, Dép1 du Pas-de- Calais, le trente Avril mil sept cent soixante un, le Titre de Baron de notre Empire. Le dit Titre sera transmissible à sa descendance directe, légitime, naturelle ou adoptive, de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, après qu’il se sera conformé aux dispositions contenues dans l'article six de notre premier statut du premier Mars mil huit cent huit.

« Permettons au dit sieur Godart de se dire et qualifier Baron de notre Empire dans tous actes et contrats, tant en Jugement que dehors; Voulons qu’il soit reconnu partout en la dite qualité, qu’il jouisse des honneurs attachés à ce Titre après qu’il aura prêté le serment prescrit en l’article trente-sept de Notre Statut, devant celui ou ceux par nous délégués à cet effet, qu’il puisse porter en tous lieux les armoiries et écusson, tels qu’ils sont figurés et coloriés aux présentes, et qui sont : coupé le premier parti d'or1, chargé à dextre d'un palmier arraché de siuople, et à senestre, de gueules à l'épée haute posée en pal de sable, au signe des barons tirés de l'armée; le deuxième, d'azur au vaisseau d’or, soutenu d'une mer d'argent, chargée d'un banc de sable mouvant du flanc dextre de Vécu', Vécu timbré d'une couronne {toque) de baron; pour livrée, bleu, blanc, jaune et rouge.

« Chargeons notre Cousin le Prince Archi-Chancelier de l’Empire . »

1 Les lettres de confirmation données sous Louis XVIII, en 1816, portent : d 'argent.

Procès-verbal de composition d'une donation de 4,000 francs.

« Au nom de Sa Majesté Napoléon, Empereur des Français, Roi d'Italie et Protecteur de la Confédération du Rhin,

« Nous soussigné, Brun d’Aubignose, Commissaire impérial délégué pour l’exécution dans le pays d’Hanovre et de Munster, des décrets impériaux des 4 août 1807, 10 mars 1808 et 15 août 1809, ordonnant la prise de possession et portant donation des domaines provenant, soit du Prince, soit des Etats, soit des provinces.

« Avons procédé à la composition d’un lot de domaines produisant un revenu net de quafre mille francs, libre de toute charges et prestations, mais sans déduction de la contribution ordinaire à laquelle ces domaines se trouveraient imposés, pour en jouir par le donataire, à compter du 1er juillet 1809, ainsi qu’il suit :

Désignation des biens.

Observation.

« Les Titres, Baux et Cueilloirs se trouvent dans les Archives de la Chambre et dans celle des Bailliages. Ceux qui sont dans les Archives de la Chambre, seront remis au Titulaire lorsqu’il se présentera pour entrer en possession. Ceux qui se trouvent dans celles des Bailliages, étant entre les mains des Receveurs élémentaires ou gérants, sont a la disposition du titulaire.

« BAILLIAGE DE DIEPHOLZ

« Corvées converties en argent.

« Corvées en journées de chevaux, dues par divers habitants de Willenberg, payables à la St-Martin (novembre) et à l’Epiphanie (janvier). 78. 18

« A déduire, pour remises à accorder lorsque les femmes des corvéables sont en couches. fi

Reste net.

LETTRES, PIÈCES OFFICIELLES

« Cens en bestiaux.

* Cens en jeunes bêtes à cornes, dit Sammel Rinder, dûs par des habitants de huit diverses communes.

« Dixmcs.

« Dixme fixe en argent, due par des habitants de dix-sept diverses communes, payables à la St-Martin.

« Dixme de Wohlstredt, affermée par bail du premier juin mil huit cent huit, jusqu’au premier mai mil huit cent onze, à S. H. Schieroholz, moyennant par an « Dixme de Wohlsbreck, affermée par bail du vingt-cinq mai mil huit cent huit jusqu’au premier mai mil huit cent onze, à Johann ChrisLophe Reesing, moyennant par an

« Dixme de Wohlsbreck, affermée par bail du quatre mars mil huit cent huit, jusqu'au premier mai mil huit cent onze à J. II. et J. D. Harting, moyennant par an « Dixme de Wohlstreck, affermée par bail du vingt-cinq mai mil huit cent huit jusqu'au premier mai mil huit cent onze à Johann Hinrich Huile, moyennant par an « Redevances en grains dont le recouvrement se fait entre la St-Martin et Noël.

Les évaluations en sont faites au prix des mercuriales des marchés les plus voisins.

« Trente-cinq himtens d'avoine blanche, évalués à dix-huit groschens par liimlen, dûs par quatre individus.

« Quatorze cent cinquante himtens d’avoine folle, évalués à onze groschens par himtcn, dûs par vingt et une communes. 443, « A déduire pour non valeurs. 3

Reste net .

BARON GODART

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